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“L’autonomie de Cim Financial Group est une étape logique”
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“L’autonomie de Cim Financial Group est une étape logique”
● <B> Expliquez-nous le sens de la réorganisation que vient d’annoncer le groupe Rogers par rapport au Cim Financial Group ?</B>
L’évolution vers cette autonomie avait débuté l’année dernière notamment au niveau du management. Déjà nous avions recruté au niveau de la division un human resources manager, un business development manager et un financial controller. Il s’agit là des compétences que nous nous sommes dotés pour soutenir la nouvelle configuration.
La structure autonome que nous venons de dévoiler est dans la logique des choses. L’étape qui a suivi, a été le branding. Nous travaillons avec les spécialistes du branding afin de créer une image propre à Cim Financial Group.
Ce qui change d’ici l’année prochaine, c’est qu’on va mettre en place un conseil d’administration au niveau de Cim et de Cerena. Cela constituera une étape intermédiaire entre nous et le conseil de Rogers and Co. Ltd qui reste le propriétaire à 100 % de ces entités. Celui-ci aura d’ailleurs une représentation au niveau de chaque conseil.
Cela éviterait aussi que toutes les décisions remontent en haut. Il y a beaucoup de décisions que nous allons pouvoir prendre au niveau de la division. Toutefois, certaines décisions relevant des grands changements stratégiques de même que les investissements de grande envergure restent entre les mains du conseil d’administration de Rogers and Co. Ltd.
La nouvelle structure nous permettra également de coopter des gens externes, tels des directeurs indépendants qui auraient des compétences financières.
<I>“La nouvelle structure permettra
la prise des décisions et d’être plus
proches des “operating units”.
On veut pousser la “decision making”
vers le terrain. Cela encouragera une
participation accrue de nos cadres
dans le développement
de nos société.”</I>
● <B>Qu’est-ce qui change chez Cim concrètement ?</B>
Avant il n’y avait que deux compagnies qui constituaient Cim. Aujourd’hui, il y en a 13. Un premier exercice de branding a été effectué. Il nous faut encore couvrir toutes les unités sous notre tutelle. L’objectif est d’avoir un branding uniforme pour toutes nos sociétés. Il nous faut pouvoir projeter dans un très proche avenir l’image d’un groupe de services financiers et de services annexes.
La nouvelle structure permettra la prise des décisions et d’être plus proches des operating units. On veut pousser la decision making vers le terrain. Cela encouragera une participation accrue de nos cadres dans le développement de nos sociétés.
● <B>Pourquoi est-ce que Galaxy et Goupille qui sont en fait dans la distribution, se retrouvent-ils dans le portefeuille de Cim Financial Group ?</B>
C’est vrai que Galaxy et Goupille sont essentiellement des activités commerciales. Toutefois les clients de ces enseignes sont aussi en grande majorité des clients de la vente à crédit et dans une moindre mesure, des clients du crédit-bail de Cim. Il y avait donc une relation étroite entre l’activité commerciale et l’activité financière. Le groupe avait commencé une réflexion depuis plusieurs années déjà sur la possibilité de regrouper ces deux activités sous un même chapeau.
● <B>Cim Financial Group émerge comme le plus gros groupe financier non bancaire du pays. Qu’est-ce que cela signifie selon vous ? </B>
Effectivement, nous prenons une dimension très importante. Cela sécurise à la fois les employés et la clientèle. La taille d’un prestataire devient une considération essentielle surtout lorsqu’il gère l’argent des autres ou lorsque des engagements financiers avec les clients sont en question.
Nous avons maintenant une importante activité de carte de crédit. Nous avons été la toute première société financière non bancaire de l’Afrique subsaharienne à émettre des cartes Master Card. C’est déjà une preuve de la solidité de cette division.
Hormis les banques, nous sommes probablement la seule institution qui offre des services financiers aussi diversifiés (cartes de crédit, services d’affacturage, crédit-bail et deposit-taking…)
● <B>Une activité bancaire est la prochaine étape naturelle du développement de la division… </B>
C’est évidemment une option qui reste d’actualité chez nous. On n’écarte rien à ce stade mais il n’y a pas de décision prise, valeur du jour. Quelques années de cela, le groupe Rogers avait fait une offre conjointement avec un partenaire pour le rachat de l’ancienne Delphis Bank. L’exercice n’a toutefois pas abouti.
Nous cherchons le moment et la manière de le faire. Toutes les options restent ouvertes. Nous allons soit nous intéresser au rachat d’une banque existante soit éventuellement envisager une demande pour une licence bancaire. Cela va se faire seul ou avec un partenaire stratégique local ou étranger. Nous n’écartons aucune possibilité à ce stade.
● <B>En dehors de cette “option banque”, quelle est la stratégie de croissance de Cim Financial Group ?</B>
Nous avons débuté cette année-ci une activité de cartes de crédit. L’année dernière, nous avions lancé un service d’affacturage. Au niveau de l’assurance (Albatross Insurance) nous sommes très solides dans le segment de l’assurance générale. Nous avons pas mal de projets concernant l’assurance-vie.
Il y a également des perspectives très intéressantes au niveau de notre opération de centre d’appel. Nous avons un partenariat qui date de six mois avec le puissant groupe d’assurances français, Axa. Cela représente pour nous un business très important. Nous travaillons également avec un agent d’assurances à Madagascar. Nous comptons élargir nos horizons à d’autres activités dans la région.
● <B>Le rachat de Courts vous intéresse-t-il toujours ? </B>
Nous tenons toujours à cette opportunité. Nous avons déjà soumis notre offre finale à cet effet. Il y a d’autres prétendants locaux et étrangers qui sont dans la course.
Dans l’éventualité que l’offre du groupe Rogers est retenue, c’est évidemment sous la tutelle de Cim Financial Group que le business tombera.
● <B>Est-ce que les changements dans le groupe Rogers vous privent-ils des marchés captifs ?</B>
La part du business captif dans nos affaires a beaucoup diminué au fil des années. Le pourcentage de vente et d’achat à l’intérieur du groupe est extrêmement faible. Le gros des activités sont destinées à desservir une clientèle en dehors. Nous sommes dans des marchés ouverts et compétitifs dans des secteurs où nous avons choisi d’y être.
● <B>Comment se fait l’échange de compétences entre les différentes unités de Cim Financial Group ? </B>
Il y a un brassage d’idées à plusieurs niveaux de la division. Nous avons plusieurs réunions entre les managers des différentes unités. Cela permet d’échanger les idées. Nous avons aussi plusieurs projets en commun. Les responsables de chaque société se rencontrent pour coordonner les opérations.
Au niveau du quartier général, il y a un business development manager pour la division. Il y a beaucoup d’interactions pour assurer la coordination des projets.
● <B>Qu’est-ce qui change aux yeux de l’investisseur qui détient ou qui souhaite détenir l’action Rogers ?</B>
Rogers & Co. Ltd, qui est l’entité qui est cotée en Bourse, reste le seul propriétaire de toutes les divisions et sociétés du groupe. Les choses sont plus claires pour l’investisseur aujourd’hui. Auparavant il ne savait peut-être pas que toutes ces compagnies appartiennent au groupe Rogers. La nouvelle structure facilite sa tâche. Il peut aisément identifier les entités dans lesquelles il veut investir.
Un exercice de communication est en cours.
Il a pour but d’expliquer la nouvelle configuration du groupe aux investisseurs et au public en général. L’investisseur sera plus éclairé qu’aujourd’hui lorsque nous aurons complété notre communication.
● <B>Quel est votre engagement par rapport au maintien des normes de bonne gouvernance dans le monde des affaires ? </B>
Rogers & Co. Ltd est cotée en bourse et Tim Taylor, le Chief Executive du groupe est le président du comité national sur le code de gouvernement d’entreprise. Je peux vous dire que nous vivons l’esprit de la bonne gouvernance à tous les niveaux du groupe.
● <B>Quelle est la marge de votre autonomie financière ? </B>
Nous empruntons de l’argent auprès des banques et pouvons même émettre des bons. Notre société de leasing détient, par ailleurs, une licence de deposit-taking.
<I>Propos recueillis par</I> <B>Akilesh ROOPUN</B>
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