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À quand un concours de la plus belle carte de souhaits ?
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À quand un concours de la plus belle carte de souhaits ?
Nos cartes de souhaits se mauricianisent. La touche la plus typique donnée à nos v?ux de banané est l?occasion d?une énergie et d?une créativité artistique de bon aloi. L?objectif est d?échapper à la banalisation afin d?obtenir l?attention la plus grande. On propose même un concours visant à désigner la plus belle carte de souhaits mauricienne, celle offrant la meilleure expression graphique des charmes de notre vie créole.
Un tel concours pourrait prendre la forme d?une exposition des reproductions agrandies des cartes visant ce titre. Trois jurys pourraient donner le verdict final. Le premier pourrait être le choix des concepteurs, artistes, imprimeurs, promoteurs et autres à la base de leur réalisation. Le deuxième pourrait être laissé aux visiteurs de ladite exposition. Le troisième jury pourrait être composé d?artistes, de propriétaires de galerie de peinture, de critiques d?art s?il en existe, que désigneraient les professionnels faisant partie de la première catégorie.
Masse informe et anonyme de courriels
Le concours pourrait s?étendre aux calendriers. Il pourrait braquer davantage les projecteurs de l?actualité et l?attention du grand public sur une activité professionnelle et économique très populaire et ayant le mérite de populariser les valeurs de création artistique, sens esthétique, importance des relations humaines et amicales, importance d?une bonne communication et d?une bonne image publique.
Il pourrait stimuler ceux et celles devant, année après année, concevoir de nouvelles séries de cartes de souhaits, à usage promotionnel, commercial ou philanthropique. L?occasion leur serait ainsi fournie de mieux confronter leurs réalisations avec celles de leurs pairs.
Certaines suggestions et remarques ont été mises en exergue lors du débat, organisé par la Fondation Terre de Paix en faveur de l?enfance abandonnée. C?était mercredi dernier à l?Alliance française, à Bell-Village. Il avait pour thème les cartes de souhaits face à la montée en puissance des communications à l?aide de l?ordinateur et de l?Internet. Débat à proprement parler il n?y a pas eu, en ce sens que les champions de la nouvelle communication informatique n?ont guère fait entendre leur voix.
Les atouts ne manquent pourtant pas en faveur de l?ordinateur : gain de temps, d?argent, efficacité et performance plus grandes. Mais pour quel résultat ? Des v?ux qui ressemblent à s?y méprendre à la masse informe et anonyme de courriels que nous recevons, jour après jour, y compris les indésirés contre lesquels nous devons multiplier les interdictions de nous parvenir.
Des souhaits qui ressemblent, à s?y méprendre, aux salutations à la ronde, s?adressant à tout le monde et donc à personne. Mais que faire si certains idolâtrent ces manières cavalières de se saluer la bonne année. Au trot pour en finir au plus vite avec ce qui paraît être une corvée, au lieu de demeurer une attention délicate, pour les êtres aimés, qu?ils soient ou non proches de nous.
Une délicate attention aux êtres chéris
Il y a certes le coût croissant des cartes de souhaits et de leur expédition par voie postale. C?est qu?elles remplacent pour les proches et les amis, vivant sous d?autres cieux, les présents de fin d?année que nous ne pourrons pas leur offrir. Est-il juste d?offrir un présent onéreux à ceux que nous voyons plusieurs fois dans l?année et refuser une belle carte de souhaits et son affranchissement (une cinquantaine de roupies) à des personnes exilées, mais qui nous sont chères et que nous ne reverrons peut-être jamais ?
Les choses prennent une autre dimension quand nous replaçons la carte de souhaits dans la perspective d?une délicate attention aux êtres chéris. La corvée de certains devient pour d?autres un instant privilégié de communion. À nous de faire le choix entre la corvée et le geste amoureux.
M. Giandev Moteea, Chief Executive Officer de Mauritius Post, n?éprouve pas de craintes particulières pour l?avenir du courrier postal. Les statistiques démontrent que le volume de lettres et de colis postaux ne cesse de croître. La poste ne court donc pas derrière le courrier, ayant déjà fort à faire avec le volume du travail existant déjà.
La liste de ses rivaux s?allonge sans cesse. Et alors ! Ses rivaux s?entretuent davantage. Mais la poste demeure et resplendit de plus belle sous le soleil mauricien. Mieux encore, elle se privatise ou presque, se pare de nouvelles couleurs pour mieux faire oublier le rouge colonialiste. Les bureaux de poste se modernisent. Assez en tout cas pour prêter main forte à ses rivaux et prendre des allures de cybercafés. Les tarifs postaux augmentent certes. Ils sont pourtant parmi les plus bas au monde. Il suffit de vérifier ce qu?ont dû casquer ceux qui nous écrivent de l?étranger.
Le débat souligne plusieurs bons usages de la carte de souhaits. Certains, conseillent, par exemple, de collectionner les meilleurs calendriers et cartes de souhaits reçus dont les plus esthétiques et les plus instructifs. Ces illustrations, soigneusement conservées, forment bien vite une intéressante banque de données iconographiques, pouvant faire naître les plus belles vocations mauriciennes chez un enfant car ils lui diront mieux que quiconque la chance inestimable qu?il a de vivre dans un pays aussi beau que le nôtre.
Émotions esthétiques suscitées
L?on arrive ainsi aux cartes de souhaits pour toutes occasions du début du xxe siècle. Exploitation commerciale ou services améliorés ? La question demeure posée. La carte postale enjolivée d?une belle illustration, la carte de souhaits qu?accompagne le dessin, le plus attendrissant qui soit, facilite la tâche de l?expéditeur et augmente la satisfaction du récipiendaire. Qui s?en plaindra ?
L?on arrive enfin aux émotions esthétiques suscitées par les cartes de souhaits à caractère mauriciens qui sont les nôtres. Que dire alors quand elles se doublent d?un intérêt philanthropique incontestable. Bravo donc à Terre de Paix, qui met à la disposition des amoureux des cartes de souhaits une cuvée aussi belle que la présente, leur offrant pas moins de vingt peintures et photographies de Bernard Charoux, de Karo, d?Anna Lan, de Gilberte Marimootoo-Natchoo, d?Yves David, de Jocelyn Thomasse, de David Constantin, de Danièle Hitié, de Rirette Faron, de Maryse Hardy, de Laval Ng, de Nathalie Perrichon, de Giliane Soupe, de Jean Claude Baissac, de David Félicité, de Diane Henry, de Brigitte Langlois, de Gérald Rambert, d?Alix Le Juge et de Christian Bossu-Picat.
Avec de si belles illustrations, même plus la peine de se la souhaiter bonne et heureuse. Elle le sera de fait tant que nous aurons sous les yeux ces merveilles made in Mauritius par des Mauriciens et pour des Mauriciens. Merci à Terre de Paix, fondation aussi au secours des artistes abandonnés.
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