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Tourisme : Maurice n’est plus le «paradis perdu» des Britanniques
9 juillet 2014, 18:45
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Tourisme : Maurice n’est plus le «paradis perdu» des Britanniques
Le drame Michaela Harte, qui a été un véritable coup de massue pour la destination mauricienne au Royaume-Uni, est-il derrière nous? Ce qui est sûr, c’est que le marché britannique revient en force. Ce, après les «We’re not even safe in paradise» – (nous ne sommes même plus en sécurité au paradis), titre de The Telegraph, «Paradis perdu», autre terme qui a fait la Une des journaux lorsque la touriste irlandaise a été tuée dans sa chambre d’hôtel en janvier 2011.
De 132 551 touristes britanniques en 2008 – le taux le plus élevé jusqu’ici – ce nombre avait chuté à 87 648 en 2012, soit après le meurtre de Michaela Harte et la crise économique. Mais l’année dernière, le Royaume-Uni a frôlé la barre des 100 000 arrivées touristiques. Et depuis le début de l’année, il poursuit sa belle remontée avec une croissance de 8,1% pour atteindre les 39 437 touristes. Au contraire de sa voisine, la France, qui est toujours en berne avec un recul de 4,1% pour les cinq premiers mois de l’année.
«La croissance du marché britannique sera soutenue tout au long de l’année, avec l’apport du Dreamliner de Thomson Airways qui a commencé à desservir l’axe Royaume-Uni-Maurice depuis avril», a souligné le ministre du Tourisme, Michael Sik Yuen, dans son discours à l’issue de l’assemblée générale annuelle de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice, à Ébène.
Sièges d’avion supplémentaires
Mieux encore, la reprise dynamique de ce marché encourage aussi Air Mauritius et British Airways à mettre des sièges d’avion supplémentaires sur cette liaison pour capter un maximum de touristes du deuxième pays européen pourvoyeur de touristes à Maurice, derrière la France (244 752 touristes en 2013) et devant l’Allemagne.
C’est ce qu’a indiqué Karl Mootoosamy, le directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority, joint au téléphone. Revenant de mission de la Grande-Bretagne, celui-ci confie que tous les opérateurs britanniques veulent à nouveau vendre Maurice.
«Mauritius is back. Pour les tour-opérateurs, Maurice est aujourd’hui la meilleure destination long-courrier à vendre», fait-il valoir. C’est la raison pour laquelle, dit-il, l’office du tourisme et les acteurs du secteur travaillent pour positionner Maurice comme l’«ultimate destination of choice» au World Travel Market, l’incontestable Salon du tourisme du Royaume-Uni, qui se tiendra en novembre.
Jusqu’à quand la reprise ?
Karl Mootoosamy rappelle également que Maurice a reçu sur ce marché le Consumers’ Price. Un baromètre «très important», dit-il, car c’est le consommateur qui vote. Maurice attire particulièrement les couples britanniques qui choisissent de célébrer leur mariage sous le soleil mauricien et aussi le secteur Meeting, Incentive, Conference, Events (MICE). Les familles britanniques privilégient, elles aussi, la destination mauricienne pour leurs vacances.
Cependant, le Dr Robin Nunkoo, Senior Lecturer et Head Department of Management à l’université de Maurice, se montre très prudent face à la reprise du marché britannique. «Il faut également réfléchir à l’avenir avec le changement dans le comportement des voyageurs. Maurice pourrait ne pas être compétitive pour les marchés européens, dont le Royaume-Uni, à long terme à cause de la distance. Pourquoi ces touristes dépenseraient-ils pour venir chez nous avec des destinations plus attrayantes à la porte d’à côté?» s’interroge le chargé de cours.
Celui qui a fait partie de l’organisation de la 4e édition de la conférence Advances in Hospitality and Tourism Marketing and Management, tenue à l’hôtel Le Méridien, en collaboration avec la Washington State University, maintient que l’Europe reste notre marché traditionnel. Mais qu’aujourd’hui, plusieurs facteurs environnementaux et sociaux sont pris en compte par le touriste avant qu’il ne fasse son choix final de la destination de ses vacances.
En outre, poursuit le Dr Robin Nunkoo, «est-ce que Maurice peut satisfaire en même temps les touristes chinois et les Européens ?». Car les Chinois, rappelle-t-il, sont une clientèle très différente de celle du marché traditionnel.
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