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«Vivez et laissez-nous vivre»
● <B>Le comportement de vos membres est en train de copromettre l?image de la destination. En êtes-vous conscient ? </B>
Nous en sommes conscients. Croyez -moi, nous n?agissons pas de gaieté de c?ur. Mais depuis le temps que nous essayons d?attirer l?attention des autorités sur notre situation. Les taxis opérant pour les hôtels évoluent en marge de l?industrie. On nous a donné le permis et puis on s?est empressé de nous oublier. Nous en avons assez de nous battre à armes inégales dans un secteur où chacun fait ce qu?il veut. Désormais, si nous touchons le fond, tout le monde sombrera avec nous !
● <B>C?est très drastique ce que vous dites- là. </B>
Peut-être. Mais nous ne voulons rien entendre. Car ventre vide n?a pas d?oreilles. Tout ce que nous demandons, c?est qu?on nous intègre dans le système en tant que partenaire égal.
● <B>En raidissant la ligne, vous vous mettez à dos les hôteliers aussi bien que les voyagistes. C?est ce que vous voulez ? </B>
Nous ne voulons fâcher personne. Cela ne sert pas notre intérêt car nous sommes condamnés à travailler ensemble. La direction des hôtels est généralement sensible à notre problème. C?est l?appareil exécutif, malheureusement, qui vient souvent tout gâcher. Le personnel travaillant aux échelons inférieurs est motivé par des gains personnels? D?ailleurs, quand nous en avons fait la démonstration auprès de la direction, des employés ont été rappelés à l?ordre.
● <B>Quelle forme cette intégration exigée prendrait-elle ? </B>
Nous avons demandé aux autorités d?organiser une table ronde pour en discuter. Mais le pouvoir semble nous ignorer. Nous souhaitons appartenir à l?industrie du tourisme. Nos membres sont prêts à suivre des cours de formation pour être du niveau requis. Nous voulons que les voyagistes traitent avec nous en priorité plutôt qu?avec des taxis réguliers, basés hors du périmètre des hôtels.
● <B>Appartenir à l?industrie du tourisme équivaut à se soumettre au diktat de la Tourism Authority. Le souhaitez-vous ? </B>
Nous opérons présentement entre deux systèmes régulateurs. Nous sommes régis par la National Transport Authority mais en même temps, nous devons nous plier aux exigences de l?industrie du tourisme. Nous ne sommes pas des taxis comme les autres. Les conditions qui s?appliquent à nous sont plus strictes. Nous sommes obligés, par exemple, de renouveler notre voiture tous les dix ans. Dans le présent conflit, nous ne savons plus à quel saint nous vouer. Le mieux pour nous serait de répondre à une unique autorité.
● <B>Pourquoi en voulez-vous aux voyagistes ? </B>
Nous n?avons rien contre les voyagistes. Nous leur demandons simplement de partager le business. De vivre et de nous laisser vivre aussi.
● <B>Vous voulez qu?ils vous fassent de la place selon vos propres conditions. Après tout, le voyagiste qui sous-traite est votre client et le client est roi, n?est-ce pas ? </B>
Le voyagiste n?est pas un client comme les autres. Naturellement, il doit faire des profits. C?est le but de toute entreprise.
Ils étranglent leurs partenaires pour optimiser leurs gains. Exemple : un autocar emmenant des touristes résidant sur la côte est en excursion dans le Sud réclame jusqu?à 60 euros par tête (Rs 2 700) mais il ne nous propose pas mieux que Rs 600 pour un trajet à l?aéroport. Sûrement il aurait pu faire mieux ?
● <B>Les taxis d?hôtels sont réputés chers. </B>
Une réputation surfaite, je vous assure. Nos tarifs sont affichés à la réception de l?hôtel ainsi qu?à notre base. Ils sont définis en consultation avec l?hôtel. Ils sont légèrement supérieurs à ceux des voyagistes. L?hôtel compte sur eux pour lui amener des clients. C?est normal qu?il les privilégie.
● <B>Le voyagiste investit dans la promotion de la destination et dans le marketing de ses services. N?est-il pas légitime pour lui de s?attendre à un plus grand retour ? </B>
Je n?en disconviens pas. Mais nos situations ne sont pas comparables. La responsabilité première du voyagiste est d?assurer le transfert du vacancier de l?aéroport à l?hôtel et vice-versa. Une fois que le client est à l?hôtel, on devrait le laisser libre de choisir son mode de transport. Or, les voyagistes sont représentés dans l?hôtel et ils peuvent démarcher auprès des clients. Nous n?avons pas cette opportunité. On lutte à armes inégales.
● <B>La représentation à l?hôtel n?est sûrement pas gratuite. Les taxis sont-ils disposés à payer pour un comptoir ? </B>
Pourquoi pas ? Quand on est dans les affaires, il faut être prêt à investir. Nous nous sommes déjà organisés pour être présents dans le hall d?arrivée à l?aéroport.
● <B>Êtes-vous obligés de contraindre le touriste à faire des escales shopping ? </B>
Le circuit shopping est un concept mis à point par les voyagistes qui ont inventé le système de commissions sur les achats du touriste. Nous ne faisons qu?évoluer selon le système. Il y a des chauffeurs qui sont plus agressifs et veulent à tout prix que le client consomme. Peut-on vraiment leur en vouloir quand le travail se fait rare pour les raisons qui motivent notre présente lutte.
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