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Faire rire avec l’info, un espace réduit entre Trump et fake news

28 décembre 2017, 09:22

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Faire rire avec l’info, un espace réduit entre Trump et fake news

Outrance, absurdité, les recettes habituelles de l’information satirique ne sont plus aussi efficaces à l’heure de l’administration Trump et des fake news. D’où la nécessité pour les sites parodiques ou les talk-shows télévisés d’évoluer pour continuer à faire rire.

The Onion, The Flipside, The Borowitz Report, ces sites parodiques, proches du Gorafi en France, se sont tous fait un nom aux Etats-Unis en malaxant l’information pour lui donner un tour humoristique, s’écartant ouvertement de la réalité.

La formule fonctionnait car à contrepied des vraies informations. Mais c’était avant que les tweets de Donald Trump et les titres accrocheurs des fake news ne brouillent les lignes.

«L’absurdité de la réalité a complètement dépassé tout ce que l’imagination aurait pu produire», constat Andy Borowitz, auteur et humoriste, qui tient depuis 2001 le «Borowitz Report», un blog d’informations satiriques.

«Ce serait vain pour moi de tenter de surpasser cette absurdité», dit-il. «Donc j’essaye plus ou moins de retranscrire ce qui se passe, peut-être avec une vision plus brute, moins policée».

Pour autant, le besoin de rire est bien là, «parce que la situation dans laquelle nous nous trouvons est tellement terrible», explique l’humoriste, pour qui l’exercice est moins complexe que durant l’ère Obama, plus lisse.

Son blog, désormais publié par le site du magazine «The New Yorker», a bien pris soin de mentionner «satire» dans le titre. «Il est très clair que nous n’essayons pas de piéger qui que ce soit», clame Andy Borowitz.

Un noyau de vérité

Ce n’est pas le cas, en revanche, de Christopher Blair, personnage mystérieux qui se cache derrière une série de sites satiriques tels The Last Line of Defense (thelastlineofdefense.online), qui ont beaucoup fait parler depuis un an.

Il affirme à l’AFP avoir «fait l’effort de montrer clairement que (ses) sites sont de la satire», mais de nombreux sites de fact-checking lui reprochent, au contraire, d’avancer masqué, notamment pour en tirer un gain financier.

Début mars, l’un de ces articles, qui inventait l’existence d’un mandat d’arrêt visant Barack Obama, a ainsi été repris par des dizaines de sites, qui l’ont présenté comme une véritable information.

Christopher Blair explique que si son positionnement est clair pour le plus grand nombre, il cherche bien à tromper «le pire de ce que la droite a à offrir», pour stigmatiser ses réactions, dit-il, et «l’humilier, parce que ça, ça fonctionne.»

«Au centre de toute notre satire, il y a un noyau de vérité», expliquait pour sa part, en mai, Cole Bolton, rédacteur en chef de The Onion, qu’il a quitté en septembre, dans un entretien au site Seven Days Vt. «Et nous voulons que les gens le voient (...), cet éclairage que nous faisons. Si nous ne faisions pas ça, nous ne serions pas des satiristes, nous serions des farceurs.»

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