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Affaire Betamax: la police dépose sa motion de révision judiciaire
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Affaire Betamax: la police dépose sa motion de révision judiciaire
La police passe à l’acte. Tard dans l’après-midi du jeudi 23 février, Me Ammanah Saya Ragavoodoo, avouée de la police, a logé au greffe de la Cour suprême la motion visant à réclamer une révision judiciaire de la décision du Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, dans l’affaire Betamax. La motion sera appelée devant le chef juge Keshoe Parsad Matadeen, le 6 mars 2017. Le DPP est la seule personne visée dans cette motion.
La raison principale mise en avant par la police est que la décision du DPP de ne pas poursuivre l’ancien Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, et les cinq autres suspects est irrationnelle et ne tient pas la route.
L’inspecteur du Central CID, qui a juré l’affidavit, affirme que les preuves réunies par les enquêteurs dans cette affaire n’ont pas été retenues par le bureau du DPP. D’où la démarche de la police, dit-il dans son document, de contester les conclusions de Me Satyajit Boolell.
Désavouer le bureau du DPP
La police a attendu la dernière minute de l’expiration du délai de trois mois pour mettre à exécution sa démarche juridique pour essayer de désavouer le bureau du DPP. Devant le refus du State Law Office de soutenir la police dans sa démarche, le commissaire de police a décidé de se tourner vers un avocat et un avoué du privé, en l’occurrence Me Nandraj Patten et Me Ammanah Saya Ragavoodoo, avouée.
Ce n’est pas la première fois que la police s’est assuré les services des hommes de loi du privé, qui seront payés par les contribuables. On se rappellera l’affaire Sun Tan, impliquant le DPP. La police avait fait appel à Me Kailash Trilochun, avocat, qui s’est retiré par la suite à cause de ses démêles avec l’État.
Pour rappel, le 23 novembre 2016, le bureau du DPP a rayé les charges provisoires contre six personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’affaire Betamax, dont l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam. Le bureau du DPP a indiqué qu’il n y a pas suffisamment de preuves pour intenter un procès à Navin Ramgoolam, Anil Kumar Baichoo, Vikram Bhujun, Reshad Hosany, Ramjit Singh Soomaroah et Kalindee Bhanji. Toutefois, des accusations de corruption, faux, et complot ont été retenues contre eux en vertu de la Prevention of Corruption Act et de la Public Procurement Act.
Le DPP rappelle que trois Senior Law Officers de son bureau ont épluché le dossier soumis par la police et lui ont recommandé que les six personnes impliquées dans cette affaire ne doivent pas faire face à un procès, faute des preuves.
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