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200 millions de masques pour parer à la grippe aviaire

3 septembre 2005, 20:00

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Le chef de l?État et le chef du gouvernement français ont, le 29 août, tenu à montrer publiquement l?importance qu?ils accordent désormais à la menace sanitaire inhérente à la diffusion, par les oiseaux migrateurs, d?une nouvelle souche H5N1 de virus de la grippe aviaire.

Jacques Chirac a ainsi appelé, lors de la conférence annuelle des ambassadeurs français, à « une réponse internationale vigoureuse et concertée » face à la grippe aviaire, tout en annonçant que la France allait au plus vite intensifier ses efforts pour se prémunir contre « le risque d?une crise sanitaire de très grande ampleur ».

« L?Organisation mondiale de la santé ? OMS ? recommande déjà aux États de constituer des stocks de médicaments. La France, pour sa part, prend des dispositions en ce sens pour protéger ses populations, à titre préventif et de précaution », a-t-il déclaré.

Au palais de l?Élysée, on indique que M. Chirac avait demandé au gouvernement d?examiner avec les organisations internationales compétentes et les multinationales de l?industrie pharmaceutique quelles mesures pouvaient être prises afin d?« accélérer le développement d?un vaccin ».

Le Premier ministre français, Dominique de Villepin, a réuni le 30 août, à l?hôtel Matignon, les différents ministres concernés par ce dossier pour « faire le point sur les mesures de prévention existantes face à l?épizootie qui touche l?Asie du Sud-Est et l?Asie centrale ».

Au terme de cette rencontre les services de M. de Villepin ont annoncé que 200 millions de masques de protection seraient disponibles au début de 2006. Un délégué interministériel chargé de la coordination de l?effort national sera nommé lors du prochain conseil des ministres.

Jacques Chirac avait demandé au gouvernement, lors du conseil des ministres du jeudi 25 août, d?« appliquer pleinement le principe de précaution » concernant la grippe aviaire, et ce afin que chaque Français « soit protégé ou puisse être soigné en cas d?apparition de la maladie », tandis que Xavier Bertrand qualifiait de « faible » le risque d?expansion de l?épizootie vers la France. « Aucun obstacle, notamment économique ou financier, ne pourra être opposé à une mesure utile pour protéger la santé des Français », a souligné le chef de l?État.

Répondre à l?inquiétude des expatriés

Ces déclarations et ces initiatives ont beaucoup surpris la communauté scientifique et médicale spécialisée dans le développement de la lutte contre cette nouvelle menace sanitaire. « Sur la base des dernières données scientifiques et médicales dont nous disposons, le chef de l?État n?est pas détenteur d?informations épidémiologiques qui permettraient de justifier a posteriori un discours au ton quelque peu catastrophiste », confie l?un des principaux responsables du dispositif développé depuis près de deux ans et qui fait de la France l?un des pays en pointe dans ce domaine.

On peut aussi penser que ce discours vise pour partie à répondre à l?inquiétude sinon à l?angoisse des membres du corps diplomatique français expatriés dans des pays asiatiques, potentiellement plus exposés à ce nouveau risque.

Et il est vrai que cette question vaut, aujourd?hui, d?être rapidement soulevée. Dans la matinée du 30 août l?hôtel Matignon annonçait que les produits nécessaires seraient « mis à la disposition des postes diplomatiques ».

■ @ 2 005 Le Monde ? Jean-Yves NAU ? Distribué par The New York Times Syndicate

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