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Disparition: rendons à Vaco ce qui appartient à Baissac

13 février 2023, 16:00

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Disparition: rendons à Vaco ce qui appartient à Baissac

1940-2023. Cela fait plus d’une semaine qu’une ombre voile les couleurs vives de Vaco Baissac. Le peintre nous a quittés le samedi 4 février, à l’âge de 82 ans. La veillée mortuaire se poursuit aujourd’hui chez Elie & Sons à Beau-Bassin. Ses funérailles auront lieu le mercredi 15 février à l’église des Saints Anges Gardiens, à Grand-Baie. Le peintre et photographe Pierre Argo revient sur ce que Vaco Baissac a accompli.

Pierre Argo ose. Peintre et photographe au franc-parler (re)connu. «Je respecte l’homme. Nous avions une grande amitié, sans être un amateur de son travail. » Ce qui ne l’empêche nullement de reconnaître les divers mérites de Vaco Baissac, peintre qui nous a quittés il y a plus d’une semaine. 

Primo : Vaco Baissac a été «l’un des rares à gagner sa vie grâce à sa peinture, son art. Il a gagné sa vie honorablement et a beaucoup vendu». Pierre Argo entend déjà les puristes qui contestent. Ceux qui soutiennent que «l’art ce n’est pas seulement ce que l’on vend». Sauf que Vaco Baissac a vécu de «quelque chose qui le passionnait. La peinture est un métier et cela, Vaco Baissac l’a réussi. Il fait partie des happy few à Maurice». 

Le flamboyant du Morne.

Pierre Argo affirme qu’un artiste-peintre a besoin de vendre ses oeuvres «sinon, son atelier ou sa maison sera bien vite rempli de toiles». Conséquence : quand l’artiste n’a plus de place, il arrête de peindre. «Cela arrive à un grand nombre de nos artistes.» 

Pierre Argo accorde un autre «extraordinaire mérite» à Vaco Baissac. Il explique : les férus de peinture du dimanche telle que pratiquée par Marcel Lagesse (1917- 1999) et d’autres infatigables paysagistes se sont par la suite tournés vers Vaco Baissac. «Le registre tropical de Vaco Baissac, avec ses automatismes, ses flamboyants, son côté graphique, ses à-plats de couleurs un peu carte postale, leur a apporté un sentiment de modernité comparé à ce que faisaient Marcel Lagesse et d’autres. Il a fait évoluer des ‘amateurs d’art’, des ‘bourgeois’ qui achètent des tableaux. Il n’y a pas des masses qui suivent les courants artistiques. On peut les compter sur les doigts de la main.» 

Pierre Argo souligne qu’il n’y a pas beaucoup d’artistes qui «arrivent à mobiliser un public en le faisant passer d’un style à un autre». Il rappelle que plein d’autres artistes tentent depuis longtemps «d’instaurer un certain style, mais ils n’y arrivent pas».

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