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Chiens errants : quelles alternatives à la mort ?
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Chiens errants : quelles alternatives à la mort ?
Le sort des chiens errants ramassés par les camions de la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), on le connaît : ils seront tôt ou tard confrontés à la mort, sauf s’ils ont la chance d’être adoptés. Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) et associations, telles que Protection of Animals Welfare Society (PAWS), Saving Our Strays et Second Chance Animal Rescue (SCAR), ont déposé une demande en Cour suprême pour une révision judiciaire afin de mettre un terme à cette pratique consistant à euthanasier les bêtes.
Cette demande vise la MSAW et le secrétaire permanent du ministère de l’Agro-industrie. L’argument des ONG est simple : ce n’est pas ce qui réduira le nombre de chiens dans la rue. «O kontrer, tou lé zour nou trouvé ki dimounn zet bann lisien impé partou a traver péi», lâche le président de SCAR, Sameer Goolam.
«Pa tou dimounn ki éna léker, éna kouma zot lisien met ba, zot pran al zété», se désole-t-il. À ce rythme, le problème reste entier. «La MSAW fait sa campagne de catch and kill et simultanément, les gens abandonnent des chiens.» La solution que propose Sameer Goolam : une loi obligeant chaque propriétaire à stériliser son chien.
Quelle autre alternative au catch and kill ? Les ONG proposent une campagne de Trap Neuter Release. Quèsaco ? La MSAW capture les animaux trouvés dans la rue, les stérilise et leur rend leur liberté. Sauf que le problème de chiens errants reste entier ! Réponse de Sameer Goolam : «Oui mais à la longue, les chiens stérilisés ne pourront se reproduire. C’est mathématique, dans 10 à 20 ans, le nombre de chiens errants diminuera.» Ce qui, selon lui, est bien mieux que la méthode de catch and kill «qui dure depuis plus de 40 ans sans donner des résultats positifs».
Sameer Goolam pense également qu’il faudrait une loi pour obliger les propriétaires à faire installer une puce sur le chien : «Grâce à cette microchip, même si quelqu’un abandonne son chien ou si ce dernier est capturé par la MSAW, on peut connaître l’identité du propriétaire et le sanctionner.»
Du côté de la MSAW, la responsable de communication explique que les chiens errants en bonne santé sont placés dans le service d’adoption. Les autres ? Ils sont euthanasiés «parce que la MSAW n’a pas les ressources nécessaires pour les soigner ou les garder et que le nombre de places est limité». Elle indique qu’il est aussi important de réduire les risques de propagation de maladies. Autre argument : «Les gens ne cherchent pas à adopter ces chiens abandonnés, préférant des chiens de race».
La MSAW encourage les propriétaires à stériliser chiens et chats. «Nous faisons des campagnes de sensibilisation à travers le pays. Nous organisons des activités, dont des causeries pour aider la population à comprendre ses responsabilités envers son animal», dit la responsable de communication. La MSAW a prévu une série d’activités pour cette année en vue de réduire le nombre de chiens errants et promouvoir le bien-être de l’animal.
Des centaines de posts Facebook...
Plusieurs ONG essaient tant bien que mal de venir en aide aux animaux errants, avec l’aide de bénévoles. Dès qu’un animal en détresse est aperçu, une photo est postée, accompagnée d’une demande d’adoption ou d’hébergement temporaire, le temps de trouver une famille d’accueil. Les chiens malades ou blessés sont, pour la plupart, pris en charge par des ONG et le public peut faire un don pour financer le traitement.
Vingt cas de maltraitance depuis le début de l’année
Pas moins de 20 cas de maltraitance de chiens ont été enregistrés par l’Animal Welfare Unit (AWU) du ministère de l’Agro-industrie depuis le début de l’année. Au vu du nombre important d’animaux (particulièrement des chiens) qui sont maltraités, le groupe Save Animals Via Education de l’université Middlesex a organisé, mercredi, un atelier de travail visant à apprendre aux jeunes comment bien traiter les animaux.
Quand y a-t-il maltraitance ? Selon une source au sein de l’AWU, c’est quand les chiens ne sont pas nourris convenablement ou sont tenus en laisse en permanence. Autre situation : la vente illégale de chiens. «Ce ne sont que les éleveurs qui sont autorisés à vendre des chiens. Un propriétaire ne peut le faire sans avoir les papiers nécessaires», indique notre source. Qui porte plainte à l’AWU ? Principalement des voisins. «Cependant, dans de nombreux cas, les plaintes sont infondées. Les gens y ont recours en raison de différends avec le voisinage», explique le préposé, qui ajoute que «cette aide est précieuse».
Autre source d’informations : des étrangers. Au total, cette année, l’AWU a reçu environ 70 plaintes, dont 20 se sont avérées. «Vu qu’on a peu de ressources, et en attendant que le personnel soit renforcé, on s’attelle à des cas urgents en priorité. On se rend chez l’individu en compagnie de la police de la localité ou la MSAW en fonction du cas», explique-t-on. La présence policière aide dans la mesure où les individus se plient aux demandes des préposés et ne se montrent pas agressifs. «Ils comprennent aussi que c’est du sérieux.»
Un nouveau site web pour le bien-être des animaux
Conseils sur le choix d’un animal ou d’un vétérinaire, bêtisiers, portraits de professionnels animaliers... Voici ce que l’on trouve sur animalworld.mu, le nouveau site lancé par Média Spin Ltd. Cette entreprise, le bébé des sœurs Alyson et Jennifer Estrade, est spécialisée dans la production de contenus audiovisuels. Alyson, qui réalise les interviews, est le visage de la compagnie. Jennifer, elle, s’occupe du choix et de la préparation des sujets.
Ainsi après avoir réalisé des émissions pour la MBC notamment, les sœurs ont décidé de proposer un site dédié aux animaux avec des «conseils et astuces pour les propriétaires». Animal World Mauritius permet d’en apprendre plus sur nos amis à poils ou à plumes, de Maurice et d’ailleurs. «Il faut aussi faire découvrir aux gens des animaux qu’ils n’ont pas l’habitude de voir», dit la rédactrice du site. Chaque mois, un animal sauvage sera présenté dans une émission réalisée à Casela.
«Le but ultime est de réussir à sensibiliser les gens. Nombre d’entre eux disent aimer les animaux, mais ils ne savent pas toujours s’en occuper. Sans être moralisateurs, nos conseils ont pour but de favoriser un meilleur traitement», souligne Jennifer Estrade. C’est dans cet objectif que le site utilise la visibilité du web pour se faire le porte-parole d’associations de défense des animaux.
Il relaie les événements qu’elles organisent et les aide à récolter des fonds. Par exemple, après avoir annoncé la journée de stérilisation organisée par la Protection of Animals Welfare Society à Bambous, Animal World Mauritius réalisera une émission dessus.
Et grâce à son espace de petites annonces, la page web des sœurs Estrade entend faciliter l’adoption et la vente d’animaux de compagnie. «Toujours en veillant au respect de critères bien précis pour ne pas confier les animaux à n’importe qui», prévient Jennifer Estrade.
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