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Global Business : «Maurice n’a figuré sur aucune liste noire au cours des 25 dernières années»

27 août 2018, 22:30

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Global Business : «Maurice n’a figuré sur aucune liste noire au cours des 25 dernières années»

Présent dans plus de 80 villes réparties dans 46 pays, Vistra propose une gamme de services et solutions, qui vont de la création d’entreprises au Trust, en passant par les services fiduciaires, les services aux particuliers et la gestion de fonds. Le Managing Director Ramesh Awatarsing évoque les défis du Global Business.

Vistra Mauritius n’est pas très connue. Que faites-vous exactement?

En tant que leader mondial avec des connaissances spécialisées et disposant d’experts dans chaque pays où nous opérons, Vistra a une parfaite maîtrise des besoins de ses clients et une expérience reconnue dans l’offre de solutions hautement polyvalentes. Nous sommes capables de fournir du personnel, de mettre en place les processes et d’offrir les produits qui permettent aux entreprises de tirer le meilleur parti des affaires internationales.

Les opérations de Vistra Mauritius remontent à 1998. La société était connue sous le nom d’ING Trust Mauritius Ltd, membre du groupe néerlandais de services financiers ING. Les opérations à part entière ont débuté en 2000, année où j’ai rejoint la société.

Sept ans plus tard, la société a été rebaptisée Orangefield Trust. Avec le changement de contrôle légal en 2016, Orangefield a été intégrée sous la marque Vistra et les activités mauriciennes ont été rebaptisées Vistra Mauritius. Actuellement, Vistra Mauritius compte environ 160 employés et cherche à augmenter son réservoir de professionnels à 300.

«Lors de la dernière évaluation de l’OCDE, Maurice s’est retrouvé parmi les trois pays au monde à avoir obtenu la meilleure note.»

À l’échelle mondiale, Vistra a mené une série de fusions et d’acquisitions depuis sa création et ses activités sur le sol mauricien ne font pas exception. Cette année, Vistra a finalisé l’acquisition de l’activité Corporate Services de la division Global Transaction Banking de la Deutsche Bank à Maurice. Cette acquisition élargit considérablement nos capacités et notre présence dans la région, ce qui nous permet de tirer profit des réseaux et des capacités existants, en particulier en Inde, tout en exploitant Maurice comme passerelle vers l’Afrique.

Vistra Mauritius opère dans le secteur des services financiers et s’occupe de la gestion du patrimoine privé, des services aux entreprises et de la gestion et de l’administration de fonds domiciliés à Maurice et ailleurs.

Le gouvernement a annoncé une refonte du Global Business avec l’abolition des GBC2. Quel sera l’impact de cette décision sur les opérations offshore de Maurice?

Bien que le gouvernement ait décidé de ne plus octroyer de permis GBC 2 en raison des difficultés rencontrées avec ce type de permis, nous pensons que les autorités proposeront un nouveau type de permis. Celui-ci permettra aux opérateurs d’exercer des activités semblables.

Il faut tout remettre en contexte : le permis GBC 2 a surtout été utilisé pour des activités non financières, du trading, des conseils, des personal holdings et des opérations de gestion de patrimoine. Il existe des sociétés au fonctionnement similaire aux États-Unis, soit à Delaware et au Nevada (dans le Texas), dans les îles Vierges, aux Bermudes, dans les îles Caïman, à Jersey et à Guernesey, entre autres.

Le gouvernement a supprimé le GBC2 vu que certaines institutions internationales avaient exprimé des inquiétudes quant à l’opacité apparente et au fonctionnement qui s’appuie sur l’exclusion de ces structures, qui étaient disponibles pour certains opérateurs mais pas d’autres.

«Si le passage du GBC 2 à l’instrument domestique est géré correctement, sans retard excessif de la part de la FSC pour ce qui est du traitement de la demande, et que la FSC et le Registrar of Companies définissent clairement les procédures à suivre (…) la plupart des clients resteront.»

Il est important de noter qu’il n’y a qu’une impression d’opacité car, dans la réalité, la diligence raisonnable requise et les plans d’entreprise d’un GBC 2 sont soumis à la Financial Services Commission (FSC) au moment de la demande pour le permis. D’autre part, les résultats financiers sont soumis au régulateur sur une base annuelle, sans oublier que tout changement de plan d’entreprise doit être approuvé au préalable par la FSC.

Le nouveau permis devrait avoir le même objectif, mais avec un contrôle et une visibilité accrus pour le régulateur. De plus, il se présente comme un permis domestique normal avec une autorisation supplémentaire de la FSC si l’opérateur envisage de participer à des activités spécifiques.

Si le passage du GBC 2 à l’instrument domestique est géré correctement, sans retard excessif de la part de la FSC pour ce qui est du traitement de la demande, et que la FSC et le Registrar of Companies définissent clairement les procédures à suivre, nous pensons qu’une fois l’étape cruciale de la demande de permis passée, la plupart des clients resteront. Il est toutefois essentiel que la FSC définisse et publie rapidement des directives claires pour permettre aux opérateurs comme nous et nos clients de mieux comprendre ce que nous encourons.

Une fois que l’incertitude entourant la façon dont le nouvel instrument sera réglementé et exploité sera dissipé, les clients pourront mieux évaluer et décider de la marche à suivre. Cependant, si ces doutes prévalent, comme c’est le cas actuellement, les clients risquent d’aller chercher ailleurs.

Le rapport de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG) et la présence de Maurice sur la liste de «high risk juridictions» soumise à la Securities and Exchange Board of India (SEBI) en Inde, a fait beaucoup de tort à notre réputation de centre financier ces derniers mois. La réputation et la communication sont devenues des éléments très importants aujourd’hui dans le Global Business. La juridiction mauricienne doit-elle mieux se positionner en termes de communication internationale?

La perception des investisseurs est essentielle pour attirer les entreprises dans tout centre financier international. Je dois souligner que lors de la dernière évaluation de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Maurice s’est retrouvé parmi les trois pays au monde à avoir obtenu la meilleure note.

Le pays devrait mieux communiquer sur l’amélioration qu’a connue notre cadre régulateur et législatif ces dernières années, ce qui explique notre classement tout à fait enviable

par l’OCDE. Maurice n’a figuré sur aucune liste noire au cours des 25 dernières années. Nous avons toujours été avant-gardistes en termes de législation pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Notre cadre légal est solide et c’est la raison pour laquelle nous avons pu attirer des entreprises de renommée mondiale opérant dans le domaine de la haute finance. C’est important de communiquer sur cette facette et d’en faire la promotion de manière régulière.

Que manque-t-il à notre centre financier pour passer à une autre étape de développement ?

Il ne faut pas se restreindre à Maurice. Il faut aller chercher la croissance dans tous les marchés. Aujourd’hui, avec les innovations technologiques, il n’y a plus de barrières. Nous avons besoin aussi de plus de banques internationales. Il faut développer le private banking. En outre, nous attendons les recommandations du Blueprint sur le secteur financier.

Nous faisons face à manque de professionnels qualifiés dans certains secteurs, incluant le secteur financier. Parallèlement, on note toujours une certaine frilosité des autorités à ouvrir le pays aux étrangers. Quelle stratégie faut-il adopter?

Le recrutement du personnel approprié est un défi auquel sont confrontées les industries à travers le monde. Si nous examinons d’autres centres financiers tels que le Luxembourg, nous constatons que des expatriés y sont en poste et y apportent leur expérience. Si nous voulons développer notre industrie des services financiers, nous devons aussi attirer ces talents.

Il y a beaucoup de professionnels qualifiés dans le secteur des services financiers à Maurice et c’est précisément la raison pour laquelle un certain nombre de sociétés s’installent ici. Si l’on veut promouvoir une nouvelle entreprise dans ce domaine et dans tout autre où les compétences appropriées ne sont pas disponibles localement, il serait logique d’avoir recours à une expertise internationale pour démarrer avec un plan clair sur la façon de transférer les connaissances.

Quoi qu’il en soit, ayant travaillé dans le secteur des services financiers pendant des années, je peux dire qu’à chaque fois qu’une expertise internationale était requise, nous avons pu obtenir assez facilement les autorisations nécessaires pour attirer les gens.

«Il y a beaucoup de professionnels qualifiés dans le secteur des services financiers à Maurice et c’est précisément la raison pour laquelle un certain nombre de sociétés s’installent ici.»

Prenons l’exemple de Vistra, une entreprise en pleine croissance qui offre aux employés la possibilité de travailler avec des bureaux du monde entier. Sur le plan international, nous sommes un employeur agréé par l’Association of Chartered Certified Accountants (ACCA) pouvant offrir aux employés une formation complète en entreprise.

Le développement professionnel de la responsabilité sociale d’entreprise est l’un des moyens d’attirer les talents. Nous nous engageons également à avoir un impact positif sur notre société. C’est pourquoi nous parrainons cette année le Mauritius 100 km Cycle Tour en promouvant le cyclisme et en contribuant au développement socioéconomique des Mauriciens les plus vulnérables. Les recettes seront reversées à l’Association des handicapés de Malherbes et l’Association of Disability Service Providers.

Employer of Choice

<p>À Maurice, Vistra mènera surtout des opérations de back office pour des clients internationaux. La société veut se positionner comme Employer of choice et participer au développement économique du pays. Elle soutient les compagnies investissant à l&rsquo;étranger et utilisant Maurice comme plateforme stratégique.</p>

<p>Vistra est l&rsquo;un des trois principaux fournisseurs de services aux entreprises dans le monde. Ramesh Awatarsing a, lui, travaillé en Asie, en Europe et à Dubaï, entre autres.</p>

 

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