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Élections municipales: à quoi ça sert un maire ?
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Élections municipales: à quoi ça sert un maire ?
En prévision d’«imminentes» élections dans les villes, la Plateforme de l’Espoir a dévoilé cette semaine le thème de sa campagne pour élire les maires et conseillers des cinq municipalités. Questions dès lors : à quoi servent les maires ? Est-ce une fonction à temps plein ? Et leur rémunération ?
«Un maire, c’est un peu le premier magistrat de la ville. Sa fonction est très large. C’est comme un premier ministre de la ville», déclare Nagen Mootoosamy, maire de Quatre-Bornes. Ingénieur mécanique de formation, il possède deux garages gérés par ses proches dans cette ville. Cet habitant de Belle-Rose est devenu maire après des problèmes rencontrés avec des départements municipaux. «Je voulais apporter un changement car les citadins étaient traités avec froideur, ce qui entraînait de la frustration. Ces anomalies m’ont motivé à ce poste. Dès mon mandat, j’ai modifié ces aspects en premier en intégrant des check lists pour les demandeurs de permis. On a intégré le service à la clientèle. Une municipalité est un monopole en termes de services qu’elle procure aux citoyens.»
Quels sont donc les devoirs du maire ? Il met en place les policies et agit comme intermédiaire avec l’autorité centrale, pour des problèmes précis comme l’approvisionnement en eau, entre autres. «Ceci implique de considérer les doléances des habitants et de voir comment les solutionner. Parfois, les citadins ne connaissent pas les rouages des procédures, par exemple, qui fait quoi, etc., par rapport à leurs problèmes», explique Nagen Mootoosamy, qui est en poste dans la ville des Fleurs depuis deux ans et demi.
Du travail en 24/7
Certains citadins rechignent à l’effet qu’ils ne voient guère leur maire dans certaines villes. Qu’en est-il dans la réalité ? «C’est facile de dire qu’on ne voit pas le responsable municipal. Moi, j’essaie de me rendre partout mais soyons réaliste: je ne peux être dans tous les recoins de Quatre-Bornes. Je suis à la municipalité tous les jours. Il ne faut pas de rendez-vous pour venir me voir. Cela doit être des deux côtés. Si je suis là, tout citadin peut me voir. La fonction mairale, c’est aussi de siéger sur des comités, assister aux réunions des ministères pour des projets infrastructurels, de santé comme la vaccination, entre autres, en sus du travail de terrain», répond-il. Dès qu’un problème est constaté de visu ou fait l’objet d’une doléance, il faut le traiter dans les plus brefs délais, déclare Nagen Mootoosamy. Un ancien maire abonde dans le même sens : «Il y a tant à faire qu’on ne peut pas être partout. Mais le maire doit se rendre disponible au maximum pour ses citadins.»
De son côté, Mahfooz Moussa Cader Saib, Lordmaire de Port-Louis, en poste depuis juin 2019, s’assure de la bonne marche du service de voirie et de la fourniture électrique ainsi que de l’allocation des permis de construction. Fervent de la politique et actif dans le social, il a été motivé à postuler comme Lord-maire. Il était commis de dédouanement auparavant. Selon lui, un maire chapeaute également des projets de développement pour la ville. Puisque Port-Louis a l’appellation de City, un Lord-maire est désigné mais son rôle est similaire à ses homologues des autres villes. Tout comme ses prérogatives. La fonction de maire s’officie-t-elle à plein temps ? Nos interlocuteurs répondent par l’affirmative. «Quand on assume ce rôle, on ne peut pas le faire à temps partiel. C’est du travail en 24/7. Même le samedi ou le dimanche, vous devez être disponible», poursuit-il.
Un élément confirmé par David Utile, maire de Beau-Bassin/Rose-Hill, qui souligne assumer son rôle à plein temps car cela nécessite beaucoup de temps et d’énergie. Impliqué socialement, il voulait aider les gens et changer le système, d’où sa candidature comme maire. «J’ai été candidat en 2015 et élu conseiller pendant cinq ans. Puis j’ai été élu maire. Il incombe d’être conseiller d’abord et d’avoir de l’expérience avant de postuler comme maire», indique-t-il. Revenant sur les responsabilités du maire, il confie que celui-ci préside aux réunions internes ou y assiste comme membre des comités et sous-comités comme l’Executive, le Welfare, la santé publique, les infrastructures publiques, entre autres. D’autres comités généraux incluent des stakeholders, comme la police, le Metro Express, le Central Electricity Board, entre autres. Les sous-comités impliquent très souvent les équipes et associations de la ville, indique-t-il.
Outre ces réunions internes et les échanges sur les problèmes individuels des citadins, les maires doivent aussi s’atteler aux anomalies inattendues, comme les pluies torrentielles. Comment ? D’après Mahfooz Moussa Cader Saib, le maire fait partie du Local Disaster Committee et doit aller sur le terrain en cas de force majeure pour des site visits. Affirmant que le maire est responsable de sa ville à travers le National Emergency Operations Command (NEOC), David Utile convoque alors une réunion à la mairie dès qu’un tel problème survient. «Là, on prend les actions nécessaires, ce qui inclut la force policière, les pompiers et d’autres partenaires concernés. Il faut alors prendre des actions au plus vite, à n’importe quel moment et pour n’importe quelle durée», confie-t-il.
Accumulations d’eau
Quelles actions sont entre- prises face aux accumulations d’eau liées aux fortes pluies ? «Nous sommes allés plusieurs fois à Vallée-des-Prêtres depuis dimanche dernier. Un nettoyage temporaire de la rivière et d’un caniveau a été effectué pour soulager les habitants affectés par les inondations. Le mercredi 16 mars, avec de nouvelles pluies, nous avons envoyé nos équipes sur place pour prendre des actions immédiates en cas de problème. Le nettoyage des drains se fait en permanence», explique Mahfooz Moussa Cader Saib. Et pour les rues de la capitale croulant sous les flots ces derniers jours ? Selon lui, un volume excessif d’eau de pluie s’est accumulé dans un très court délai. Une fois la pluie passée, celui-ci s’est vite évacué par les drains, ajoute-t-il. Un overflow également observé à Canal Dayot et au Ruisseau du Pouce.
Au niveau de Beau-Bassin/Rose-Hill, des actions ciblées ont été entamées à Roches-Brunes suivant les inondations, soutient David Utile. «Pour prévenir les dégâts de toute future intempérie, nous procédons actuellement à des simulations pour savoir réagir en cas de montée des eaux. La prochaine est prévue le vendredi 25 mars sur la route Berthaud. Cela s’effectue continuellement», ajoute-t-il.
À Quatre-Bornes, en particulier à St.-Jean où un autobus a été récemment bloqué par les flots, il a été décidé de fermer la route dès l’émission d’un avis de fortes pluies, souligne Nagen Mootoosamy. «Ce n’est pas une chose qui se produisait avant. Maintenant, nous avons défini ce protocole. Les solutions permanentes prendront du temps. Notre département des travaux s’active pour recanaliser les drains. Parallèlement, notre Natural Disaster Officer identifie les lieux sujets aux inondations que nous classifions selon le degré de gravité.» Des points plus vulnérables aux dégâts des eaux ont été déterminés, notamment à La Source, Belle-Rose et Bassin. Des financements seront sollicités des autorités pour la construction de drains au plus vite. «Avant que cela ne détruise les habitations, il faut agir. D’ailleurs, avec le changement climatique, de nombreuses localités de Maurice sont affectées aujourd’hui», affirme-t-il.
Selon la loi, poursuit David Utile, un maire reste en poste pour deux ans. Ensuite, vient la nouvelle élection municipale. Comme cet exercice se profile à l’horizon, les maires actuels comptent-ils renouveler leur candidature ? «Je suis là pour le parti et pour servir les citadins», lâche le Lordmaire. Il n’en dira pas plus. Nos autres interlocuteurs ne donnent guère de confirmation. «Je présume que les dirigeants feront le choix», souligne Nagen Mootoosamy. Aucun intervenant ne pipe mot sur la date des élections. Pour le maire de Quatre-Bornes, l’État a fait beaucoup d’efforts en accordant des financements de Rs 844 millions sur des projets de drains, lampadaires, asphaltage des routes, entre autres, en six ans et demi. «Ma vision n’est pas axée sur quand auront lieu les élections mais plutôt de compléter tous les projets que nous avons mis en chantier», conclut-il.
Salaire de quelque Rs 40 000
<p>Combien touche le responsable d’une municipalité ? La rémunération est fixée par les <em>Local Government</em> <em>(Remuneration of Councillors)</em> <em>Regulations 2013</em>, lit-on dans les récents rapports des mairies. Ainsi, celui de PortLouis évoque un salaire mensuel de Rs 40 460 pour le Lord-maire pour la période 2019/2020. À cela, s’ajoute une allocation téléphonique mensuelle de Rs 2 000 et de Rs 13 000 pour l’essence. <em>«Si les frais du carburant dépassent cette somme, nous payons de notre poche. Un chauffeur et une voiture de fonction nous sont assignés»,</em> confie Mahfooz Moussa Cader Saib.</p>
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