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Camp-Diable : Evelyne Cayama 101 ans de bonne humeur

5 février 2015, 04:14

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Camp-Diable : Evelyne Cayama 101 ans de bonne humeur

Elle a soufflé ses 101 bougies, jeudi dernier et cette dame est bien une surprise en elle-même. Lucide, la mémoire intacte et ayant une santé de fer, Evelyne Cayama est une personne riche de souvenirs et de vécu. Rencontre avec celle qui sait encore prendre la vie du bon côté.

 

Un tantinet lente, mais c’est sans difficulté qu’elle quitte son lit pour venir nous rejoindre au salon. Souriante et visiblement très heureuse qu’on lui fasse l’honneur de passer la voir, Evelyne Cayama ne se fait pas prier pour nous parler. «Monn byen amize, inn fete ek bann fami», confie-t-elle en parlant de son anniversaire célébré la veille et au cours duquel elle s'est permis de «pike enn ti sega». Elle avoue qu’elle aime bien danser un bon sega de temps à autre. «Je ne chante pas mais j’aime bien danser», dit-elle.

 

Ce sont les petites choses qui lui font plaisir dans la vie et qu’elle se refuse rarement. Il en va de même pour son «rhum aranze», qu’elle aime préparer elle-même et dont elle se sert lors de ses repas. Fruits secs et autres épices macérés dans des bouteilles qu’elle offre souvent aux enfants et  aux membres de la famille qui apprécient sa spécialité.

 

Si Evelyne Cayama profite à présent de sa retraite bien méritée et un peu plus de la vie, c’est bien parce que celle-ci n’aura pas été tendre avec elle. «Lavi lontan ti bien dir. Kot ti ena 10 roupies ? Ou pass bien mizer sirtou kan ou bizin fer tou pou soign ou zanfan. Monn toultan malheureuse, toultan pena. Aster lavi-la pli zoli»,confie-t-elle.

 

Mariée à l’âge de 15 ans, elle aura cinq enfants sous sa responsabilité et dit avoir fait différents types de travail pour survivre.

 

«Mo ti pe res Quatre-Bornes avan. Telman lavi difisil, mo frer dir nou vinn res Beau-Bois. Lavi ti bon pou viv laba », raconte-elle. C’est ainsiqu’elle quitte la ville pour le village. Elle connaîtra d’abord le camp de Beau-Bois; elle bougera ensuite pour Saint-Avold et Riche-Bois pour finalement atterrir à Camp-Diable.

 

«Monn fer tou travay lor plantation : epieraz ros, met guano, grate, depaye. Ti bien fatige.» Par la suite, elle prend du travail comme nourrice et c’est ce qu’elle fera jusqu’à sa retraite, à l’âge de 60 ans, quand elle a terminé comme «gran nenenn ».

 

Evelyne Cayama n’a néanmoins jamais été une personne paresseuse. Même à son âge, elle fait encore ses tâches ménagères. «Mo ranz mo lili, mo pass mo balie, mo pa enn dimoun paress», dit-elle. Ce que confirme sa belle-fille, Marie-Josée Firmin, avec qui elle vit. «Souvent je lui dis de me laisser faire mais elle est d’une grande aide à la maison», confie celle que souvent l’on prend pour sa fille, tant les deux femmes sont si proches.

 

D’ailleurs, Marie-Josée estime que le fait qu’Evelyne soit restée très active malgré tout serait la raison de sa longévité. La principale concernée dit, elle, n’avoir jamais pensé vivre aussi longtemps mais «si la santé le permet, pourquoi pas une autre bougie ?», dit celle qui montre toujours de la bonne humeur.

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