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“Le budget de promotion touristique doit passer de Rs 300 m à Rs 500 m”
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“Le budget de promotion touristique doit passer de Rs 300 m à Rs 500 m”
● <B>Comment se porte la destination mauricienne à l’issue du premier trimestre ?</B>
Les quatre premiers mois ont été excellents et le mois de mai sera meilleur que celui de 2006. On se base certes sur une année 2006 difficile, avec la crise du chikungunya, mais la reprise est au-delà des chiffres de 2005. Nous sommes gagnants sur toute la ligne.
● A quoi attribuez-vous cette croissance ?</B>
Il y a pas mal de facteurs qui ont joué. L’accès aérien s’est diversifié sur la France, l’Italie et l’Afrique du Sud. Corsairfly ou British Airways Comair ont donné plus de visibilité à la destination. Mais les opérateurs individuels ne sont pas restés les bras croisés et chacun a fait ce qu’il avait à faire. Enfin, les actions de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) et la présence du ministre du Tourisme dans les Salons ont beaucoup aidé la destination.
● <B>Quelles sont les prévisions pour la basse saison ?</B>
L’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (Ahrim) a fait des projections sur 4 500 chambres, pour le mois de juin. Selon les estimations, le taux d’occupation devrait augmenter de 10 %, par rapport à la même période en 2006. Il y a six ou sept hôtels qui seront en rénovation, ce qui fait qu’un millier de chambres seront exclues du circuit.
● <B> Il est donc juste de dire que les revenus de l’hôtellerie et du tourisme sont en forte progression…</B>
Le tourisme a généré Rs 30 milliards de revenus en 2006. Il y a, selon les estimations, 10 % de plus qui sont générés par les petits opérateurs, à la périphérie de l’hôtellerie, boutiques, bateaux, restaurants, etc. Avec des taux moyens d’occupation hôtelière à 90 %, d’octobre à janvier 2006, le tourisme a rapporté à tous les secteurs économiques, y compris informels. Il y a eu un effet multiplicateur et il y a eu quelque Rs 10 milliards qui ont inondé ces secteurs…
● Le tourisme est donc bien placé pour alimenter le concept d’État providence…</B>
Il serait injuste de penser ainsi car le rôle de l’hôtellerie n’est pas de soutenir l’État mais de vendre des chambres. Il faut souligner que chaque chambre crée en moyenne deux emplois et demi et probablement cinq emplois indirects. Venir ponctionner par exemple sur le budget de la MTPA est dangereux. Il ne faut pas voir les gros hôteliers comme des gens qui gagnent trop d’argent. Ils ont pris des risques et génèrent des emplois.
● <B>N’y a-t-il pas une grande part des revenus de l’hôtellerie qui sont perçus de l’étranger ?</B>
Dans le tourisme, il y a un mécanisme commercial qui fait que l’on doit rémunérer un voyagiste X pour une opération de vente de chambres d’hôtels à l’étranger. Tous les grands groupes hôteliers sont cotés en bourse, dans la plus grande transparence. Venir dire qu’il y a une grande part des revenus qui sont perçus de l’étranger serait absurde. Cela serait aussi faire preuve de négativité envers une industrie qui est performante.
Par ailleurs, chaque hôtelier a un plan de responsabilité sociale qui est palpable et mesurable au quotidien. Il y a donc une réelle redistribution sociale de cet argent que certains jugent surnuméraire…
● <B>Les hôteliers mauriciens sont-ils d’humeur à investir ?</B>
Dans le cas de Véranda Resorts, je dirai que nous aimons notre pays et que nous avons déjà investi pas mal. Nous allons investir encore.
Mais c’est vrai qu’il peut y avoir des messages qui nous inquiètent. Il y a certaines responsabilités qui ne sont pas prises par l’Etat. Promotion, formation, sécurité, développement des infrastructures : c’est à l’Etat de prendre les devants.
Dans des cas comme la crise du chikungunya, nous avons travaillé main dans la main avec le secteur public et c’est de bon augure. Mais il faudrait moins agir au coup par coup.
Les hôteliers contribuent déjà beaucoup, notamment à travers la green tax, dont on ne voit d’ailleurs pas la couleur, dans le paysage… Par exemple, que fait l’État pour enrayer le problème des chiens errants ? En revanche, on nous demande toujours plus…
● Avez-vous pris une décision pour le budget de la MTPA ?</B>
Pas encore… Il y a beaucoup de concertations et nous arrivons à une décision finale. Nous pensons, au niveau de l’Ahrim, que le budget de promotion accordé par l’état doit passer de Rs 300 millions à Rs 500 millions. S’il n’est pas augmenté, les perdants seront surtout les petits opérateurs. Car les gros opérateurs, eux, se débrouillent pour remplir leurs hôtels, avec un investissement annuel de plus de Rs 1,5 milliard dans la . Je ne suis pas sûr que les décideurs sont conscients des risques…
<I>Propos recueillis par </I> Thierry CHATEAU</B>
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