Publicité
Un «trafik koltar» au grand cœur
Bloqué dans le trafic devant la Place Bissoondoyal. Et peur panique de ne pas arriver à l’heure au bureau. Vous aviez un ami, et vous ne le saviez pas.... «Combien de fois n’ai-je pas vu des femmes fondre en larmes quand le trafic marque un temps d’arrêt. Parfois, cette tension vient à bout d’un trop-plein de problèmes… J’ai toujours estimé qu’il était de mon devoir d’éviter que l’exercice de mon autorité n’ajoute au stress de l’automobiliste…», raconte Nagannada Reddi.
Ce dernier assure, depuis 2001, le contrôle du trafic aux heures de pointe à la place Bissoondoyal. Des 30 000 visages qu’il aura croisés chaque jour, certains le saluaient d’un Mame ou d’un Trafic Coltar. Et il leur rendait leur salut. «Je sais qu’il ne m’est pas possible de régler tous les problèmes associés au trafic routier. Cependant, un sourire peut transmettre le message que je suis en train de faire de mon mieux pour rendre la vie de l’automobiliste le moins pénible possible», continue-t-il.
Nagannada Reddi a fait son entrée dans la force en 1975. Cet habitant de Mahébourg a été tour à tour posté aux stations de Rose-Belle, de Bain-des-Dames, des Casernes centrales et à la Criminal Investigation Division. Depuis son affectation à la Traffic Unit, secteur Sud, en septembre 1992, puis, neuf ans plus tard, à la Traffic Branch, les feux de signalisation situés à proximité du port sont devenus «sa base». De 6 h 30 à 10 heures et de 14 à 17 heures, il n’aura jamais manqué à son poste.
Nagannada Reddi a marqué les esprits des automobilistes parce qu’il a toujours su conjuguer bonne humeur et autorité. Les genoux dans l’eau, aux jours des grandes pluies, sous la chaleur impitoyable de Port- Louis, il a toujours eu les mêmes gestes énergiques, la même concentration. Jamais un mouvement d’impatience pour arrêter le conducteur ou l’inviter à démarrer. Toujours une certaine élégance.
Sa connaissance du flot du trafic a amené Nagannada Reddi à apporter sa contribution à la résolution des problèmes. On lui doit plusieurs réalisations qui ont contribué à décongestionner la circulation à Port-Louis. Il y a eu notamment l’élaboration d’un système basé sur l’allocation du temps d’arrêt et de relance du trafic. On lui doit aussi l’interdiction de stationnement à la rue John Kennedy, ce qui a résulté en un gain d’une minute et demie au profit du trafic vers le Nord et le Sud. Il y a eu encore le basculement, au début de la route Royale devant l’hôtel du gouvernement, du flot venant de la municipalité de Port-Louis.
Faire passer ses idées n’a guère été facile. «De 2005 à 2009, j’ai beaucoup bataillé pour que mes suggestions soient acceptées par la Traffic Management & Road Safety Unit. Ce n’est qu’en 2009 que le Premier ministre, à qui j’ai remis une copie de mes suggestions, a décidé de les retenir. Il a compris que même si on n’a pas fait de grandes études, nous, les hommes de terrain, nous pouvons apporter notre modeste contribution pour améliorer le trafic routier. Dommage que certains soient encore réticents à nous faire confiance et nous confinent au simple rôle d’exécutants», dit-il.
Nagannada Reddi n’a pas fini de réfléchir au problème. Les heures d’opération des hommes chargés de régler le trafic routier qui, dit-il, ont connu une fulgurante progression depuis 2001, le turlupine. «Ces agents doivent être à leur poste dès 6 h 30 et non à 7 heures. C’est le cas ailleurs, sauf à Port-Louis. Il faut évoluer avec son temps. Les automobilistes sont sur la route très tôt. Il faut s’attaquer aux risques de goulets d’étranglement le plus tôt possible».
Publicité
Publicité
Les plus récents