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«Le voyage maritime vers l?Europe s?allonge considérablement»
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«Le voyage maritime vers l?Europe s?allonge considérablement»
● <B> Le fret maritime a augmenté mais certains opérateurs continuent d?embarquer des conteneurs remplis à moitié. Ne pensez-vous pas que les opérateurs devraient regrouper leurs marchandises pour remplir les conteneurs et réduire les coûts ?</B>
Tout à fait. Nous assistons à une hausse vertigineuse du fret due en partie à la crise énergétique internationale. Nous, les transitaires, avons observé que l?augmentation du fret se situe entre 28 % et 35 %. Maurice étant un pays qui importe la majeure partie des produits, cette hausse alimente de façon significative l?inflation. Nous aurions souhaité demander aux compagnies maritimes desservant Maurice de revoir un peu leurs tarifs à la baisse. Malheureusement, compte tenu de leur nombre très restreint (elles sont deux - Maersk Line et Mediterranean Shipping Company), elles se retrouvent en position de quasi-monopole. Alors la deuxième possibilité est d?encourager les opérateurs à s?entendre pour remplir les conteneurs plutôt que de les embarquer alors qu?ils ne sont remplis qu?à 75 % ou même à 50 %. Mais pour des raisons pratiques, c?est difficile à appliquer dans certains cas.
● <B>L?absence de lignes directes entre Port-Louis et l?Europe n?arrange pas les choses?</B>
C?est effectivement un gros problème. Le temps de transit entre Port-Louis et l?Europe est beaucoup plus long (huit à dix jours en plus). On ne peut se rendre en Europe sans passer par des ports de transbordement comme Singapour ou Salalah à Oman. Cela est dû au volume peu élevé du cargo en quittant Port-Louis pour l?Europe. Il pose aux compagnies maritimes un problème de rentabilité.
● <B>Estimez-vous que la région de l?océan Indien est assez desservie par les compagnies maritimes ?</B>
Beaucoup de navires desservent cette région de façon régulière. Trois lignes maritimes desservent Port-Louis et Tamatave. A Mayotte, le port de Longoni est assez bien desservi également. Il y a suffisamment de navires sur la route de Maurice et de la Réunion. Nous n?avons pas de problème particulier concernant la desserte de la région de l?océan Indien.
● <B>Quelles solutions préconisez-vous pour relever la productivité du système portuaire ?</B>
Pour relever la productivité, il faudra augmenter le nombre de portiques opérant au port vu l?ambition de Maurice de devenir le port le plus moderne de l?Afrique et un port d?«éclatement», - transbordement. D?ailleurs certaines compagnies ont déjà choisi Port-Louis comme port de transbordement. Au vu de cela, la capacité du port doit être améliorée. Nous sommes dans la bonne direction, avec deux, ensuite trois portiques et d?autres qui seront bientôt installés. Les autorités l?ont compris. L?achat de nouveaux portiques aiderait à atteindre cet ambitieux objectif. Mais cela dit, il faut ajouter qu?une meilleure productivité au port passe par la motivation des personnes qui y sont employées.
● <B>Cela signifie-t-il qu?un problème de motivation se pose au port ? </B>
Au niveau de la douane, des transitaires, des importateurs, des courtiers maritimes agréés en douane et des commis en douane travaillent pour nous. Ces derniers étaient appelés des customs clerks jusqu?à un moment. Récemment, la douane a décidé de ne plus les reconnaître en tant que customs clerks mais comme des trainees. Nous comprenons bien que la douane veuille professionnaliser, moderniser le système. Nous n?avons rien contre cela. Mais la douane ne peut pas, du jour au lendemain, demander à quelqu?un qui a travaillé pendant 15, 20 ou 25 ans ou 30 ans comme commis de douane, de se faire appeler trainee. Elle peut faire suivre une formation à ces gens-là. Mais qu?elle ne leur demande pas de passer des examens auxquels ceux qui n?ont pas un bagage intellectuel assez élevé échoueraient. La douane peut aussi exiger que ceux qui veulent désormais exercer ce métier aient un certain niveau académique. Nous profitons de l?occasion pour demander au Contrôleur des douanes, au ministre des Finances, pour qu?ils prennent une décision qui ne pénalise pas ces gens-là.
Nous voudrions aussi demander à l?association des armateurs regroupés au sein de l?APAMM de bien vouloir organiser des rencontres régulières au cours desquelles nous pourrions discuter des questions d?augmentation du fret, avant toute décision.
● <B>Vous êtes à la tête de l?APT pour une année. Que ferez-vous durant votre mandat pour l?association ?</B>
J?ai l?intention de faire de l?APT une association de proximité avec l?aide des transitaires et de tous nos membres. Nous allons systématiquement rendre public, grâce à notre site Web, toutes nos démarches, toutes nos actions. Nous voulons dialoguer avec toutes les parties prenantes à savoir la douane, les compagnies maritimes, les compagnies de navigation aérienne, la Mauritius Ports Authority, afin de rendre l?association plus dynamique, à l?écoute des propositions, des suggestions afin d?aller de l?avant.
<I>Propos recueillis par</I> <B>Nico PANOU</B>
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