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Fret pétrolier : économie ou pas ?
La rédaction de l’express se retrouve depuis ce week-end avec deux séries de chiffres contradictoires sur la question du transport pétrolier. Dans son communiqué du jeudi 20 août, le ministère de l’Industrie, du commerce et de la protection des consommateurs avance que la STC a économisé Rs 90 millions pour «neuf voyages de white oil et cinq voyages de black oil», sans préciser à quel item exactement.
La première question que l’on s’est posé a été de savoir si cette économie provenait d’une conjoncture favorable, comme une baisse des taux de fret sur le marché mondial, par exemple. Ce n’est pas le cas, surtout depuis avril (Baltic Dry Index – Crude Oil). Le graphique I de Ship & Bunker indique, par contre, que le taux de fuel (bunker) sur les marchés mondiaux est à la baisse depuis 12 mois et qu’il joue en faveur du pays. S’il faut environ 1 100 tonnes métriques de bunker pour acheminer notre pétrole vers Maurice, l’économie sur du bunker qui ne coûte plus USD 600 par tonne métrique mais la moitié, est de Rs 12 millions par mois…

Cependant, d’autre part, nos investigations (voir Tableau I) suggèrent aussi que la STC a perdu, entre février et août 2015, Rs 36 millions par rapport à ce que le Red Eagle lui aurait coûté en termes de fret, le prix de marché du fret ayant augmenté cette année. En effet, sur les neuf voyages de white oil (CPP dans le tableau) et les six voyages de black oil (DPP dans le tableau) pour lesquels nous avons pu compiler des chiffres, il apparaît que le pays aurait globalement économisé USD 1 million, soit Rs 36 millions sur la période. À noter que les chiffres de «costs» au Tableau représentent un lump sum price qui comprend le coût du fret, les port charges et... le coût du bunker.

(Tableau I) Nos investigations suggèrent aussi que la STC a perdu, entre février et août 2015, Rs 36 millions par rapport à ce que le Red Eagle lui aurait coûté en termes de fret, le prix de marché du fret ayant augmenté cette année.
À noter aussi que la particularité d’un contrat long terme est surtout de protéger le client contre les hausses du fret, en offrant un taux stabilisé sur de longues périodes. Le tableau I, par contre, indique que dans un marché de bunker à la baisse, la STC a été facturée globalement moins chère, en moyenne, seulement pour les mois de mars, avril et mai alors que c’était le contraire en février (possiblement parce que la notice period était courte après l’annulation du contrat Betamax), mais aussi en juin, juillet et août.
Rappelons que le gouvernement s’attendait, selon ses calculs, à des économies de Rs 320 millions par an.
Contacté pour un commentaire ou une explication, la STC indique que l’on ne peut logiquement faire une comparaison directe entre l’accord passé avec les spots charterers et celui passé avec le Red Eagle. Elle explique que, si l’appel d’offres qu’il va lancer pour le transport de carburants entre l’Inde et Maurice prend du temps, c’est parce que le State Law Office n’a pas les compétences pour traiter ce genre de dossier et qu’il a fallu faire un autre appel d’offres pour d’abord sélectionner les services d’un consultant calé en la matière.
Un spécialiste du secteur ne s’étonne pas que la STC paie plus cher «spot». Et d’observer que le Red Eagle est un des rares tankers sur le marché pouvant simultanément transporter du white (clean) oil et du black oil, ce qui est un avantage certain, vu que les quantités transportées vers Maurice sont relativement modestes. Notre interlocuteur estime que le prix du fret moyen avec des bateaux séparés va définitivement prendre l’ascenseur.
Devant ces faits, il devient urgent pour le ministère de mieux expliquer les «économies» de Rs 90 millions du communiqué du 20 août.
Mise au point: «On ne peut comparer le coût du fret en considérant deux volumes différents»
Réponse de la rédaction :
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