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“Maurice, un centre de trusts pour Asiatiques riches”

23 novembre 2004, 20:00

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Quel est le but de votre visite à Maurice ?

Ian Gibson : En tant que Chief Executive du groupe offshore, j’en suis à ma première visite dans le pays. L’objectif est de nous assurer que l’équipe mauricienne de la Standard Bank se sent comme une entité à part entière du groupe. Dans un deuxième temps, nous avons communiqué au personnel présent nos plans et budgets pour les trois prochaines années.

Justin Greig : Maurice est l’un des trois centres offshore du groupe, après les îles du Mans et Jersey où nous sommes spécialisés dans le fiduciaire (NdlR : une société fiduciaire est celle qui effectue des travaux comptables, juridiques, fiscaux, d’organisation et d’expertise, entre autres, pour le compte des entreprises privées et des individus).

Quel est le thème central des plans pour ces trois prochaines années ?

Justin Greig : La Standard Bank s’est implantée dans diverses zones à travers le monde. Et le marché asiatique nous semble très important. Maurice, de par sa position géographique et l’équipe en place, est bien placée pour s’adresser et satisfaire cette région. D’ailleurs, nous cherchons à installer des trusts privés, des structures essentielles, pour les riches entrepreneurs désireux de passer leurs biens aux prochaines générations.

L’autre avantage du pays est le nombre de ses traités de non-double imposition fiscale avec des pays de cette zone. La Chine en est la locomotive, suivie de Taipei (capitale du Taïwan) et Hongkong. A un degré moindre, pour la même raison, la Standard Bank, en utilisant sa base mauricienne, pourrait faire son entrée sur le marché africain.

Quand vous évoquez l’Asie, s’agit-il uniquement de la Chine ?

Justin Greig : Essentiellement, c’est la Chine, Taïwan, Hongkong, Singapour de même que les Chinois dans les pays tels que l’Indonésie, la Thaïlande et la Malaisie. L’Inde est un marché au potentiel énorme. Cependant, nous n’y sommes pas actif en ce moment.

Ian Gibson : Au cours des dix dernières années, nous avons développé nos infrastructures de même qu’étendu nos services à travers le monde avec la même envergure dans ces pays asiatiques. L’Inde est la prochaine étape dans notre expansion asiatique. Du moment que c’est fait, la branche de trusts opérant à partir de Maurice suivra.

Pourquoi la Standard Bank accorde-t-elle tant d’importance à sa branche mauricienne ?

Justin Greig : Nous disposons d’une équipe ayant une bonne réputation auprès de la Standard Bank, pour son efficience et ses services orientés vers les clients. Or, le succès dans le secteur financier est tributaire de ces qualités.

Ian Gibson : L’autre aspect contribuant à la réussite de notre cellule mauricienne est le cadre législatif en place. Le régulateur, la Financial Services Commission, contribue à rehausser la crédibilité et la réputation du centre offshore qu’est Maurice. Qui plus est, le pays dispose d’un personnel qualifié. On y trouve bien plus de personnes qualifiées que dans l’île de Jersey. C’est un facteur essentiel.

Il est souvent question de blanchiment d’argent à travers des centres offshore…

Justin Greig : Le plus gros volume de blanchiment d’argent passe par les centres financiers principaux que sont New York et Londres. A Maurice, le régulateur a été très sensible sur la question. Il a fait le nécessaire pour protéger le pays. Ce qui est très important pour nous. Mais le problème est ailleurs. Par exemple, le trust business n’est pas réglementé à Londres.

Pour blanchir son argent, l’on se rend davantage à New York et Londres. Ce sont sur ces destinations que les autorités doivent enquêter. Passer par un centre offshore n’est pas tâche aisée dans la mesure où la loi en place est très stricte. Logiquement, c’est bien plus facile d’ouvrir un compte bancaire à Londres qu’à Maurice.

Ian Gibson : Des institutions telle la Standard Bank, indépendamment de ce que fait le régulateur, ont des mécanismes pour s’assurer que les valeurs ne soient pas compromises. La corporate image est non négociable. Nous disposons de notre réseau de contrôle pour empêcher toute fraude. Force est de constater que le blanchiment d’argent est davantage perception que réalité.

Si vous avez à établir un classement, où se situe le centre de l’offshore dans les îles ?

Justin Greig: La réputation s’est améliorée considérablement au cours des cinq dernières années. En termes de reconnaissance, le centre mauricien continue à gagner le momentum, et ce au même titre que les Caraïbes. Du point de vue d’un client, les Channel Islands ont un avantage. Sur l’ensemble, la perception est positive. Et elle continuera à s’améliorer. Votre régulateur est très habile, en ayant accès à une plate-forme importante telle que Londres et avec l’interaction avec les personnes déterminant la position de Maurice. Et c’est pour cette raison que Maurice s’est développée positivement.

Ian Gibson : La clé du succès, c’est le temps. Il est très difficile de s’établir en tant que tel dès le début. Il s’agit de démontrer au monde financier qu’on offre un régime crédible.

Le défi pour le régulateur, dans ce secteur en croissance constante, est d’avoir un personnel qualifié. D’habitude, il manque de compétences, ayant privilégié le secteur privé. Avec un personnel amoindri, l’on tombe dans la bureaucratie. Le défi est de bouger au même rythme que le marché, en termes de compétence.

“Nous cherchons à installer des trusts privés, des structures essentielles, pour les riches entrepreneurs désireux de passer leurs biens aux prochaines générations.”

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