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«Une maison pour la famille Takun»
L?affaire n?a rien à voir avec la vente à la barre. Mais Harish Boodhoo n?en est pas moins scandalisé : il estime que justice n?a pas été faite dans l?affaire Takun. Il exige réparation pour les victimes, Nundlall et Soolachnee Takun, âgés respectivement de 71 et 65 ans, qui se sont retrouvés à la rue parce que la cour avait préféré croire un imposteur qui prétendait, avant d?être démasqué par la police, que leur terrain était en fait le sien.
S?exprimant à ce sujet lors d?une conférence de presse hier, à son quartier général, rue Dr Cantin, à Port-Louis, Harish Boodhoo a demandé que le gouvernement prenne les choses en main, et dédommage les victimes. Cette modeste famille aurait dépensé, pour avoués et avocats, près de Rs 275 000. Tout ça pour démontrer que le terrain situé à l?avenue Sivananda, à Floréal, leur appartient bel et bien. «Pou bizin trouv enn lakaz pou zot. Gouvernman pou bizin pren lor li pou ranz enn lakaz», lance Harish Boodhoo. Il a toutefois tenu à féliciter la réaction, même tardive, de la police qui a pris des sanctions nécessaires.
Nundlall Takun a passé 25 ans de calvaire à cause de cette histoire de faux documents. Arrivant difficilement à retenir ses larmes, il s?exclame : «Ti dimoun pena valer, zis bann gran tou sel ki ena valer.»
Tout commence le 4 avril 1980, quand un certain Harry Mungur se déclare le propriétaire d?un terrain de 20 perches à Floréal. Un terrain sur lequel se trouve une maison habitée par les Takun depuis plusieurs générations. S?engagent alors des poursuites contre la famille, pour qu?elle évacue les lieux. Harry Mungur fait émettre un ordre d?injonction afin qu?elle ne puisse y construire une maison en dur à la place de la maison en tôle.
En juillet 2002, le couple apprend qu?il a jusqu?au 31 juillet pour évacuer les lieux. Cela, suite à un ordre émis par le juge Premila Balgobin. Il fait appel. L?appel est rejeté le 15 mars par les juges Pillay et Matadeen.
S?ensuit donc, le 1er décembre 2004, leur expulsion. Harry Mungur, accompagné de deux huissiers de la Cour suprême et d?une dizaine de policiers, jette tous leurs effets sur le trottoir. La maison est détruite. Mais dix jours après, la police arrête Harry Mungur et ses deux témoins pour avoir juré de faux affidavits afin de s?approprier le terrain des Takun.
Harish Boodhoo a, par ailleurs, annoncé qu?il y aurait une série de questions sur la «sale by levy» mardi prochain. Il demande au Premier ministre Paul Bérenger de ne pas induire le Parlement en erreur et souhaite que le leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, qui est resté trop longtemps silencieux, prenne enfin position.
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