Publicité

Saisie de Rs 30 millions d’héroïne: le parrain tire les ficelles derrière les barreaux

29 octobre 2016, 05:26

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Saisie de Rs 30 millions d’héroïne: le parrain tire les ficelles derrière les barreaux

Qui est le présumé cerveau ? C’est la question que se posent les enquêteurs de l’Anti Drug & Smuggling Unit (ADSU) après la saisie de Rs 30 millions d’héroïne en possession du constable Arvind Hurreechurn, 29 ans, à sa descente d’avion mardi en provenance de Madagascar. Des informations recueillies auprès des Casernes centrales laissent comprendre que c’est à partir de la prison que le parrain opère.

La brigade antidrogue a sollicité le service pénitentiaire pour des échanges d’informations. La communication entre le parrain et ses acolytes se fait à travers des cellulaires. De ce fait, les portables saisis sur des détenus considérés comme proches d’un gros bonnet de la drogue à la prison de Beau-Bassin feront l’objet d’un examen. L’idée est de vérifier si des appels ont été effectués aux policiers arrêtés jusqu’ici.

Les policiers arrêtés, Arvind Hurreechurn et Gary Daniel Bruneau Gopaul n’ont pas encore consigné de déposition formelle. Le dernier nommé a été présenté au tribunal de Mahébourg vendredi 28 octobre pour son inculpation provisoire. Pour le moment, les enquêteurs se concentrent plutôt sur des pistes pouvant déboucher sur d’autres interpellations. En parallèle, ils déposeront une demande en Cour suprême pour aller de l’avant avec le décryptage des deux cellulaires retrouvés sur le constable Arvind Hurreechurn ainsi que son ordinateur portable.

Ce cas est pris très au sérieux aux Casernes centrales étant donné que des policiers y sont impliqués. «C’est une clique qui fait ce travail-là», indique une source proche du dossier, avant d’ajouter qu’un membre n’est admis dans ce réseau que sur recommandation. Dans le présent cas, il est suspecté qu’Arvind Hurreechurn y aurait introduit son collègue Gopaul.

Or, le policier Hurreechurn ne se doutait pas qu’il faisait l’objet d’une surveillance avant son départ vers Tana. Il a allégué qu’il s’est rendu dans la Grande île pour trois jours de vacances. Ses collègues de  l’ADSU avalaient difficilement le fait que le passeur présumé a dépensé «son» argent en termes de billets d’avion et de logement pour 72 heures de vacances seulement.

Le coup ultime

À sa descente du vol MK 289 d’Air Mauritius mardi soir, le constable a été intercepté  par des douaniers de la Mauritius Revenue Authority et des officiers de l’ADSU. Il a tenté un coup ultime pour se tirer d’affaire en disant aux limiers qu’il est membre de la force policière tout en présentant son warrant card, mais sans succès.

Deux kilos d’héroïne ont été retrouvés dans sa valise. Même si la livraison contrôlée a été un échec, deux autres policiers ont été interpellés dans les heures qui ont suivi son arrestation.

Des policiers arrêtés en 2014 pour importation d’héroïne

<p>Cette affaire rappelle celle impliquant le sergent Dharma Sooknundun, dont le nom avait été communiqué par un passeur pris avec 8,5 kg d&rsquo;héroïne valant Rs 127 millions en mai 2014 à l&rsquo;aéroport. <a href="http://www.lexpress.mu/article/246445/rs-127-m-dheroine-saisie-cerveau-est-un-policier" target="_blank">Le jardinier Jean Noel Narrainen avait conduit les enquêteurs</a> au constable Soobash Lutchmun, qui, de son côté, avait incriminé le sergent Sooknundun comme étant celui qui avait donné des instructions pour effectuer cette importation. Ce dernier a succombé à une crise cardiaque dans sa cellule à la prison de Beau-Bassin en août de cette année.</p>

Rectificatif

Une erreur s’est glissée dans le texte intitulé «La constable Roshni Sookun arrêtée», publié sur notre site Web, vendredi matin. Elle n’a, en fait, pas été arrêtée ni inquiétée dans cette affaire. Nous lui présentons nos plus plates excuses.

 

Publicité