Publicité
?À l?OPR, il n?y a pas d?autonomie?
Par
Partager cet article
?À l?OPR, il n?y a pas d?autonomie?
● Pourquoi avez-vous démissionné finalement comme commissaire et membre de l?Organisation du Peuple Rodriguais ?
Les raisons sont simples. A un certain moment, j?étais devenu un ?point? sur l?agenda de mon ex-parti.
● Que voulez-dire par un point ?
Les membres organisaient des réunions dans ma circonscription sans ma présence. Ils parlaient de moi et de ma vie privée, faisant croire à mes mandants que je ne suis pas à la hauteur. J?ai compris qu?il y avait eu un genre de complot. C?est la raison pour laquelle j?ai pris la décision de quitter le parti. Mon adversaire d?alors, qui était le Mouvement Rodriguais, pouvait me critiquer si je ne faisais pas mon travail, mais le leader de l?OPR a manqué à ses responsabilités. S?il avait vu que je n?étais pas à la hauteur, il aurait dû me révoquer. Pourquoi ne l?a t-il pas fait au lieu de faire des réunions. Je pense qu?il voulait me remplacer pour les prochaines élections et je pense même qu?il avait déjà trouvé quelqu?un.
● Quelles sont les offres que le MR vous a faites ?
Personne ne m?a fait des offres. J?ai démissionné pour siéger comme simple membre à l?Assemblée régionale. Il y a eu aussi Lindsay Castel qui était dans la même situation que moi. Elle est venue me voir. Comme nous étions des indépendants, le MR en a profité pour mettre une motion de blâme contre le Chef commissaire d?alors?
● Vos adversaires parlent d?une grosse récompense.
(Rires) Comment ça ? Si c?est vrai qu?ils aillent me dénoncer à l?ICAC. C?est contraire à la loi.
● Y avait-t-il d?autres commissaires qui étaient sur le point de partir ?
Quand j?ai décidé de démissionner, personne ne le savait. Même pas mes parents. Je n?ai même pas parlé à mes collègues d?alors. Lindsay Castel est venue avec moi. Et on connaît la suite. Je n?ai pas pris contact avec qui que ce soit. Je ne comprends pas pourquoi on parle de coup d?Etat.
● Donc, vous ignoriez si d?autres commissaires allaient vous emboîter le pas ?
Il y avait un grand chamboulement dans le parti à la suite de l?interview de Serge Clair dans l?express Rodrigues en avril. Il y avait cinq commissaires qui avaient décidé de ne pas aller au Conseil exécutif. Il y en a qui ont peut-être eu peur.
● Serge Clair avait qualifié ces commissaires d??indisciplinés?. Vous vous êtes senti visé ?
Tout le monde s?était senti visé. Il y avait cinq commissaires qui ont boudé son conseil exécutif. Je n?étais pas le seul. La goutte d?eau qui a fait déborder le vase, c?est quand il a fait des réunions dans ma circonscription pour me critiquer. Et quand j?ai reçu des lettres anonymes qui parlaient de ma famille et de ma vie privée. Je ne mélange pas ma vie privée et la politique.
● Dans les réunions donc et dans les meetings, vos adversaires disent que vous ne devriez pas être commissaire de la Jeunesse. Vos commentaires ?
C?est carrément de la politique. Quand il y a des élections, on jugera. Personne n?a le droit d?aller dire par exemple au Premier ministre qui il veut comme ministre. Je n?ai pas choisi d?être le commissaire de le Jeunesse. C?est la prérogative du Chef commissaire de la nommer. J?accepte le portefeuille qu?il m?a confié. Il n?y a qu?un petit groupe pour faire campagne contre moi. Ils ne représentent pas tous les jeunes de Rodrigues. Je vois cela très mal. Je vais dans beaucoup de fonctions avec les jeunes et je n?ai jamais été hué. Je suis proche d?eux. En tout cas il y a la politicaille dans tout cela.
● Vos adversaires parlent de votre mode de vie...
Ce sont des attaques personnelles. Si je dois faire des attaques de ce genre contre eux. il y aurait beaucoup à dire. Je ne vais pas perdre mon temps avec la vie privée des autres. Si j?ai un problème avec mes adversaires, cela concerne les idées. Je ne discute que sur les idées, mais pas sur la vie privée des gens. Ce n?est pas faire de la politique ça?
● Allez-vous officiellement adhérer au MR ou créer votre propre parti ?
S?ils m?ont donné un poste de commissaire, cela veut dire que je suis dans cette équipe. Je vais travailler et l?avenir dira si je fais bien. Je suis là et j?épouse la philosophie du MR.
● Même si il y a quelques mois vous étiez un membre de l?OPR ?
Oui, parce que l?OPR n?a pas vu en moi quelqu?un ayant la capacité de faire du bon travail pour le pays. Le MR a dit? (hésitation) enfin je n?ai pas de problème avec le MR. Je suis un commissaire dans ce gouvernement et je travaille pour le parti.
● Vous êtes à l?Assemblée régionale grâce aux votes de l?OPR. Pourquoi n?avoir pas démissionné de l?Assemblée régionale ?
Parce que j?étais convaincu que je pouvais quand même apporter quelque chose pour le pays. Personne ne peut me reprocher d?avoir été un mauvais commissaire sous l?ancien gouvernement. Je savais que je pouvais apporter quelque chose pour Rodrigues, je suis resté comme député. Il y a eu ensuite la démission de Lindsay Castel qui a mis l?OPR en minorité. C?est à ce moment là que nous avons formé un gouvernement voyant que l?île pouvait fonctionner sans l?OPR. Ils ont été là pendant 24 ans, il n?y a pas que ce parti. Le MR est aussi un parti rodriguais. Je continue de travailler pour ma circonscription. Je travaille pour tout le monde et ma porte est ouverte. Je ne travaille pas que pour les gens du MR, mais pour le pays.
● Vous regrettez d?avoir été un proche de l?OPR ?
Quand je suis entré dans ce parti, il y avait une idéologie. J?ai épousé ce programme. A un certain moment, on a quitté ce programme pour faire de la politicaille. Cela ne m?a pas plu. Je ne regrette pas maintenant d?avoir quitté l?OPR.
● Johnson Roussety a dit que si besoin est, il demandera un audit sur toutes les anciennes commissions. Est-ce une bonne idée?
C?est tout à fait naturel. Je n?ai rien à me reprocher.
● Y a-t-il une raison de le faire ?
Je ne sais pas. En tout cas dans la commission que j?occupe actuellement, il y a des terrains de jeux qui ont été construits, mais je ne vois pas les dossiers. Il y a eu pourtant pas mal d?argent dépensé.
● Pourquoi ne ps référer ces cas aux instances appropriées ?
C?est ce que nous allons faire. Je fais actuellement un tri. Je fais référence à un terrain construit à Rivière-Banane. Ce projet n?a jamais été discuté selon moi au sein de l?ancien conseil exécutif puisque j?y étais. Je ne vois plus le dossier pour les appels d?offres.
● Vous voulez dire qu?il y a des anomalies? ?
Je ne peux pas dire s?il y a eu des anomalies. Je ne m?occupais que de ma commission. S?il y a eu des anomalies, les autorités concernées devront prendre des sanctions. J?ai toujours été autonome au sein de l?ancien gouvernement malgré qu?il n?y ait pas d?autonomie dans les autres commissions. J?avais un problème relationnel avec Serge Clair. Je faisais mon travail. Je ne savais pas ce qui ce passait dans les autres commissions, mais quand je me suis retrouvé au sein de la commission des Sports, j?ai vu des trucs.
● Vous parler d?un problème relationnel. Quel regard jetez-vous sur Serge Clair ?
Quand j?ai été candidat pour l?OPR, je croyais que, en tant que commissaires, nous allions être libres dans notre commission. Quand je prenais une décision, j?allais au conseil exécutif. Quand j?apportais une idée nouvelle, l?idée était rejetée. Mais quelques semaines après, on proposait la même idée. Je pense qu?il n?y avait pas d?autonomie. Tout ce que je voulais faire dans ma commission malgré les choses administratives, je devais mettre le Chef commissaire au courant. Les ministres ne fonctionnent pas ainsi à Maurice. Si je devais prendre une policy decision , c?était normal que je le mette au courant, mais pas pour des petites choses, comme donner une pension. Au MR, nous avons la liberté. Si quelqu?un fait une erreur, il doit l?assumer sans jeter le blâme sur le Chef commissaire.
● Vous serez candidat aux prochaines élections?
Probablement. Si j?ai la bénédiction de mon parti actuel. Tout dépendra de mon leader et de l?assemblée des délégués. Cela se passera d?une façon démocratique.
● Vous parliez de lettres anonymes ?
Oui, elles étaient des attaques personnelles sur moi et ma famille. Il y avait même des menaces de mort. Non, je n?ai pas peur. Il n?y a aucun policier devant ma porte. Quand je venais de démissionner, il y avait beaucoup de menaces pour que je retourne au parti. Au début, les lettres disaient que je devais partir après on me menaçait pour que je rentre au bercail. Il y avait des gens voulaient que je revienne sur ma décision.
● Qui sont-ils ?
Je ne peux pas le dire. Ils sont très proches de l?OPR.
● Des sympathisants ou des proches du parti ?
D?anciens collègues, des députés de l?Assemblée nationale et aussi le leader du parti. Il m?avait critiqué la veille à Maurice, mais le jour de la motion de blâme il m?avait téléphoné.
● Parlons art et culture. Le MR a toujours critiqué le Festival créole comme étant un gaspillage d?argent. Maintiendrez vous cette fête ?
Je vais bien sûr organiser le Festival créole. C?est un événement important pour l?île. La majorité de la population est créole. Il apporte aussi beaucoup pour le tourisme. Quand le MR disait que c?est un gaspillage d?argent, il faisait référence aux dépenses qui n?ont pas respecté le budget initial. Je ferai le Festival créole selon le budget que l?on me donnera. Pas plus.
Propos recueillis par Patrick ST PIERRE
Publicité
Publicité
Les plus récents