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“Une plus grande flexibilité dans la politique aérienne est importante”
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“Une plus grande flexibilité dans la politique aérienne est importante”
●<B>Votre hôtel travaille beaucoup avec le marché allemand. Le touriste de ce pays a-t-il un profil type ?</B>
Il y a certes des traits qui le différencient des autres touristes. Il se sent très à l’aise dans des hôtels où il peut rencontrer des personnes qui parlent l’allemand. Nous sommes un groupe allemand, et c’est une des raisons pour laquelle ce pays représente un gros marché.
Le touriste germanique est dépensier mais il veut surtout savoir où va ce qu’il débourse. Il a un goût prononcé pour l’aventure et n’aime pas rester enfermé à l’intérieur de l’hôtel. Il aime sortir, rencontrer les gens et connaître leurs cultures. Les visiteurs allemands apprécient la nature. Ils font beaucoup d’excursions et de visites de sites.
Malheureusement, le pouvoir d’achat du consommateur allemand souffre de la situation économique un peu difficile dans son pays. Le secteur du voyage en pâtit. Les gens sont plus consciencieux par rapport à leurs dépenses de vacances à l’étranger. Ils planifient davantage leurs voyages à plus court terme.
●<B>Dans ces conditions, pourquoi les touristes allemands préféreront- -ils Maurice ? </B>
Les Allemands demeurent parmi les plus gros vacanciers au monde, malgré les difficultés du moment. Beaucoup sont encore disposés à voyager sur de longues distances, mais la sécurité est un aspect important à leurs yeux. De l’argent est encore disponible pour faire du tourisme. Maurice reste sans nul doute une destination de rêve pour les Allemands.
Les arrivées de touristes allemands qui font partie du segment haut de gamme sont plutôt stables. Le marché moyen de gamme est beaucoup plus compétitif aujourd’hui. Le touriste allemand moyen a un vaste choix de destinations pour le même budget. Maurice n’est pas l’endroit le moins cher à visiter. On ressent les conséquences de cette concurrence plus forte.
●<B>Une nouvelle ligne aérienne allemande a exprimé son souhait de desservir Maurice. Comment accueillez-vous un accès aérien plus libéralisé ?</B>
C’est un sujet très délicat. Le parc hôtelier mauricien s’agrandit. L’augmentation du nombre de chambres n’est pas proportionnelle aux arrivées touristiques. Pour pouvoir remplir les chambres, il faut que les touristes puissent voyager plus facilement vers le pays. Il est donc important d’avoir une plus grande flexibilité dans la politique aérienne.
La prudence doit cependant rester de mise. Il y a des dangers avec des vols charters. Ces derniers transportent essentiellement une clientèle bas de gamme. Il faut donc suivre la situation de près car cela peut avoir des conséquences fâcheuses pour l’image de la destination.
Il faut aussi tenir compte des intérêts commerciaux d’Air Mauritius, le transporteur national. Un équilibre doit être trouvé entre les différentes attentes. Nous, les hôteliers, sommes en train de débattre de la question au sein de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice. Nous avons également des discussions avec les autres partenaires de l’industrie, tels que les tour-opérateurs. Il nous faut une approche plus coordonnée entre les différents secteurs impliqués dans le tourisme.
Avec l’augmentation du nombre de chambres, nous allons devoir adopter une plus grande ouverture et une flexibilité de l’accès aérien. Il faut aussi songer à permettre aux lignes qui desservent déjà le pays d’augmenter leurs capacités. Elles peuvent, par exemple, se montrer encore plus souples sur les tarifs durant les périodes creuses. Une meilleure synchronisation est nécessaire sur ce plan.
●<B>Certains suggèrent de geler les projets hôteliers pour équilibrer l’offre et la demande… </B>
Geler est peut-être un terme trop fort. Les dossiers doivent être bien examinés avant d’accorder des permis. L’industrie hôtelière a besoin d’un développement parfaitement planifié sur le long terme dans le but de maintenir son exclusivité. Parallèlement, un bon marketing de la destination est nécessaire.
●<B> Pensez-vous que la nouvelle taxe sur les arrivées touristiques aura un impact sur votre activité ?</B>
Il est encore trop tôt pour pouvoir mesurer l’impact. A première vue, cela ne devrait pas affecter l’activité de l’hôtel car la taxe est perçue à l’arrivée du visiteur dans le pays. Il faut cependant une plus grande transparence.
Le touriste allemand aime savoir de quelle manière son argent est dépensé. Il faut pouvoir lui expliquer si, par exemple, cette taxe est destinée à l’embellissement de l’environnement. Il voudra savoir comment sa contribution aidera à améliorer la qualité de la destination mauricienne. Il est important de prendre en considération que le touriste a aujourd’hui un choix plus vaste qu’auparavant.
●Que faire pour que Maurice puisse maintenir son argument de vente dans ce contexte compétitif ? </B>
Maurice offre un gros potentiel pour des développements futurs. Il existe beaucoup de beaux sites à visiter ici. De nombreux efforts de marketing sont faits et la destination est perçue comme étant de bonne qualité par les étrangers. Le service est d’un très bon niveau.
Il importe beaucoup de préserver ces avantages. En même temps, il faut déployer plus de ressources pour la promotion de la destination surtout dans le sillage de l’augmentation du nombre de chambres.
●<B>Qui doit faire l’effort de marketing du produit touristique mauricien ?</B>
Là aussi, il est nécessaire d’avoir une bonne synchronisation entre les différents partenaires de l’industrie. La Mauritius
Tourism Promotion Authority doit travailler de concert avec les opérateurs.
L’industrie investit déjà beaucoup dans la promotion. Il faut promouvoir la destination d’abord. Une fois que le touriste aura décidé de venir à Maurice, il lui appartiendra de choisir l’hôtel qui l’intéresse pour son séjour.
●<B> Les hôteliers sont souvent accusés de pratiquer des marges trop élevées dans les items de la restauration…</B>
On ne peut être accusé de pratiquer des prix trop élevés pour le food and beverage. Les marges élevées sont pratiquées par les hôtels partout dans le monde. Les tarifs sont généralement conformes au niveau de l’établissement hôtelier. Tout déséquilibre peut s’avérer néfaste pour l’industrie. Par exemple, un hôtel deux-étoiles ne peut appliquer un prix de cinq-étoiles dans son restaurant. Je ne connais pas la situation dans les autres hôtels mais je ne pense pas qu’il y ait des abus.
●<B>Disposez-vous des ressources humaines nécessaires pour aborder les défis de l’industrie touristique ? </B>
Notre industrie a une énorme responsabilité par rapport au pays. Le secteur du tourisme et de l’hôtellerie est un pilier très important de l’économie mauricienne. Il peut générer beaucoup d’emplois. Nous sommes pleinement conscients de ces attentes, surtout à un moment où d’autres secteurs d’activités sont en difficulté.
Il est vital que nous préparions bien cette industrie. Nous devons trouver des gens formés pour travailler dans les hôtels. Nous faisons face à un manque aigu de main-d’œuvre qualifiée. Plus de personnes doivent être formées pour travailler dans les établissements hôteliers.
Les professionnels de l’hôtellerie investissent beaucoup dans la formation. Malheureusement, beaucoup de nos employés nous quittent pour aller travailler à Dubayy, aux Seychelles et dans les bateaux de croisière. Nous continuons à perdre de la main-d’œuvre qualifiée de cette manière. Cela ne contribue pas à une situation saine.
<I>Propos recueillis par Akilesh ROOPUN</I>
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