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11-septembre 2001

11 septembre 2006, 00:00

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La poussière des tours de Manhattan est retombée et le piège de la peur s?est refermé sur tout l?univers. Ce n?est plus ?Nous sommes tous Américains?, mais ?Nous sommes tous paranoïaques?. Si le 11-septembre a changé la face du monde, c?est en réunissant les démocraties sous une vaste chape de plomb qui a pour nom le terrorisme international. Que reste-il d?ailleurs de la belle (et inquiète) unanimité du 11-septembre 2001 ? Que reste-t-il de cette identification collective au drame qui se jouait en direct sur tous les écrans de la planète ? George W. Bush, dont l?administration va être confrontée à de difficiles élections de mi-mandat, n?a de cesse que de rappeler que l?Amérique est un pays en guerre. La peur, depuis cinq ans, demeure un argument politique majeur?

11-septembre 2001?Les tours jumelles du World Trade Center, les fameuses Twin towers, plus hauts gratte-ciel de New York, ont été percutées à quelques minutes d?intervalle par les avions suicides. Le premier appareil, un Boeing 767 d?American Airlines avec 92 personnes à bord dont cinq terroristes, s?écrase à 8 h 46 (12 h 46 GMT), ouvrant une gigantesque brèche dans les étages supérieurs.

A 9 h 03, un deuxième Boeing 767 de United Airlines avec 65 personnes à bord, dont cinq terroristes, s?encastre dans la seconde tour jumelle du World Trade Center, évènement suivi en direct par les télévisions du monde entier. A 9 h 43, un Boeing 757 d?American Airlines avec 64 personnes à bord dont cinq terroristes, frappe le Pentagone, ouvrant un trou béant dans la façade ouest du ministère de la Défense.

Un quatrième appareil, un Boeing 757 de United Airlines avec 44 personnes à bord dont quatre terroristes, s?écrase dans un champ en Pennsylvanie . Il aurait pu avoir pour objectif de s?écraser sur la Maison-Blanche ou le Capitole, siège du Congrès des Etats-Unis. Les circonstances exactes de la catastrophe sont inconnues. Il semble cependant acquis que certains passagers, informés par téléphone portable du drame de New York, se sont battus avec les terroristes.

Les deux tours du World Trade Center se sont effondrées dans un déluge de gravats et de poussière, la tour sud à 10 h 05 et la tour nord à 10 h 28. Des centaines de personnes qui n?avaient pu être évacuées et de sauveteurs qui tentaient l?impossible sont ensevelis, alors que Manhattan est recouvert par un nuage de fumée noire et de poussière. Dans le même temps, le monde entier voit à la télévision des milliers d?Américains pris de panique s?éloigner en toute hâte des lieux du drame. Des images incroyables où la réalité dépasse la fiction des films catastrophes d?Hollywood.

Le président George W. Bush, qui se trouvait dans une école de Floride au moment des attentats, est conduit sur une base militaire pour raisons de sécurité. Rentré le soir à Washington, il affirme sa détermination à punir les auteurs de ces ?attentats ignobles?, en soulignant qu?il ne fera pas de différence entre les ?terroristes qui ont perpétré ces actes et ceux qui les protègent?. Accusé numéro un : le milliardaire saoudien Oussama Ben Laden, chef de la nébuleuse terroriste Al Qaïda.

Depuis ce jour fatidique l?Amérique est en guerre. Pas seulement contre des réseaux, mais contre des Etats. C?est sans hésitation que l?Onu se rallie à la guerre américaine en Afghanistan, même s?il s?agit non seulement de traquer Al Qaïda et Oussama Ben Laden, mais aussi de renverser le pouvoir taliban qui les héberge. Et ce sont quasiment seuls, avec l?aide de la Grande-Bretagne, mais sans les Nations-Unies, que les Etats-Unis partent en mars 2003 occuper l?Irak et chasser du pouvoir Saddam Hussein.

L?Irak, présenté comme un des fronts de la ?guerre mondiale contre le terrorisme?. Aujourd?hui, des dizaines de personnes sont tuées quotidiennenement dans des attentats et l?armée américaine est embourbée dans un conflit qui s?apparente de plus en plus à une guerre civile? Traumatisée par les évènements du 11-septembre, l?opinion américaine attache désormais une attention primordiale aux problèmes de sécurité nationale, même si la manière de faire de M. Bush est contestée.

Le bilan de ce dernier, c?est pour l?instant, l?Iran sur le point d?acquérir l?arme nucléaire, la Corée du nord qui a multiplié par quatre son arsenal atomique en cinq ans et demi, et Oussama Ben Laden toujours en fuite...

COMMEMORATION

Le programme des cérémonies

■ A l?occasion du cinquième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 à New-York, des cérémonies sont prévues à New-York aujourd?hui :

? 08 h 46 (heure de New York) : Une minute de silence sera observée au pied de la tour nord. Des proches des victimes liront une liste de noms pour rendre hommage aux personnes ayant péries dans les attentats.

? 9 h 03 : Une minute de silence sera observée au pied de la tour sud. Une liste des noms des victimes sera lue.

? 9 h 59 heures locales : Une deuxième minute de silence sera observée au pied de la tour sud. Une liste des noms des victimes sera lue.

? 10 h 29 : Une deuxième minute de silence sera observée au pied de la tour nord. Une liste des noms des victimes sera lue. Deux trompettistes viendront jouer. Un spectacle musical est également programmé, pour clore les cérémonies officielles.

? 19 h 00 : Plusieurs familles se retrouveront pour une veillée aux chandelles à Ground Zero. Le soir, des shows auront lieu à Broadway. Le Madison Square Garden accueillera un championnat de lutte, tandis que l?équipe de base-ball des Yankees affrontera les Baltimore Orioles.

CINQ ANS APRES...

Une veuve peut enfin faire son deuil

Il a fallu cinq années à Pattie Carrington pour réussir à accepter la mort de son mari, tué dans les attentats du 11-Septembre à New York, mais elle se dit aujourd?hui prête à commencer une nouvelle vie. Jeremy Carrington travaillait comme cadre commercial dans l?entreprise de courtage en sécurité Cantor Fitzgerald. Avec 658 employés tués dans les attentats, cette société, installée dans les tours jumelles du World Trade Center, a été la plus durement touchée ce jour-là. ?Je pense que l?acceptation a été l?étape la plus difficile. C?était un tel choc, tellement inconcevable?, raconte Pattie Carrington, 39 ans, dans une interview à Reuters. Après la tragédie, elle s?est réfugiée dans son travail , sans parvenir à admettre ce qui s?était passé. Juste avant le premier anniversaire des attentats, elle fit connaissance avec trois autres veuves du 11-septembre. Un lien très fort se développa entre les quatre femmes et elles fondèrent leur propre groupe de soutien - le ?Club des veuves?. Ce mois-ci sort aux Etats-Unis un livre qu?elles ont coécrit, ?Love You, Mean It?, qui raconte comment elles ont pu retrouver goût à la vie. Dans cet ouvrage, Carrington, Julia Collins, Claudia Gerbasi et Ann Haynes décrivent leur rencontre avec leurs maris respectifs et le choc terrible ressenti à leur mort. Elles expliquent combien leur amitié les a aidées à surmonter la souffrance. ?En écrivant tout cela, nous avons pu visualiser noir sur blanc le chemin parcouru et comment nous avons réussi à nous venir en aide les unes aux autres?, explique Pattie Carrington. ?Maintenant nous comprenons la vie (...), ses exigences, sa fragilité, sa beauté (...) avec toutes ses possibilités.? Deux d?entre elles, Gerbasi et Haynes, se sont remariées. Celle dont le regard révèle les épreuves du passé souhaite que son livre puisse en aider d?autres. ?On peut perdre toute sorte de choses dans la vie, pas seulement un époux. Cela peut être un emploi, un divorce, un enfant... C?est un message pour dire ?Ne renoncez pas, tendez la main?.?

Islam et extrémisme

Cinq ans après le 11-Septembre, la communauté musulmane américaine ne se contente plus d?affirmer que l?islam prêche la paix : elle tente également de prévenir toute velléité d?extrémisme dans ses rangs et met en garde les fidèles contre le risque d?une menace intérieure. Les attentats de l?été 2005 à Londres attribués à des musulmans nés et élevés en Grande-Bretagne et les violences interconfessionnelles en Irak ne sont pas pour rien dans cette évolution.

?Le sentiment de dénégation apparu comme une poussée de fièvre après le 11-septembre est en train de disparaître?, souligne Muqtedar Khan, politologue de l?université du Delaware et auteur de Musulmans américains. ?Ils se rendent compte que des musulmans utilisent le terrorisme et la communauté commence à faire face au problème.?

Deux exemples illustrent ce nouvel état d?esprit. Mubin Shaikh, un musulman, a collaboré pendant des mois à une enquête sur un groupe de coreligionnaires accusés en juin de préparer des attentats en Ontario, au Canada. Et selon les médias britanniques, un renseignement fourni par un musulman britannique aurait récemment aidé la police à déjouer un complot présumé contre des avions assurant la liaison entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

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