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Facettes cachées de… Gérard Sanspeur, celui qui nourrit son âme
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Facettes cachées de… Gérard Sanspeur, celui qui nourrit son âme
Bien que sa formation d’économiste le pousse à être terre à terre et à examiner le monde matériel, le président de la State Land Property Development Company soigne aussi sa vie spirituelle.
Que faites-vous durant votre temps libre et les week-ends?
Économiste de formation, de par la nature de mon travail, je suis constamment appelé à faire preuve de rigueur dans mon approche. Cependant, à mesure que j’avance dans la vie, je me rends compte que l’homme n’est pas que matière – l’individu doit aussi apprendre à voir au-delà du monde matériel. Aussi, tous les samedis, pendant deux heures, je suis des cours dispensés par Swamini Karunananda à l’institut de Vedanta à Moka. Le Vedanta, issu de l’enseignement contenu dans les Upanishads et le Bhagavad Gita, a été commenté par Sankarâchârya. J’ai découvert des affinités à mon cheminement spirituel car il me permet de répondre à la question fondamentale : «Qui suis-je ?» et de faire la distinction entre le Soi (âtmâ) et le moi (individualité restreinte).
Eclairez-nous !
Le Vedanta me fournit les moyens de m’approcher de la connaissance suprême. Ce qui me fascine c’est la doctrine de la non-dualité (advaita). L’homme atteindra la délivrance (moksha) quand il prendra conscience qu’il s’intègre à l’Etre suprême et qu’il n’a jamais été séparé de lui. L’Etre suprême (Brahman) habite l’homme, d’où la grande déclaration (mahavakya): Tat tvam asi, «Tu es Cela».
Je prends aussi plaisir à pratiquer le yoga le week-end car le yoga n’est pas seulement une pratique physique. C’est pour moi un moment privilégié qui me permet de retrouver l’harmonie avec moi et avec autrui, cultiver cette clarté mentale et vivre chaque moment en étant pleinement conscient et accueillir tous les instants de la vie sans vouloir les changer. C’est la primauté de moment présent.
En fait, je crée du temps pour me libérer de mes activités professionnelles, car je me plais également à littéralement cultiver mon jardin. J’ai mon potager où je m’adonne à la culture bio, et d’où je récolte mes fraises et mes légumes bio. Je n’achète pas de légumes au marché. J’affectionne particulièrement les séances de réflexologie plantaire qui me permettent de libérer le stress et les tensions et apportent une sensation de relaxation profonde. C’est pour moi une manière efficace de me détendre et une récompense méritée après une semaine de travail assidu.
Parlez-nous de votre famille.
Je suis marié à Lalita depuis plus de 30 ans. Nous nous sommes connus à La Réunion où nous avions commencé nos études universitaires, ayant été tous deux boursiers du gouvernement français. De notre mariage sont nés deux enfants qui sont notre joie de vivre et l’ancre de notre vie. Ma fille Shakti, l’aînée, travaille depuis peu à Google Paris comme Business Operations Coordinator, après avoir décroché son Masters in Business Administration à HEC de Paris.
Mon fils Yuri, qui est magna cum laude de l’Université Brown, est ingénieur et économiste. Il a pris de l’emploi dans le T-REX group, une start-up dans le FinTech et l’énergie renouvelable à New York.
Cuisinez-vous ?
Oui, j’adore faire goûter les petits plats que je mijote aux membres de la famille et aux amis quand le temps me le permet. Ma spécialité est le couscous. Je me fais aussi une véritable joie de préparer le curry d’ourites pour mes enfants quand ils sont à Maurice. Ils en raffolent.
Gourmand ou gourmet?
Je suis à la fois gourmet et gourmand. J’apprécie particulièrement la finesse et la créativité de la cuisine française. Cependant, je me délecte et je mange de tout. Je suis ouvert à toute nouveauté et suis curieux de faire de nouvelles expériences gustatives.
Pratiquez-vous quelque sport ?
Oui, je pratique la marche rapide très tôt le matin. Je dois souligner que cette pratique fait désormais partie de mon quotidien, car elle est essentielle à mon bien-être.
Quels livres lisez-vous ?
J’ai moins de temps, comme vous pouvez vous en douter, pour la lecture vu mes tâches supplémentaires. Cependant, j’affectionne surtout les livres qui traitent de l’économie, des techniques de management moderne et du développement personnel. J’ai une vraie passion pour les biographies parce qu’elles nous enseignent que les individus qui ont marqué l’histoire sont souvent des êtres humains comme nous, partageant nos qualités et défauts, mais qui ont cru jusqu’au bout dans leurs rêves, ce qui a rendu possible quelque chose qui semblait de prime abord impossible.
Parmi les titres qui m’ont occupé vu l’actualité des sujets qu’ils abordent, je veux nommer The new public governance de Stephen Osborne, On becoming a leader par Warren Bennis et The future of money par Bill Maure. Je lis actuellement Britain and the Crisis of the European Union de David Baker/Pauline Schnapper.
Écoutez-vous la radio ?
Très peu, uniquement quand je suis en voiture. Toutefois j’ai pu me rendre compte à quel point la libéralisation des ondes a effectivement libéré la parole chez les Mauriciens. Malgré certains dérapages, c’est une grande avancée pour la démocratie.
Votre émission de télévision préférée ?
Je regarde la British Broadcasting Corporation et France 24 pour les informations internationales, la Mauritius Broadcasting Corporation pour les informations locales. Je n’ai malheureusement pas le temps de regarder d’autres émissions, mais j’aime beaucoup les reportages sur le quotidien des gens partout dans le monde. Cela nous permet de nous rendre compte que les gens ont tous les mêmes préoccupations – travail, santé, famille…
Quel type de musique écoutez-vous ?
J’aime beaucoup le séga car je trouve qu’il y a un côté festif qu’on ne retrouve pas nécessairement dans d’autres formes musicales. De plus, à travers le séga, on se rend compte de la vitalité de la langue créole – elle ne cesse d’évoluer. J’apprécie aussi les textes soigneusement travaillés des chanteurs-poètes comme Brel et Ferrat. Je trouve que ces chanteurs ont décrit le vécu des gens avec tout ce qu’il comporte de joies et de souffrances mais avec énormément de sensibilité.
Votre idée du bonheur?
D’un point de vue purement personnel, je suis comblé quand je constate que mes proches jouissent d’une bonne santé et ont la possibilité de faire ce qu’ils aiment dans la vie. Toutefois, comme Camus, je pense qu’il «y a de la honte à être heureux tout seul».
Qu’auriez-vous souhaité réaliser avant de quitter ce monde ?
Pour faire suite à la question précédente, j’estime que j’aurais donné du sens à ma vie à partir du moment où j’aurais mis à profit mes compétences professionnelles afin d’améliorer le quotidien de mes concitoyens qui n’ont pas eu les mêmes opportunités que moi. Même si mes réalisations s’avèrent être en deçà des attentes, mon souhait est que mes compatriotes reconnaissent la sincérité de mon engagement.
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