Publicité

Chiens de race: pour l’amour de ses rottweilers

26 septembre 2021, 16:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Chiens de race: pour l’amour de ses rottweilers

Amoureux des chiens surtout des rottweilers, Steven (prénom d’emprunt) a appris à les connaître, les aimer, les choyer malgré leur mâchoire puissante et leur grosse tête qui font frémir à première vue. Mais une fois que ces gros molosses se sentent à l’aise, ils deviennent joviaux.

En 2011, en rendant visite à la sœur d’un ami qui élèvent des chiens, Steven ne savait pas qu’il allait faire la rencontre de sa vie. Non on ne parle pas d’une heureuse élue mais plutôt de son premier rottweiler au pelage noir et luisant, qui allait transformer son existence. Malheureusement, il est décédé. Un bond dans le passé, il se remémore sa première rencontre avec cette race de chien. «J’ai vu les petits dans la cour. L’un d’eux, que j’ai fini par adopter, était le premier à venir dans mes bras. Il n’avait qu’un an et demi. Il me suivait tellement que mon amie m’a dit de le prendre. J’ai hésité car je ne savais pas comment l’élever», se souvient cet habitant des basses Plaines-Wilhems. Après des tergiversations, il finit par l’adopter et le prénomme Kaiser.

Mais cela trotte dans sa tête, face à l’énorme responsabilité qui l’attend au quotidien. «Je savais que j’allais devoir lui consacrer tout mon temps. Je l’ai pris sans grande conviction. Il a commencé à pleurer dans la voiture sur le chemin du retour. Je ne voulais pas qu’il s’attache à moi. Il était comme un enfant qu’on a arraché à sa maman. Après une semaine d’adaptation, les pleurs ont cessé.» Pendant les six premiers mois, Kaiser a trouvé son petit lit douillet dans le garage. Après 2-3 semaines, Kaiser découvre cet instinct paternel en Steven. Pour ce cadre d’une entreprise de la capitale, les matins sont difficiles lorsqu’il doit se séparer de Kaiser pour se rendre au boulot. «Le matin il pleure. J’ai fini par créer ce lien avec lui. Cela m’angoisse pendant toute la journée ne sachant pas ce que mon chien fait.»

Souffrant d’un cancer, Kaiser est décédé.

Steven ne connaissant rien à l’apprentissage des chiens, encore moins des chiens de race, il commence à se documenter. Il comprend que pour le chien, l’apprentissage débute dès son plus jeune âge. «J’ai appris que c’est une race dominante, puissante. Tu dois lui montrer que l’alpha c’est toi. Qu’il doit respecter la hiérarchie. Le rottweiler est un chien têtu. Il faut beaucoup de patience.» Du coup, il passe 30 minutes chaque jour avec Kaiser pour le dressage. Au fur à mesure qu’il grandit, c’est une heure qu’il consacre à son chien. «Je lui dis de s’asseoir, de se coucher, de se mettre debout. Je lui apprends la patience. Je pose sa gamelle devant lui et lui dit de s’asseoir. Quand je lui dis de manger, il mange. Je ne le laisse pas plonger sa tête dans sa gamelle.» Steven fait ressortir qu’il y a des gestes qu’il ne faut surtout pas faire. «Je ne lui crie pas dessus. Je ne le frappe pas à mains nues. Ce que je fais, je roule un journal. Je ne fais que montrer mon autorité avec ce journal. Je prends le journal et lui donne une petite tape et il commence à avoir peur. J’ai commencé à créer ce lien.»

Si Steven n’est pas passé par un dresseur, c’est parce que selon lui, le chien finit par respecter l’autorité du dresseur. Entre un an et 3 ans, les rottweilers ressemblent à des adolescents car ils ont eux aussi des périodes de rébellion, explique Steven. «Il va chercher à affirmer son caractère. Quand il grogne, je lui crie dessus. Je lui dis, qu’est-ce que c’est ? Tu ne grognes pas. Tu es chez moi. Je le fais respecter ça. Quand il affirme son caractère, je le reprends. Il faut le soumettre. Un chien est soumis quand il est allongé sur le dos.» Pour Steven, ce n’est pas que du dressage. Il est comme un père pour lui. «Quand je rentre du travail, je le prends dans mes bras. Il fait la sieste dans mes bras. Dans sa tête, même s’il fait 60 kg, il a toujours été mon bébé. Avec lui, c’était mon enfant pas que mon chien.» Ainsi à force de l’entraîner, au bout d’un moment, Steven n’a plus besoin de donner des ordres à Kaiser. Le jeune homme ne fait que lui parler.

Quid des autres membres de la famille ? «Depuis qu’il est petit, je l’ai toujours laissé en liberté avec les gens. Quand ma mère a rencontré Kaiser, il avait un an. Il était déjà un adulte, avait sa grosse tête. Elle avait peur. Il a reniflé ma mère et s’est tout de suite soumis. Un chien dans une famille obéit à tout le monde mais il y en a un à qui il obéit le plus. Il était quelqu’un de sociable. Il entendait les mêmes phrases et les associaient à une action.» Deux ans après l’arrivée de Kaiser, Steven adopte une femelle qu’il prénomme Athéna. «Elle était complètement dominée dans une famille. Quand je suis allé la voir, j’ai emmené Kaiser pour voir comment ils s’entendaient car elle était déjà de taille adulte. Ils ont fini par s’apprivoiser car les deux avaient des liens de sang.»

Steven repart donc avec les deux dans la voiture. Athéna, non habituée aux trajets en voiture, vo- mit. À la maison, un nouvel environnement l’attend. Elle renifle partout. Elle a besoin de s’adapter à son nouvel univers. Elle se recroqueville sur elle-même. Elle est peureuse. «Il faut lui donner un bain à cause de son vomi. Elle ne veut pas entrer dans la baignoire. Je me dis, ‘‘je la porte dans mes bras pour lui donner son bain même si elle me mord’’. C’est quand même 200-300 kilos dans la mâchoire d’un rottweiler. Je crée un lien avec elle dans la douche. Elle comprend que je ne lui veux aucun mal. Je prends la serviette et l’essuie doucement. Je mets la serviette par terre et la laisse venir à moi. Elle se met à me renifler ainsi que Kaiser.» Selon Steven, Athéna savait qu’elle se trouvait dans un nouvel environnement. Son adaptation a pris trois mois. Avec Kaiser, les deux molosses deviennent inséparables. Jamais de disputes...

Quand il apprend que Kaiser a un cancer, Steven décide d’adopter deux chiots. Les deux petits rottweilers avaient trois mois. «L’adaptation a été très compliquée. Des petits mâles qui voulaient chacun devenir alpha. Kaiser voulait jouer le rôle de grand frère. Pendant trois semaines, j’ai dû les séparer. Avec les deux petits, Kaiser a vu la concurrence. Je lui montre que lui c’est le grand frère et qu’il doit prendre soin d’eux. Au premier contact, il n’a pas été réceptif. Il a mordu l’oreille d’un petit.» En se documentant, Steven découvre qu’avec un nouvel arrivant, le plus grand doit se faire respecter des petits. «Kaiser les a reniflés et bizutés», lance-t-il avec un sourire.

La taille et la tête

Toutefois, il n’intervient pas, laissant Scottie et Spencer, les deux petits, reconnaître l’autorité de Kaiser comme mâle alpha. «Avec la muselière, je le laisse s’approcher des petits. Si les petits le laissent faire, ça veut dire que c’est bon signe. C’était une heure par jour pour voir comment évoluait leur relation.» Pendant trois semaines, les chiens sont séparés. Les petits sont dans une chambre à l’étage et Kaiser au rez-de-chaussée. «Cela a pris un mois avant que je ne les laisse une journée tous les quatre ensemble.» Mais Athéna résiste. Selon Steven, elle n’en voulait pas au début. «Elle ne les fréquentait pas. Quand une femelle voit des petits qui ne sont pas les siens, elle les rejettent. Athéna a un caractère beaucoup plus doux.»

Le rottweiler n’a-t-il pas une tête à faire se dresser nos cheveux sur la tête ? «Il n’y a aucune raison d’avoir peur d’un rottweiler. C’est vrai que la taille et la tête font peur. Un chien repère quand les intentions sont mauvaises. Ils sentent la peur et l’agressivité. Un jardinier est déjà venu chez moi alors que je n’étais pas là. Les chiens ne l’ont jamais mordu», rassure Steven. Et si un étranger entre dans la cour ? Les rottweilers ne montrent-ils pas les crocs ? Ne l’attaquent-ils pas ? «Si un étranger entre chez moi, les chiens vont commencer par aboyer. Ils donnent plusieurs avertissements. Ils ne mordent pas tout de suite. Quand il veut envoyer un signal, il passe par plusieurs étapes. Il va s’approcher, grogner, aboyer et c’est après qu’il mord.»

Comment réagit Steven à l’agression sauvage de l’auditeur par deux rottweilers à la rue Mère Barthelemy, Port-Louis ? S’il se dit triste pour le quadragénaire, il explique que sur la vidéo, il peut voir que les chiens manquent de dressage. «Ils sont sortis dans la rue par surprise. Ils ont envoyé des signaux. La victime a eu un mauvais réflexe. Il a commencé à hurler, à agiter les bras. C’est à ce moment que les chiens ont commencé à réagir.» Face à la réaction du public, il fait ressortir qu’on est en train de diaboliser cette race canine. «Le chien n’est pas fautif. La responsabilité est imputée pleinement au propriétaire. Il doit s’assurer que sa cour est clôturée. Un rottweiler peut sauter un mur de 1-2 mètres, s’il est bien entraîné. Je n’ai jamais montré ça à mes chiens.» Malheureusement, dit-il, certains propriétaires entraînent ces chiens de race comme des bêtes agressives alors que les rottweilers et les pitbulls sont victimes de leur réputation. «Le rottweiler à la base est un chien de berger, un gardien de troupeau.»

Steven est très fier de ses trois rottweilers, qui font la fierté de sa famille. La patience a finalement payé. Ce sont aujourd’hui des bouts-de-poils dociles et obéissants.

Fiche du rottweiler

Description physique

  • Aussi appelé bouvier allemand, chien de boucher de Rottweil, Rott
  • Originaire d’Allemagne
  • Son espérance de vie est de 12 ans pour le mâle, 15 ans pour la femelle
  • Les deux font le même poids, soit 42 à 50 kg
  • La taille est de 60 à 68 cm pour le mâle et de 55 à 65 cm pour la femelle
  • Corps musclé, ossature robuste
  • Tête imposante
  • Yeux foncés, en amande, de grandeur moyenne
  • Oreilles de grandeur moyenne, pendantes de forme triangulaire
  • Robe de couleur noire et orangée
  • Une force de morsure de 328 livres par pouce carré (psi), qui est l’unité de mesure
  • La pression exercée par la mâchoire d’un Rottweiler est d’environ 370 kg/cm.

Ses qualités

  • Gentil, calme et courageux
  • Excellent gardien
  • Gentil avec les enfants et protecteur envers ses maîtres
  • Très intelligent
  • Le dressage commence dès son plus jeune âge
  • Joueur
  • Glouton

Publicité