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Affaire BAI : le calvaire d’un client du SCBG

22 août 2015, 10:35

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Affaire BAI : le calvaire d’un client du SCBG

Le 30 août, deux mois se seront écoulés depuis le dernier des deux paiements programmés pour le remboursement de Rs 500 000 à chaque détenteur du Super Cash Back Gold (SCBG). Sauf qu’ils sont plusieurs investisseurs dans ce plan à n’avoir toujours pas vu la couleur de ce qui leur revient.

 

«Le dossier de votre épouse is parked somewhere.» Roshan Maudho, 68 ans bientôt, n’oubliera pas de sitôt cette réponse d’un préposé de l’ex-BA Insurance (BAI) au bout de ses nombreuses quêtes d’explications. Cet Associate Professor du Mauritius Institute of Education, à la retraite depuis 2007, ne sait plus à quelle porte frapper.

 

L’habitant de Floréal qui jusqu’à récemment menait une vie prospère commence «à sentir le poids des dépenses familiales». Il met en cause les interminables mois d’attente pour espérer recouvrer les économies familiales.

 

D’un montant total de Rs 1,1 million, elles ont été placées dans deux polices SCBG chez l’ex-BAI au nom de son épouse Roja Maudho. «Ce sont nos économies placées dans cette assurance jusqu’en 2011, année du mariage de notre fils aîné Adish», raconte notre interlocuteur.

 

Sauf que son épouse, qui a mis fin à une longue carrière professionnelle l’année dernière, n’a pas eu le temps de profiter de sa retraite. Le 14 septembre 2014, elle est tombée dans le coma après un accident cérébral. Roja Maudho, 63 ans, ne s’en remettra pas jusqu’à son décès le 1er avril dernier, à la veille de l’éclatement de l’affaire BAI.

 

Ce sont ces économies, qui reviennent aux trois bénéficiaires de son épouse (NdlR : ses deux fils et lui), que Roshan Maudho espère toucher de l’ex-BAI (aujourd’hui National Insurance Company). Il dit avoir soumis tous les dossiers et les autorisations nécessaires. Mais en vain.

 

«PERSONNE POUR NOUS DONNER DES DIRECTIVES»

 

L’ancien Associate Professor ne compte plus le nombre d’appels téléphoniques et de visites effectuées à la succursale de la compagnie d’assurances, à Curepipe. Son dernier déplacement sur place remonte au lundi 17 août, quand il a eu droit à «nous ne pouvons vous avancer de date pour régler votre cas car il n’y a personne pour nous donner des directives».

 

Le veuf confie vivre de sa pension avec à sa charge un fils de 30 ans. Prashin est un diplômé en langues au chômage, lorsqu’il n’est pas journaliste free-lance pour le compte d’un magazine. Sans compter que celui-ci, souffrant de kératocône, maladie de l’œil qui gâte la vision, a nécessité des soins très coûteux à Chennai, en 2010.

 

Ce n’est pas tout. Roshan Maudho s’occupe aussi de sa mère de 88 ans. Celle-ci, cardiaque, vit de sa pension de veuve et d’une aide sociale. «Elle est sous ma responsabilité. Je dois la soutenir et elle a en outre besoin d’une garde-malade 24 heures sur 24 qui ne coûte pas un sou», soutient-il.

 

Concédant qu’il n’est pas un cas unique, il lance un appel aux autorités concernées pour qu’elles considèrent leur cas le plus rapidement possible. «Au moment d’investir dans ce plan, l’agent est venu à domicile et on lui a remis le chèque en toute assurance. Aujourd’hui, ce que je vois, c’est qu’on n’a aucune compassion pour les clients. Cette épreuve a assez duré», déplore Roshan Maudho.

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