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“Enan disan inosan ladan”

21 octobre 2005, 20:00

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Cette image du sang qui dégouline d’une râpe, choque. C’est fait pour cela d’ailleurs. Toucher la conscience du chauffeur afin que celui-ci évite de faucher «disan inosan»…

Innocente comme Nathalie Magon, une mère de famille de 34 ans qui a été tuée. En allant gagner son pain jeudi matin, elle a été percutée par une voiture de série qui participe au championnat national de rallye et qui était conduite par Saleem Hansrod.

Selon les témoins de l’accident, la Toyota Vitz roulait à vive allure avant que ne se produise l’accident fatal. Une voiture modèle de compétition de rallye ? Pas exactement car celle de Saleem Hansrod fait partie de cette catégorie qu’on appelle le Groupe N.

Seules les voitures de série, communément appelée voiture de Monsieur Tout-le-monde, font partie de ce groupe. Les modifications ne sont admises que sur les amortisseurs et les freins, mais surtout pas sur le moteur. « L’avantage de ces modifications est qu’elles permettent une meilleure tenue de route et un meilleur freinage », précise un pilote dont la voiture figure dans le groupe N. Cependant, des arceaux de sécurité sont obligatoires, quel que soit le groupe d’ailleurs.

La voiture incriminée aurait donc pu appartenir à Monsieur Tout-le-monde. Sauf que celle-là concerne un pilote de rallye qui en est à sa première saison dans le rallye automobile après, il convient de le préciser, une brillante carrière en karting.

Roulait-il vraiment à vive allure ? « Je ne crois pas », répond son épouse qu’on a eue au téléphone, hier (voir hors texte). En tout cas, une enquête policière est en cours.

L’accident jette-t-il pour autant le discrédit sur le rallye automobile ? « Il faut savoir que le vrai pilote est l’homme le plus prudent qu’on puisse avoir sur la route », précise Rayhan Alladeen, champion national 2004 et qui lui aussi, roule dans le Groupe N avec sa Mitsubishi Evolution VI. « Je suis arrivé sur les lieux de l’accident quelques minutes après. Pour moi c’est un accident regrettable mais qui n’a rien à faire avec le rallye », renchérit-il.

se défouler en sécurité

Toujours est-il que parmi la caravane du rallye auto local, il y a quelques têtes brûlées qui prennent l’autoroute pour une spéciale. Par exemple, l’année dernière, un chauffeur d’une voiture de maître a abîmé ses jantes en voulant éviter un chauffard qui conduisait une voiture engagée dans le championnat.

Il n’y avait, fort heureusement, aucune perte humaine à signaler mais le chauffeur a quand même dû débourser pas mal de roupies pour les réparations. Une dépense qui aurait pu être évitée.

Ceux qui prennent les routes pour des spéciales ne font pas forcément partie du giron du rallye automobile. « Nous, pilotes de rallye, nous nous défoulons dans les spéciales. Mais quand le rallye est terminé, notre défoulement s’arrête là. Dans mon cas, j’évite même de regarder ma voiture dans le garage le lendemain tellement j’ai roulé avec », avoue un pilote en faisant, néanmoins ressortir que : « Il y a certaines personnes qui roulent des grosses voitures (NdlR : voitures au moteur survitaminé) sur l’autoroute et qui mettent en danger la vie d’autrui. J’invite ces personnes à venir se défouler dans des circuits fermés. »

Un circuit n’éliminera sûrement pas tout risque d’accident, mais il les réduira à coup sûr. Pour la bonne et simple raison que ceux qui voudront donner libre cours à cette poussée d’adrénaline produite au volant de leur bolide – il y en a une quantité non négligeable, surtout ceux qui participent aux runs – auront un lieu dépourvu de tout danger.

Alan Dalais, président du Club AutoSport, organisateur du championnat national, déclare qu’il sera difficile de rentabiliser un circuit (voir entrevue ci-contre). Au vu de la notoriété grandissante que jouissent les sports mécaniques à Maurice, il est certain que les idées ne manqueront pas si toutes les parties concernées s’assoient autour d’une table.

Ainsi, «disan inosan» pourront être sauvés…

DOMINIQUE, L’ÉPOUSE DE SALEEM HANSROD

“Nous compatissons à leur douleur”

Nous avons voulu avoir la version des faits de Saleem Hansrod, celui qui était au volant de la Toyota Vitz. Mais son épouse, Dominique, nous a déclaré que Saleem est encore sous le choc. « Personne ne veut ôter la vie à quiconque. Quand vous sortez de chez vous, vous avez envie de rentrer sain et sauf », lance-t-elle, d’une voix cassée. « Saleem est encore sous le choc. S’il pouvait retourner en arrière, il le ferait. Nous compatissons à la douleur de cette famille. Nous n’arrivons même pas à trouver les mots pour dire ce que nous ressentons. En plus ça arrive au moment où nous essayons autant que possible de faire de bonnes actions étant donné que nous sommes en carême. C’est vraiment dur », ajoute-t-elle.

A la question de savoir si effectivement Saleem Hansrod roulait à vive allure avant l’impact, elle répondra que : « Je n’étais pas là, mais ce que je peux dire c’est qu’il y avait un rond-point avant le lieu de l’accident, donc je ne crois pas qu’il roulait vite. »

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