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60 ans de souvenirs
Fareed Jangheer Khan, a été technicien à la MBC radio dans les années 60, avant de devenir caméraman, réalisateur et responsable du service des films. « C?était une époque formidable. Nous y travaillions tous en famille. On était tous dévoués à notre travail. On y était comme à la maison. Rester au delà de nos heures de travail ne nous dérangeait pas parce qu?on se sentait membre d?une équipe, » explique-t-il, enthousiaste.
A l?époque, poursuit-il, techniciens, animateurs, directeur et « messengers », étaient soudés. Dans la foulée, Fareed Jangher Khan énumère une longue liste de personnes qui ont marqué à jamais sa mémoire et sa carrière à la MBC : Serge Salesse et Clément Harel, aujourd?hui décédés, les deux responsables techniques de la radio. Jean Delaître, Hinda Tyack, Françoise Merven, Guy Breda, Noël Rambert, Denise René, Marcel Cabon, entre autres. Des hommes et des femmes, des figures emblématiques de la radio nationale de l?époque.
Marguerite Labat, « la seule de la première génération à être encore au service des auditeurs de la MBC radio », selon les propos de Fareed Jangheer Khan, est aussi radieuse qu?à ses débuts. Aujourd?hui, cette octogénaire attachante et pétillante, reste l?emblème de la MBC radio. « Il n?y avait pas d?heure, pas de moment. J?étais toujours prête pour enfourcher mon vélo avec mon panier contenant mes disques, pour traverser les rues humides de Curepipe afin d?être à l?heure dans les greniers de l?hôtel de ville ». Les greniers de l?hôtel de ville de Curepipe abritaient à l?époque, la première radio du pays. Marguerite Labat, Mimi pour les intimes, a consacré sa vie à la MBC radio. Elle y a passé tant d?années, qu?elle même est incapable de donner de date exacte quant à ses débuts.
Des souvenirs, Marguerite Labat en a plein la tête. Celui qui l?a le plus marqué c?est ce qui s?est passé un jour de cyclone. « J?étais pieds nus, cachée sous un parapluie, je lisais les informations pendant que les gouttières qui se trouvaient à proximité faisaient un bruit infernal,» raconte-t-elle de cette voix essentiellement radiophonique.
Même si elle est aujourd?hui directrice des programmations et animatrice à Radio One, le nom de Marie-Michelle Etienne reste associé à la MBC radio. Cette dernière est d?ailleurs ravie que la MBC radio soit arrivée aussi loin. « Je crois qu?il faut une radio de service public solide. Je souhaite à la MBC de continuer sur sa bonne lancée. Ca ne peut qu?être motivant pour les radios privées. »
Marie-Michelle Etienne a fait ses premières armes à la MBC radio, alors qu?elle était encore au collège. « A l?époque, ils demandaient des pigistes plus régulières, j?ai envoyé ma lettre et ça a marché, » raconte-t-elle en riant. A l?époque, il ne suffisait pas d?avoir une bonne voix, il fallait aussi être pétri de culture générale. Les animateurs devaient passer des épreuves écrites de français avant de passer à l?antenne. « Je me souviens qu?avant d?être acceptée à la radio, je suis passée devant un panel constitué de Jean Delaître qui était alors le directeur de la radio, Hilda Tyack, Hervé de Osrnay et Jean-Georges Prosper ,» raconte-t-elle. Marie-Michelle Etienne avoue qu?à l?époque, elle était la dernière arrivée, donc la plus choyée. « C?était chaque jour de grandes joies et des rencontres extraordinaires.»
Des souvenirs, Marie-Michelle Etienne en a des milliers. « Il y avait surtout beacoup de moments renouvelés et beaucoup d?excellents souvenirs, notamment ceux rattachés à l?histoire de Maurice et au lancement de la MBC de Rodrigues, » raconte-t-elle. Le souvenir le plus vivace, reste pour elle, « la folle nuit du cyclone Hollanda », au cours de laquelle elle a passé 36 heures à l?antenne. « C?était une nuit de peur, d?angoisse et de détresse. Le hasard a voulu que seul le téléphone de la MBC fonctionnait encore, alors que celui de la police était cassé. La MBC radio était devenue le relais de la population et des services essentiels. Nous avons tenu la main des auditeurs jusqu?à ce que le cyclone se calme» explique-t-elle. Marie-Michelle Etienne qui a passé vingt-trois années à la MBC radio, est consciente qu?elle lui doit beaucoup. « La vielle dame de la rue Pasteur m?a appris tous les rudiments du métier, » dit-elle.
Après plus de trente ans passés à la MBC, Pamela Patten, responsable de la programmation à la radio, est incontournable. Ces soixante ans de la radio publique, elle les a fêtés avec beaucoup d?émotion. Pamela Patten a connu de beaux moments et d?autres plus difficiles à la radio. Elle se souvient encore des visites de François Mitterrand et de Jean-Paul II. « Le président Mitterrand est arrivé avec plus d?une heure de retard. Fort heureusement, je m?étais documentée car j?ai dû tenir l?antenne tout ce temps. La même chose s?est produite lorsque Jean-Paul II est venu. Les gens voulaient le toucher et il a été très retardé », raconte Pamela Patten.
Un des plus beaux souvenirs de l?animatrice est un sondage effectué dans les années 80 où les auditeurs l?avaient couronné meilleure animatrice. Des souvenirs, Pamela Patten en a beaucoup. Beaucoup trop, car faire le tri parmi eux se révèlent être une tâche ardue. Elle a aussi été l?une des animatrices radios à faire de la télévision. Pourtant, l?idée d?abandonner la radio pour la télévision ne lui a pas traversé l?esprit. L?arrivée des radios privées a aussi été pour elle un défi. « Nous devons rendre un grand hommage à Jacques Maunick. Il a dynamisé le service public », souligne Pamela Patten. Son souhait pour la radio publique est qu?elle soit complémentaire des autres radios.
D?autres défis guettent certainement la MBC radio. Selon son directeur général, Torriden Chellepaermal, la radio de service public « doit évoluer au niveau de la téchnologie. Le défi reste la modernisation de l?outil. Nos ressources ont besoin d?être optimisées, pour être concurentielles, » explique-t-il. Le passé glorieux de la MBC, ses acquis, ainsi que son rôle dans notre société, sont les preuves de la bonne santé de la radio de la rue Pasteur.
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