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“Les options, un outil plus flexible pour gérer les risques de change”

12 avril 2006, 00:00

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● <B>Dans quelle mesure les options de change peuvent-elles atténuer les effets de volatilité dans le marché des devises ?</B>

Les options servent d’instruments de couverture aux risques de change, comme d’autres produits financiers dérivés (derivatives). Elles donnent la possibilité aux opérateurs de profiter des mouvements favorables du marché et en même temps, d’agir comme une assurance contre les mouvements adverses.

Par exemple, un importateur qui doit acheter des euros, doit tenir compte du coût de cette devise. Il peut décider d’utiliser une option pour contrer les effets d’une dépréciation de la roupie mauricienne vis-à-vis de la monnaie unique. Par contre, si le taux euro-roupie baisse, rendant l’euro à meilleur marché, l’importateur peut revendre l’option et acheter les devises à un coût plus attrayant.

Cela n’est pas possible avec les autres instruments de couverture. Si une personne achète un contrat à terme (forward contract) pour se protéger des mouvements adverses dans le taux de change, elle ne pourra pas le revendre au cas où le marché évolue en faveur de la roupie. Elle est tenue à effectuer la transaction au prix agréé au contrat, quoi qu’il arrive.

Les options sont un outil plus flexible pour gérer les risques de change. Beaucoup d’opérateurs ont recours à ces produits pour améliorer leur compétitivité. Les options de change sont une opportunité pour bâtir un avantage concurrentiel grâce à une gestion plus flexible du taux de change.

● <B>Quels sont les principaux traits d’un marché d’options de change ? </B>

Les options s’échangent généralement sur un marché à vue (over the counter). La grosse majorité des transactions sur les options de change se fait entre les banques et entre celles-ci et leurs clients. Il n’y a aucune nécessité d’avoir un endroit physique pour que ce marché puisse exister et fonctionner. Le marché existe au moyen de téléphones et d’ordinateurs.

Mais il y a aussi des échanges physiques qui existent ailleurs. Pour mettre cela en pratique à Maurice, il faut une série d’accords entre les banques commerciales et la Banque centrale, dans son rôle de régulateur du marché de change, en vue d’établir les normes et les transactions interbancaires.

Il sera difficile pour les banques d’offrir ces instruments dans la monnaie locale, surtout dans une perspective de gestion de risques. Il n’est pas souhaitable de coter des instruments financiers sans disposer de moyens pour couvrir les risques de l’autre partie.

● <B>Les options de change ne sont pas choses courantes à Maurice…</B>

Les seules options utilisées à Maurice sont celles qui sont sur les autres monnaies. Les opérateurs utilisent les options de l’euro par rapport au dollar américain, par exemple. Pour l’instant, il n’y a pas d’option sur la roupie, pas d’option dollar-roupie ou euro-roupie. Il y a donc une opportunité à saisir.

Je pense qu’il sera difficile pour le marché local d’être compétitif dans les options sur les devises, tout au moins dans le court terme.

Comme condition préalable à un marché d’options, il faut des marchés de change à terme suffisamment liquides et développés.

● <B>Qui sont les plus gros utilisateurs de produits financiers dérivés ?</B>

Les grandes banques internationales et les sociétés multinationales sont très actives sur ce marché. Elles sont les plus grosses utilisatrices d’options, pas seulement sur le taux de change, mais aussi sur les taux d’intérêt et sur les marchandises telles les produits pétroliers.

Il y a aussi plusieurs autres catégories de participants importants, dont les hedge funds, qui s’en servent pour spéculer sur le taux de change et sur d’autres marchés. C’est un très gros marché international.

● <B>Il y beaucoup d’opérateurs qui utilisent les options pour spéculer…</B>

Effectivement, les options sont un moyen pour spéculer. Si vous achetez une option, vous ne perdez, au pire, que la prime que vous avez payée. Dans le cas d’autres instruments, les pertes peuvent être illimitées, du moins théoriquement.

<I>“Il sera difficile pour le marché local d’être compétitif dans les options sur les devises, tout au moins dans le court terme.”</I>

Il y a des spéculateurs qui vendent des options au lieu d’en acheter. Il s’agit là d’une activité très dangereuse. C’est comme si quelqu’un tente de ramasser quelques sous devant un rouleau compresseur. Les risques sont énormes et les gains minimes.

● <B>Quels sont les dangers de faire des transactions sur les produits dérivés sans les actifs sous-jacents ?</B>

C’est de la spéculation. Vous n’avez là aucune position à couvrir. Si Air Mauritius, par exemple, estime que le cours du pétrole va évoluer vers la hausse, elle s’achète des produits financiers dérivés pour se couvrir des risques d’augmentation du coût.

Si un opérateur n’a aucun risque à couvrir mais achète un derivative uniquement parce que le cours du pétrole va fluctuer, il est en train de spéculer.

Les instruments financiers dérivés ont acquis une mauvaise réputation en raison de leur mauvaise utilisation. La plupart des problèmes liés aux derivatives sont la conséquence de fraudes ou d’incompétence.

Des gens dans les grandes sociétés ont le pouvoir d’effectuer de grosses opérations sur les produits dérivés. Le scandale de Barrings est un exemple classique de pratiques abusives. Mais généralement, les problèmes trouvent leurs origines dans la manière dont on fait usage de ces instruments, plutôt que dans les instruments eux-mêmes.

● <B>Vous avez animé un séminaire sur les options de change à l’initiative de la Financial Markets Association. Quels ont été les principaux aspects abordés ? </B>

Le séminaire s’est penché principalement sur l’apport des modèles mathématiques dans l’évaluation des options de change. Il est important que les cambistes comprennent les modèles mathématiques ainsi que les limites à leur application dans le monde réel, en particulier dans des marchés émergents comme Maurice.

Les produits dérivés sont des instruments très complexes à utiliser. Il est nécessaire d’avoir des formations régulières pour bien maîtriser ces instruments.

<I>Propos recueillis par</I> Akilesh Roopun</B>

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