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«Les PME ont plus que jamais besoin d?assistance»
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«Les PME ont plus que jamais besoin d?assistance»
● <B> Vous avez récemment dit votre inquiétude pour les entreprises locales. Pourquoi ? </B>
Je me sens surtout concerné par les petites et moyennes entreprises (PME). Elles sont victimes de notre politique d?incitation à l?investissement. Je pense que nous devrions faire une distinction entre les entrepreneurs locaux et les investisseurs étrangers. Beaucoup d?investisseurs étrangers viennent profiter des facilités d?investissement, au détriment de nos entrepreneurs locaux. Nos entrepreneurs locaux n?ont aucune expérience de la mondialisation ; ils apprennent le métier des affaires sur le tard, contrairement aux investisseurs étrangers.
● <B> Qu?en est-il des problèmes d?accès aux finances ? </B>
Je ne crois pas que les PME ont encore des problèmes d?accès aux finances, après les multiples facilités offertes par le gouvernement. Il nous faut maintenant une approche intégrée de développement de nos entreprises locales. Ce sont des entreprises qui ont besoin de se réunir en réseaux, d?être informées et de se professionnaliser. Nos entreprises locales ont besoin de la bonne information, fournie au bon moment. C?est surtout le manque d?information qui fait que les petites entreprises sont bouleversées par la baisse des tarifs douaniers. Si nous prenons l?exemple des entreprises de fabrication de mobilier, bon nombre d?entre elles ont été surprises par la réduction des taxes douanières sur l?importation des produits dans leur secteur d?activité. Elles pouvaient le savoir deux années plus tôt et engager des actions pour affronter cette situation. On se rend compte malheureusement que tout changement de régime douanier donne naissance à de nombreux dépôts de bilan.
● <B> Qu?est-il possible de faire pour aider ces PME ? </B>
Ces PME ont plus que jamais besoin d?assistance. Il faudra trouver un fonds à l?instar du fonds que l?Union européenne a alloué à Maurice pour aider à la transition dans le secteur sucrier. Ce nouveau fonds devra aller directement au profit des entreprises manufacturières concernées par les changements de régime douanier. Il faudra que le gouvernement aille plus loin, en réservant l?accès de toutes les catégories d?entreprises aux appels d?offres du gouvernement. En spécifiant que certaines offres sont exclusivement destinées aux petits
opérateurs locaux, d?autres aux grandes entreprises locales, et d?autres aux entreprises étrangères. Ainsi, les meilleures entreprises pourront avoir accès à ces marchés après avoir été en compétition avec des entreprises de leur catégorie.
● <B> Vous pensez que les entreprises locales doivent avoir un traitement particulier, mais ne craignez-vous pas que cela frise un traitement de deux poids deux mesures ? </B>
Non ! ce n?est en rien un traitement de deux poids deux mesures. Nos entreprises, comme celles d?autres pays en voie de développement, ont besoin d?un accompagnement sur une période donnée, pour passer la transition vers l?ouverture complète des marchés. Et cette décision doit être prise en toute responsabilité. Toutefois, le gouvernement devra être objectif et sélectif dans sa démarche. Il ne suffit pas de soutenir un secteur d?activité juste parce qu?il est affecté par la libéralisation. Seuls les secteurs d?activité offrant des perspectives d?avenir et préalablement identifiés comme vulnérables devront être ciblés.
Propos recueillis par <B> Fidèle HONVOU</B>
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