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Cancer: apprivoiser la maladie

25 janvier 2015, 04:39

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Cancer: apprivoiser la maladie

Un cancer diagnostiqué et ce sont plusieurs vies qui sont bouleversées. Celle de la personne atteinte, mais aussi celles des membres de la famille et autres proches. Comment vivre avec le cancer ? C’est une question que nous sommes tous en droit de nous poser. Dans le cadre de la Journée mondiale contre le cancer qui sera observée le mercredi 4 février, nous faisons le point.

 

«J’ai la responsabilité de conseiller et d’accompagner les patients et leurs familles. J’écoute leurs vécus faits de souffrance mais également de courage. Durant leurs traitements je les accompagne et je les aide à gérer leur stress émotionnel. Ceci toutefois ne remplace pas le suivi médical de leur médecin et cancérologue», explique Emmanuel Maurice, counselor à Link to Life Cancer Support Centre.

 

De son côté, Shamima Patel Teeluck, directrice de Breast Cancer Care soutient que la gestion de la maladie autant par les patients que par leurs familles reste une étape difficile. «À l’heure actuelle, deux nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués par jour. Il y a des patients qui ne savent pas ce qu’est le cancer et encore moins la chimiothérapie ou la radiothérapie. Par manque de temps, le service public ne donne pas de suivi psychologique. Or un tel service est indispensable à l’annonce même du diagnostic. Les patients et leurs familles doivent se tourner vers les organisations non gouvernementales».

 

Les émotions qui assaillent le patient lorsque le diagnostic tombe sont nombreuses. Peur. Incertitude. «D’où l’important de prendre soin de son bien-être émotionnel autant que physique. Le malade a besoin d’apprendre à être patient avec lui-même. Il devra préserver son énergie vitale afin de pouvoir suivre son traitement et mieux gérer le stress émotionnel lié au traitement», dit Emmanuel Maurice.

 

ÉQUILIBRE ALIMENTAIRE

Autre sentiment : la solitude. «Par moments, les patients peuvent éprouver des difficultés à communiquer avec leurs familles. Il convient dans ces cas de se tourner vers une personne qualifiée avec laquelle il est possible de parler de ces sentiments. Se joindre à un groupe de soutien, quand l’on se sent prêt est aussi conseillé. Un accompagnement psychologique serait également bénéfique à la famille», explique Emmanuel Maurice.

 

Le counselor de Link to Life souligne que le patient doit se sentir à l’aise avec son médecin traitant. «Un patient peut hésiter à poser certaines questions à son médecin, en pensant le déranger. Or il a le droit de connaître et de comprendre son traitement.» La prochaine étape consistera à avoir un bon équilibre alimentaire : «Pour cela, tournez-vous vers votre médecin ou vers un diététicien.»

 

Si l’on encourage le patient à ne pas avoir de pensées négatives, celui-ci peut recourir à des activités qui le rendent heureux et bien dans sa peau : faire des balades, lire, méditer, se relaxer en musique, passer du temps avec des proches.

 

Les proches, justement, sont une bouée de sauvetage. Shamima Patel Teeluck, qui a elle-même eu un cancer du sein avance : «Le regard des autres, quand on sort de la clinique avec un sein en moins, peut faire très mal. La perte des cheveux et des sourcils est une autre étape douloureuse. C’est dans ces moments-là que le patient a le plus besoin de sa famille».

 

Ceux qui vivent avec une personne atteinte du cancer doivent être présents et essayer de s’instruire un minimum sur la maladie. Il est aussi souhaitable qu’ils accompagnent le patient, s’il est d’accord, lors de ses consultations chez le spécialiste afin de mieux comprendre le déroulement des soins. Cette présence physique réconfortera le patient.

 

A contrario, il ne faut jamais tenter de minimiser la situation en pensant rassurer le malade. Par contre, on lui montrera qu’on comprend sa peur des traitements ou de la mort. «Si vous avez des difficultés à accompagner un proche souffre du cancer, tournez-vous vers une personne qualifiée dans l’accompagnement des malades», conclut Emmanuel Maurice.

 

 

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