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Mahébourg : Des entrepreneurs mettent en cause l’All-Incusive
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Mahébourg : Des entrepreneurs mettent en cause l’All-Incusive
La situation va de mal en pis pour les plaisanciers, restaurateurs et autres. Ils imputent au forfait «all-inclusive» leurs difficultés.
«LE All-inclusive tue les petits opérateurs de Mahébourg », c’était le cri de détresseque lançaient en octobre dernier des petits opérateurs de la région deMahébourg. En ce débutd’année, ils font part de leursdifficultés qui se sont encoreaccrues et demandent unerencontre d’urgence afinde trouver une alternativeà celle de mettre la clé sousle paillasson.
«Il y a eu la compensation salariale qui prend effet dès janvier. Nous ne sommes pas contre. Cependant, c’est très dur pour nous car nous ne faisons qu’enregistrer des pertes année après année», déplore ChristVayavery, porte-parole despetits opérateurs de la régionde Mahébourg.
Il explique que la situation va de mal en pis pour eux et que si cela continue, ils n’auront d’autre choix que de fermer leurs business, mettant de nombreuses personnes et familles au chômage.
«Le mois de décembre vient de passer et normalement, c’est en cette période que nous travaillons un peu plus. Or, nous sommes restés sur notre faim. Le touriste s’est fait tout aussi rare que durant toute l’année», dit-il. Commelui, les plaisanciers et restaurateursfont tout aussi grise mine.«Si ce n’est pour les Mauriciens qui sont venus, nous n’aurions pas travaillé», dit pour sa part Nelson Vayavery, propriétairede restaurant.
Ils imputent la situation catastrophique au forfait «tout inclus» qui, selon eux, «asphyxie les petits opérateurs». Christ Vayavery explique qu’il y a une pratique qui décourage les touristes à sortir hors des murs des grands hôtels pour voir ce qu’il y a autour. «Avant, les touristes marchaient et allaient visiter, essayer des choses et découvrir la culture locale. Désormais, on leur dit que dehors c’est dangereux, qu’ils vont se faire voler ou arnaquer. Du coup, on leur organise tout à l’intérieur, expo-vente, repas, sorties déjà planifiées», insiste le porte-parole. Il qualifie cela d’«emprisonnement du touriste», qui ne se sent plus libre, ce qui projette une mauvaise image de Mahébourg.
«Le touriste sait déjà tout le programme qu’il va faire avant de poser les pieds à Maurice et, le tout, planifié par l’hôtel. Il ne peut pas voir ce qu’il veut faire une fois sur place et nous, qui avons investi gros pour travailler avec cette clientèle, n’avons même pas la chance de l’approcher afin de lui proposer nos services», dit JenaroBhuttoo, plaisancier.
Ivan Nussoodee, également plaisancier, indique qu’il y a même des journées où les plaisanciers individuels restent à quai alors que certains hôtels, qui ont leurs propres embarcations, travaillent à plein régime. C’est une concurrence déloyale qui va signer l’arrêt de mort des opérateurs indépendant.
«Pourquoi nous donner un permis et nous le faire payer aussi cher si nous ne pouvons même pas travailler ? Où est la démocratisation de l’économie dont on a tant parlé ici ?», s’insurgeJenaro Bhuttoo.
«Le All-inclusive est une mainmise des grands hôtels sur le business du tourisme et qui ne bénéficie qu’à eux. Nous souhaitons que cette formule soit revue afin que chacun puisse avoir sa place. Qu’un hôtel fasse son activité d’hébergement et que les autres activités autour du tourisme restent pour les autres opérateurs », résume Christ Vayavery.Il souhaite que les ministres duTourisme et des Finances travaillentsur une solution pourles petits opérateurs ou enlèvent le forfait All-inclusive.«Il faut y mettre de l’ordre, libérer le tourisme et nous souhaiterions avoir une rencontre avec les ministres concernés avant le prochain Budget afin de résoudre nos problèmes car nous sommes plus de 400 dans cette situation dans le pays.»
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