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«Quand une femme défend ses idées on dit que c?est une bagarreuse»
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«Quand une femme défend ses idées on dit que c?est une bagarreuse»
Rigueur, méritocratie, conviction. Sharmila Seetulsingh-Goorah a en tête depuis toujours ces trois valeurs incontournables. À 38 ans, elle est Senior Lecturer et se trouve à la tête du département Health & Medical Science de l?université de Maurice.
Elle a ainsi sous sa responsabilité un budget d?un million de roupies, sept diplômes comme le BSc Hons. Medical Science et le BSC Hons. Nursing, 250 étudiants, sans parler de ses 336 heures de cours par année universitaire, ses 21 projets à superviser et enfin les résultats de ses recherches qu?elle présente dans des conférences. Bardée de diplômes, Sharmila avoue qu?elle a dû se battre pour prendre l?ascenseur dans la hiérarchie. « Quand on est une femme, il faut transpirer pour réussir parce que dans bien des cas, on doit faire face à cette sorte de fraternité qui existe entre les hom-mes. » Son cas avait fait l?objet d?articles dans les journaux. Sharmila s?est battue bec et ongles pour obtenir une promotion. Mais quand elle a accédé à de hautes fonctions, la tempête ne s?est pas pour autant calmée. « La lutte est perpétuelle, même si on est parfois soutenue. Quand vous êtes une femme, vous êtes sous surveillance. Vous devez sans cesse faire vos preuves, sinon on met vos compétences en doute? sous prétexte que vous êtes une femme. »
Les coups bas, elle en a reçu un certain nombre au cours de sa carrière. « Quand un homme discute dans une réunion de travail, he is giving his views as a professional. Quand une femme défend ses idées, on dit que c?est une bagarreuse. » Sharmila s?appuie néanmoins sur la conviction que si les femmes ont des difficultés à émerger, c?est aussi à cause de celles qui sont soumises et se laissent faire.
« Il y a des femmes, tout comme des hommes, qui arrivent grâce au copinage et sont incompétentes par la suite. Celles-là ternissent notre image. Il y en a d?autres qui, de peur de ne pas paraître féminines aux yeux des hommes, préfèrent garder un profil bas. » Sharmila conteste par ailleurs fermement la formule des quotas. « Le pouvoir doit se conquérir. On ne le reçoit pas.
Je n?ai de respect que pour ceux qui progressent par la méritocratie. À la fin, même si on ne vous aime pas, on respecte votre point de vue et à mon avis, c?est ce qui importe le plus. »
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