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France: au procès Troadec, un enregistrement fait ressurgir la haine familiale

1 juillet 2021, 16:55

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France: au procès Troadec, un enregistrement fait ressurgir la haine familiale

 

Un enregistrement glaçant remontant à 2014 a fait ressurgir jeudi, devant la cour d'assises de Loire-Atlantique, dans l'ouest de la France, la haine familiale ayant conduit trois ans plus tard au quadruple meurtre de la famille Troadec.

Un ancien chaudronnier de 50 ans, Hubert Caouissin, est jugé jusqu'au 9 juillet pour avoir tué, avant de dépecer leurs corps au couteau de cuisine, quatre membres de sa belle-famille, dont son beau-frère Pascal Troadec, qu'il accusait d'avoir volé un hypothétique trésor familial. 

L'enregistrement du 5 juillet 2014 était très attendu. Réalisé en cachette par Lydie Troadec qui avait dissimulé un dictaphone dans son soutien-gorge, il illustre la tension qui régnait au sein de la famille Troadec.

Il met en scène les protagonistes de l'affaire: Hubert Caouissin, sa coaccusée et ancienne compagne Lydie Troadec, le frère de cette dernière Pascal Troadec, sa compagne Brigitte et Renée Troadec, mère de Pascal et Lydie.

Brigitte et Pascal (49 ans) et leurs enfants Charlotte (18 ans) et Sébastien (21 ans) ont été tués à coups de pied de biche par Hubert Caouissin, à leur domicile d'Orvault, près de Nantes (ouest), dans la nuit du 16 au 17 février 2017.

Lors de cette réunion familiale, il s'agit d'évoquer le "magot" d'or prétendument volé par Pascal à sa mère Renée, mais dont personne n'a jamais vu la trace.

«J'estime que j'ai le droit à la moitié de ce que vous avez pris», annonce Renée à Pascal et Brigitte, dans une ambiance tendue. «Maman, qu'est-ce qu'on t'a piqué?», répond son fils, visiblement interloqué. «Bah, les pièces d'or», répond-elle.

«On nous traite de voleurs!»

«Soit vous n'y êtes pour rien et vous n'avez rien à craindre. Soit vous avez quelque chose à vous reprocher et alors tant pis pour vous», lâche Hubert Caouissin, qui évoque «quelque chose de fabuleux», qui aurait été caché dans l'immeuble de ses beaux-parents à Brest (ouest).

«On nous traite de voleurs!», s'énerve Brigitte. Pascal Troadec s'en prend de manière virulente à Hubert et Lydie. «Pourquoi tu t'énerves si tu n'as rien à te reprocher?», lui demande Lydie. S'ensuit une série de hurlements, de bruits de chaises et de bousculades.

«Tu sais, Pascal, que pour des sommes comme ça, on éradique des familles sans problème, tous, tous, tous...», lance Hubert peu après. 

Et ce fameux trésor, «ça vient de vous M. Caouissin? C'est vous qui posez les questions...», interroge la présidente. «Non, je ne suis pas d'accord, c'est Renée qui nous a informés», rétorque-t-il.

Ce que cette dernière a confirmé lors d'un témoignage déroutant, par visioconférence depuis Brest. «C'est mon mari, soi-disant, il avait cassé un mur et il l'avait trouvé soi-disant dedans», a raconté la petite femme de 79 ans.

Selon elle, Brigitte et Pascal ont "peut-être" volé ce trésor, qu'elle n'a jamais vu, dans son grenier alors qu'elle était à l'hôpital. Mais il est aussi "possible" que l'or n'ait jamais existé, a-t-elle dit.

 

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