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Leo Cayeux: le charme discret de l’entrepreneuriat

23 novembre 2017, 09:43

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Leo Cayeux: le charme discret de l’entrepreneuriat

Leo Cayeux a toujours su qu’il voulait être entrepreneur. Tel un infatigable chercheur d’or, il est perpétuellement en quête de nouveaux produits pour offrir aux Mauriciens une alimentation agréable, saine et abordable.

Il a toujours eu la fibre entrepreneuriale. C’est ainsi tout naturellement que Leo Cayeux fonde Neofoods en 2010. L’entreprise se concentre principalement sur l’importation et la distribution de produits alimentaires fortement innovants proposant des alternatives santé au plus grand nombre de Mauriciens à des prix raisonnables.

Du haut de ses 33 ans, il a l’allure de ces gentlemen à qui on se surprend à penser en attendant un café à l’ombre d’une terrasse. De ceux qui ont du style, sourient avec les yeux et sont éduqués dans le respect d’autrui. Contrairement à certaines personnes dont on ne garde que le souvenir d’un accueil polaire, Leo Cayeux a, lui, la douceur d’un pastel. Il est d’ailleurs réputé pour son calme et sa curiosité œcuménique. Le partage, il en a fait un sacerdoce.

Confortablement calé sur une chaise dans son bureau, Leo Cayeux évoque son parcours. Benjamin d’une fratrie de deux, il est né en Angleterre de parents mauriciens. Quand il a eu six mois, sa famille est revenue s’installer dans l’île. Sa rose des vents indique le nord ; il a toujours vécu sur le littoral et garde le souvenir d’une enfance heureuse avec comme terrain de jeu le grand bleu. Son enfance est aussi marquée par des chevaux car son père qui est dans le domaine du transport de la logistique était également entraîneur de chevaux.

Leo Cayeux, lui, ne veut pas prendre pas la voie que son père. Petit, il est fasciné par le journalisme, particulièrement par le journalisme sportif. Il se voyait déjà couvrir les Jeux olympiques. Aujourd’hui, il se dit qu’il aurait pu poursuivre son rêve, mais il n’a pas de regret car devenir entrepreneur est un autre rêve qu’il a réalisé pleinement.

À l’école, il est «plutôt très bon élève» et s’oriente vers la filière scientifique. À 17 ans, il quitte Maurice pour passer quatre ans à l’École Polytechnique Universitaire de Montpellier. Il en sortira ingénieur en agroalimentaire. Durant ses années d’études, il aura l’opportunité de passer une année d’échange aux Pays-Bas. Par la suite, il fera un Master of Commerce in Business à la Macquarie University en Australie. «J’ai absolument adoré mes années d’études. C’était inoubliable ! En Australie et aux Pays-Bas, c’était fascinant de voir se côtoyer autant de gens de nationalités différentes. Aux Pays-Bas, il y avait autant de nationalités que de chambres dans ma résidence», se souvient-il.

Début 2009 c’est le grand retour à Maurice. Il a alors 25 ans et a toujours su qu’il allait revenir au pays un jour. Lui aurait préféré rester une année de plus en Australie, mais il est rentré pour un projet que le groupe familial mettait sur pied. «Je suis peut-être rentré un peu trop tôt», concède-t-il.

«Le projet concernait l’élevage des concombres de mer. C’était à l’époque où on en parlait à Maurice et il y avait toutes sortes de possibilités, mais finalement cela s’est révélé compliqué au niveau des législations. Nous avions monté le projet, mais il prenait du temps à prendre forme. En parallèle, j’ai fondé Neofoods car l’agroalimentaire c’est mon domaine», relate-t-il.

Doté d’une volonté inébranlable et d’une ténacité à toute épreuve, Leo Cayeux commence seul l’aventure Neofoods et s’occupe de tout. Le challenge est énorme. Infatigablement, il parcourt toutes les régions de l’île pendant six mois pour aller à la rencontrer de centaines de personnes pour faire la promotion de ses produits. L’un d’eux, le Sappé Aloe Vera, est vite devenu une boisson prisée. Puis, au fur et à mesure, il s’est spécialisé dans les nouvelles tendances, des produits bio ou encore des produits sans lactose ou gluten. Il vient d’ailleurs de lancer le produit bio le moins cher de Maurice, Sunblast Organic, qui est un petit jus à Rs 23.

Si les débuts n’étaient pas parsemés de rose – il fallait convaincre les détaillants de donner une chance à ses produits – sa persévérance a payé car aujourd’hui ses produits se retrouvent dans 80 % des gros commerces et sont placés une trentaine d’hôtels et de restaurants. Depuis juin 2016, son entreprise est dans sa deuxième phase de développement et des produits sous la marque Neofoods ont été lancés. «Il s’agit d’ingrédients santé que nous importons en gros et ré-empaquetons localement. Les sachets, les autocollants et l’empaquetage sont faits à Maurice. Je suis fier car les produits marchent très bien et nous avons de très bon retour sur les réseaux sociaux», dit-il.

Aujourd’hui, il en est là, comme dans un nid. Comme sur un nuage. Marié depuis deux ans à Laëtitia, il a une belle-fille de huit ans, Helena. Son bonheur est complété par la venue, il y a quatre mois, d’un petit garçon prénommé Maximilien.

Quatre choses à savoir sur lui

<p>&nbsp;Il a été marqué par la biographie de Richard Branson et a pris beaucoup de plaisir à lire Freakonomics de Stephen J. Dubner et Steven Levitt. Ce livre vulgarise des sujets sérieux et prend une approche économique de sujets qui ne sont pas économiques. Il transforme notre regard sur le monde globalisé, qui nous apparaît, pour finir, moins impénétrable et incompréhensible.</p>

<p>Le ciel bleu, les dunes rouges, la nature verte. Il a été émerveillé par les magnifiques couleurs de la Namibie.</p>

<p>Il est beaucoup plus indulgent envers ceux qui font des erreurs par précipitation. Car c&rsquo;est quelque chose qu&rsquo;il fait également.</p>

<p>&nbsp;Il adore le rock et n&rsquo;arrive pas à se reconnaître dans la musique moderne, principalement électronique et hip/hop RNB, étant resté bloqué sur David Bowie, les Rolling Stones ou encore Pink Floyd.</p>

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