Publicité
Jeux des îles: un an après, la flamme toujours dans nos cœurs…
Par
Partager cet article
Jeux des îles: un an après, la flamme toujours dans nos cœurs…
Trompettes, Krouink, T-shirts, perruques et quadricolores ont tous été relégués au placard. La flamme des Jeux des îles semble s’est éteinte. Mais pas la nostalgie… Il y a un an, le peuple mauricien s’était en effet embrasé pour nos athlètes qui avaient tout fait pour conduire le pays à une victoire historique. Ainsi, lors de cette compétition réunissant également Madagascar, la Réunion, les Seychelles, Mayotte, les Maldives et les Comores, Maurice avait décroché la palme d’or avec ses 91 médailles faites du précieux métal. Parallèlement, ce tournoi avait mis en lumière plusieurs champions locaux.
À commencer par Kevin Perticots, milieu de terrain pour la Ligne mauricienne ainsi que pour le club Pamplemousses SC. On se souvient surtout du fait que ce prodige du Club M avait tiré un penalty salvateur contre l’équipe de Mayotte, le 24 juillet 2019, conduisant Maurice en finale. En septembre 2019, soit deux mois après les Jeux des îles, ce mordu du ballon rond, qui était alors au chômage, avait même accepté une offre du club Sainte-Marie à la Réunion. Alors qu’en est-il aujourd’hui ? «Je suis toujours à la maison… et au chômage», lâche-t-il.
Âgé de 24 ans, ce jeune homme originaire de Pointe-aux-Piments, confie que les négociations pour la proposition réunionnaise n’ont pas abouti. Entretemps, Kevin Perticots multiplie les demandes d’emploi. Diverses entreprises publiques l’avaient contacté et prié de faire des applications, mais en vain. «Du côté du ministère de la Jeunesse et des sports aussi, on nous avait dit qu’on essaierait de nous trouver un emploi. On attend toujours…». Du côté du ministère, on affirme ceci : «Des athlètes ont obtenu des offres d’emploi au sein du secteur privé mais les propositions ne leur convenaient pas…» C’est à ne plus rien comprendre.
Car, martèle Kevin Perticots, son principal objectif pour 2020, surtout par ces temps de crise «covidesque», demeure toujours de décrocher un job. Depuis le confinement, il pratique ses exercices à la maison mais n’a qu’une hâte, retrouver son équipe pour les entraînements collectifs. «Cela devrait reprendre au début du mois prochain. Quant à mes coéquipiers du Club M, on se voit de temps à autre pour un petit ‘bring and share’. On aura une journée familiale le 2 août.»
De son côté, Richarno Colin, boxeur de 32 ans, enchaîne les crochets. Revenant d’un tournoi de qualification au Sénégal en mars 2020, il était alors le premier Mauricien à se qualifier pour les Jeux olympiques. Médaillé d’or aux JIOI 2019, il a continué les tournois internationaux. «J’ai repris mes entraînements après le déconfinement à raison de trois fois par semaine. Le mois prochain, on le fera tous les jours. Il faut toujours prendre des précautions à cause du covid-19», déclare le champion. Pandémie oblige, des tournois ne sont pas prévus dans l’immédiat. Employé au Mauritius Sports Council, il est papa de quatre enfants âgés de 1 à 12 ans. En attendant de pouvoir remonter sur le ring pour des compétitions, il garde les yeux rivés sur les Jeux olympiques. Qui étaient initialement du 24 juillet au 9 août 2020, mais qui se tiendront du 23 juillet au 8 août 2021 – si tout va bien, bien entendu… N’empêche, lâche Richarno Colin avec conviction : «La motivation du public mauricien est toujours avec moi. C’est ce qui me pousse à me dépasser!»
Pour sa part, Shalinee Valaydon avoue être un peu nostalgique des JIOI 2019. «Je me dis qu’heureusement, ces jeux avaient eu lieu l’année dernière. En 2020, cela allait être difficile vue la situation pandémique», confie la championne d’haltérophilie, qui avait remporté trois médailles d’or, est-il besoin de le rappeler.
Covid-19 ou pas, elle ne compte pas se reposer sur ses lauriers. «J’ai repris les entraînements après le confinement. Je veux me préparer pour le prochain championnat de Maurice, qui se tiendra probablement à la fin de l’année.» Parallèlement, elle a d’autres projets qui lui tiennent à cœur. Étudiante en Sports Coaching à l’université de Technologie, cette habitante de Vacoas âgée de 32 ans veut devenir entraîneur. «En haltérophilie, il n’y a pas de femme coach. Pourquoi ne pas l’être pour les femmes, ou même entraîner les nouvelles générations dans cette discipline ?»
Autre battante hors pair : Roilya Ranaivosoa. Cette athlète de 29 ans a elle aussi décroché trois médailles d’or en haltérophilie. En 2019, elle a d’ailleurs pulvérisé le record des jeux en soulevant 80 kg à l’arraché. Alors que le seuil était de 64 kg. «Depuis les JIOI, j’ai entamé plusieurs compétitions. Là, je me prépare pour les Jeux olympiques pour lesquels je me suis qualifiée avant le confinement», explique-t-elle. Entre-temps, plusieurs beaux événements sont survenus dans sa vie. Le 14 février 2020, elle s’est mariée à Cédric Coret. Et le lendemain, elle a été sacrée Sports Woman of the year. Durant son temps libre, elle soutient sa belle-sœur, Joëlle Coret, artiste, avec son association Nou lar Nou viv, qui propose des spectacles artistiques en collaboration avec d’autres chanteurs. La championne aide également des associations militant pour des causes sociales.
Et puis comment oublier nos handisportifs, grâce à qui notre moisson de médailles a été si fructueuse ? Tous ont brillé et c’est peu de le dire. L’équipe mauricienne a non seulement décroché plus d’une quinzaine de médailles d’or mais elle détient également plusieurs records. À l’exemple de Noemi Alphone, âgée aujourd’hui de 24 ans. Une des images les plus marquantes des jeux ? Celle où notre porte-drapeau, vainqueur de la finale du 1 500 mètres en fauteuil, avait encouragé l’athlète réunionnaise Darlène Cassim, à terminer la course.
Aujourd’hui, Noemi Alphonse s’entraîne toujours aussi dur que pour les JIOI 2019. En ligne de mire : les Jeux paralympiques, également reportés à 2021 à cause de la pandémie. «Mon but est le même, ramener une médaille d’or pour Maurice lors de ces Jeux mais également dans les années futures…» La compétition est prévue du 24 août au 5 septembre 2021 à Tokyo, au Japon.
Comme il est impossible de prendre l’avion pour les compétitions organisées en Europe, fait valoir Noemi, le plan reste inchangé pour 2020; travailler dur, pulvériser les records et remporter encore plus de médailles. En attendant, la jeune femme, qui pratique la course en fauteuil depuis 5 ans, a décroché son diplôme en Web and Multimedia Development l’année dernier.
Quid de «George Sank» et d’autres infrastructures ?
Polémique, rigolades, mèmes, jeux de mots… Le stade George V – rebaptisé ‘George Sank’ – pendant les JIOI, a fait couler beaucoup d’encre et d’eau… À coups de «mop», entre autres outils inutiles, on se souvient des pauvres préposés qui tentaient tant «mal que mal» d’éponger l’eau qui noyait pratiquement la pelouse, transformée en «bassin canard…» Un an après, qu’en est-il ?
«L’entrepreneur travaille actuellement dessus. La pelouse a été remise à jour. Il y a des petits ‘patchs’ qui causent des soucis mais cela va dans la bonne direction», déclare une source au ministère de la Jeunesse et des sports. Notre interlocuteur ajoute que le stade, sis à Curepipe, sera prochainement utilisé pour des compétitions et championnats. Selon un préposé au «Mauritius Sports Council» (MSC), l’entrepreneur doit toujours répondre au «defect liability». «Les travaux sont en cours. Pour tous les sites, nous disposons d’un an. Et après la construction, il y a toujours des choses à faire. Tant que nous ne sommes pas satisfaits, nous n’allons pas les reprendre», précise la source. Tout en ajoutant qu’aucun coût additionnel ne peut être facturé pour ces travaux.
Pour rappel, l’état pitoyable du Stade George V avait également fait l’objet d’une question parlementaire d’Adrien Duval, elle était adressée au ministre Stephan Toussaint, le 6 août 2019. Ce dernier avait déclaré que des Rs 94,9 millions dépensées pour rénover le stade, Rs 5 millions étaient dédiées aux travaux extérieurs et Rs 2 millions au terrain de football. Les gradins et le système de sécurité avaient aussi fait l’objet de rénovations. Le ministre avait commandé un rapport technique sur les travaux entrepris sur ce site. Remis en septembre 2019, celui n’a pas été rendu public.
Sinon, qu’en est-il des autres infrastructures rehaussées, rénovées, remises à jour pour les Jeux ? Gymnases, complexes sportifs, piscine et autres édifices avaient pris un coup de jeune en 2019. Un an plus tard, selon un haut cadre du MSC, c’est du «business as usual». Des entraînements et activités ont repris en l’absence de compétitions actuellement. «Les ‘indoor et outdoor facilities’ sont mises à la disposition des athlètes.»
Quelle médaille pour Côte-d’Or ?
Quel avenir pour Côte-d’Or, décrit comme le fleuron des JIOI 2019 ? Pour Jean-Pierre Sauzier, nommé président du conseil d’administration de la «Mauritius Multisports Infrastructure Ltd», organisme responsable de la gestion du complexe sportif, celui-ci est «appelé à devenir un maillon fort du sport mauricien au niveau international». Il explique vouloir le positionner au niveau du sport régional, africain, si ce n’est mondial, notamment avec des compétitions internationales. Mais avec la situation pandémique, ce n’est pas évident. Pendant ce temps, diverses équipes s’activent pour la mise en place de structures pour accueillir plus de fédérations et d’écoles, entre autres. L’idée est également de créer un «High-performance Centre» pour des services «poussés» d’ordre médical, entre autres. Pour l’instant, affirme Jean-Pierre Sauzier, le centre est dédié aux entraînements des athlètes, à la piscine et au gymnase. «La ‘Liverpool Football Academy’ a aussi son camp de base à Côte-d’Or. On est appelé à accueillir plusieurs événements comme le sacre de Liverpool lors de la semaine écoulée. Le parking peut être utilisé pour des concerts…»
Publicité
Publicité
Les plus récents