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Bloqués à l’étranger: des Mauriciens se confient sur leur calvaire à Chennai
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Bloqués à l’étranger: des Mauriciens se confient sur leur calvaire à Chennai
«La patience a des limites», dit le diction. Ce ne sont pas les 40 Mauriciens bloqués à Chennai depuis le début de la pandémie du Covid-19 qui diront le contraire. Si une vingtaine de nos compatriotes sont des patients qui se trouvent dans la Grande Péninsule pour des interventions chirurgicales, d’autres les ont accompagnés pour les soutenir. Ils n’ont qu’un seul souhait : rentrer au pays, pour être aux côtés de leur famille. D’autant plus que parmi les patients, certains doivent poursuivre leur traitement à Maurice.
Depuis qu’ils ont appris que des vols en provenance de Mumbai et de Delhi avec 150 Mauriciens à bord sont attendus les 8 et 9 mai, ils ont vu une petite lueur d’espoir. D’autant plus que les nombreux appels passés à l’ambassade de Maurice à Delhi avaient comme réponse le même message: «Il faut attendre.» Ils ont vite déchanté. Les cris de désespoir des patients à Chennai n’ont pas été entendus… du moins pour le moment. «Nou pé démann gouvernma avoy enn avion Chennai pou ki kav rapatriyé tou Morisien isi.»
Interrogée, une source au ministère des Affaires étrangères dit comprendre la détresse dans laquelle se trouvent ces patients. Mais affirme qu’il y aura bel et bien un avion qui se rendra à Chennai mais que cela va se décider en fonction du comité. Le préposé leur recommande d’être patients. «L’avion de Delhi ne peut transporter que 150 personnes à cause du social distancing et doit faire un détour à Mumbai pour prendre des médicaments.» Dans beaucoup de villes à travers le monde, il y a un point de ralliement et Chennai en est un pour Bangalore. Autre contrainte : le nombre de places dans les centres de quarantaine. «Il faut libérer de la place.»
À ce jour, 515 Mauriciens sont bloqués dans plusieurs villes en Inde, dont 44 à Goa. Selon le préposé, la mission est en contact avec les Mauriciens et l’État est intervenu pour qu’ils reçoivent des soins dans les hôpitaux.
«Plus on attend, plus ce sera catastrophique pour les patients qui ont besoin de suivi à Maurice», lâche Chetansingh Rambissoon, qui a accompagné son beau-frère pour un traitement médical. L’habitant d’Espérance-Trébuchet ne comprend pas le traitement infligé aux patients par les autorités mauriciennes. «Nous sommes ici suite aux recommandations du ministère de la Santé car le traitement était mieux en Inde. Mo bofrer inn fini so faz 1 tretman. Nou’nn resi gagn plas dan enn lapartman.» Mais son beau-frère doit rentrer pour la phase 2 de son traitement.
Depuis qu’ils sont à Chennai, ce ne sont pas les «défis» qui manquent, affirme l’accompagnant. Le plus gros souci reste les finances qui diminuent au fil des jours. Ils doivent passer des commandes de nourriture en ligne mais craignent une contamination surtout quand il faut prendre le reçu du livreur. À court d’argent, ils ne peuvent contracter d’autres emprunts car ils en ont déjà pris plusieurs pour le traitement. Autre challenge, c’est d’être stigmatisés par les habitants de l’immeuble où vivent les deux. «Il y a deux jours, il y a eu une urgence dans un autre appartement occupé par des Mauriciens. Nous avons demandé à une ambulance de transporter un patient qui utilise une chaise roulante à l’hôpital. Les gens ont commencé à paniquer craignant que nous soyons des cas suspects de Covid-19.»
Accompagné de son épouse, Sailesh Ramjeet a, lui, fait le déplacement à Chennai pour une transplantation rénale. Depuis qu’il a subi son intervention chirurgicale en janvier, il n’a pas regagné Maurice. S’il fait aussi face à de nombreuses difficultés, il commence surtout à être à court d’argent. «Nous sommes ici depuis un peu trop longtemps. Nous avons besoin de retourner au pays et d’être avec la famille. Cette situation est stressante à gérer et nous cause beaucoup de préjudice», explique l’ancien dialysé qui bénéficie d’une pension d’invalidité. Le gouvernement a mis un protocole en place pour le rapatriement en se basant sur une liste prioritaire. Tout d’abord, les patients et un accompagnateur. Puis les personnes âgées de plus de 60 ans. Viennent ensuite les familles avec des enfants. C’est ce qu’a expliqué le Premier ministre dans une déclaration au Parlement le 5 mai. 935 de nos compatriotes ont été rapatriés jusqu’ici en quatre jours du Royaume-Uni, de la France, de la Turquie, des Émirats arabes unis, de l’Afrique du Sud, de l’Inde, des Maldives et de La Réunion. Le 30 avril, un vol en provenance de Johannesburg a atterri à Maurice.
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