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Immobilier: SAJ remet-il en cause la stratégie de l’ex-Grand argentier ?
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Immobilier: SAJ remet-il en cause la stratégie de l’ex-Grand argentier ?
Doit-on s’attendre à une remise en cause des investissements dans le secteur de l’immobilier? On est tenté de le croire après que le Premier ministre et ministre des Finances, sir Anerood Jugnauth, a affirmé son engagement pour privilégier des investissements productifs. C’était le mercredi 20 avril lors de sa rencontre de 60 minutes avec les opérateurs économiques, à Ébène Tower.
Même s’il ne le dit pas, le nouveau ministre des Finances pourrait, nous dit-on, revoir le concept des smart cities et autres technopoles annoncées en grande pompe l’année dernière par l’ex-grand argentier. Et qui, après une année, ne sont pas encore véritablement sorties de terre. Le nouveau ministre des Finances souhaite une croissance économique tirée par des investissements productifs et non par la spéculation foncière.
Pour sir Anerood Jugnauth, qui présentera le second Budget de son gouvernement le 6 juin, il s’agit de créer un environnement propice afin de permettre au privé d’opérer dans les meilleures conditions économiques. Mais attention, il souhaite qu’en retour ces opérateurs ne soient pas frileux et prennent des risques dans des projets d’investissements. Et qu’ils fassent preuve d’une imagination novatrice dans leurs secteurs d’activités.
Le ministre des Finances sait qu’il est sur la corde raide, compte tenu du contexte économique local et international dans lequel il sera appelé à présenter ce second exercice budgétaire. Aux capitaines des industries, le successeur de Vishnu Lutchmeenaraidoo a tenu à rappeler ses priorités: soit un déficit budgétaire ramené à 3% du Produit intérieur brut (PIB) en 2016-2017; une croissance de 5% annuellement ; une dette publique contractée à 50% du PIB d’ici 2018 et enfin un taux de chômage de 4%.
Quant aux opérateurs du secteur privé, sans pour autant exprimer des réserves sur ces priorités, ils estiment qu’une croissance de 5% dans le contexte actuel est difficilement réalisable, vu les nombreux défis auxquels l’économie du pays est confrontée. Avec notamment plusieurs secteurs dont les taux de croissance ont été révisés à la baisse ou sont carrément négatifs. À l’instar de l’industrie du bâtiment qui a connu une croissance négative ces cinq dernières années. D’où la démarche du Chief Executive Officer de Business Mauritius, Raj Makoond, d’apporter un certain nombre de propositions sur la table de ces consultations.
Pour relancer ce secteur afin qu’il renoue avec la croissance et soit en même temps générateur d’emplois. «Il y a des lourdeurs administratives à enlever pour donner plus d’agilité à ce secteur qui peut potentiellement doper la croissance», dit-il. Et d’ajouter que le nouveau ministre des Finances a de la bonne volonté pour donner à ce secteur les moyens d’atteindre ses ambitions.
Azim Currimjee, le président de la Mauritius Chamber of Commerce & Industry, estime que le gouvernement peut s’appuyer sur l’outil fiscal et monétaire pour booster l’économie du pays. Ainsi, il pense que sur le plan monétaire, avec une inflation qui était négative en février dernier, la Banque de Maurice devrait baisser le Repo Rate de 100 points de base afin de relancer les investissements. Quant à l’outil fiscal, il est persuadé que «ce n’est pas le moment d’avoir un Budget d’austérité pour réduire la dette publique. L’objectif à court terme étant de retrouver d’abord un taux de croissance raisonnable, soit de 4%».
Quoi qu’il en soit, le Premier ministre n’a fait qu’écouter les propositions du secteur privé. Dans les jours à venir, il sera appelé à donner son arbitrage sur certaines mesures et rejeter d’autres en attendant le Jour J pour découvrir sa philosophie.
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