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«Le pire est derrière nous», dit Rama Sithanen

2 juin 2008, 00:00

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L?attente augmente à l?approche du discours du budget 2008-2009. Tenu par le secret éthique, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, se cloisonne dans le mutisme. Mais, il a quand-même donné les grandes lignes lors d?une conférence de presse samedi dernier à la Government House.

Première indication, le grand argentier n?affiche pas la mine des jours sombres. « Le pire est derrière nous », sourit-il. Cela lui permet d?aborder l?exercice avec une plus grande sérénité. Son budget, dont il n?a pas encore débuté l?écriture selon ses propres aveux, sera «équilibré, responsable et tourné vers l?avenir». Une large part sera accordée aux investissements dans les infrastructures publiques.

Rama Sithanen précise que «les acquis, c?est grâce à la réforme qui nous permet d?être plus généreux et plus solidaires». Et de souligner que «le plus grand acquis, c?est la croissance qui est back». De plus, «sans lareform ekonomik, nou ti pou mari dan difé. Situation ti pou pli komplike».

«Différentes options»</B>

Avec les indicateurs économiques au beau fixe (dette publique en baisse, réserves, investissement, l?épargne publique en hausse, etc), dit Rama Sithanen, «il y a des perspectives correctes grâce o travay ki nou inn fer».

Mais, il n?y a pas lieu de jubiler et de se laisser aller à des largesses. La prudence est de mise. Devant un contexte international de plus en plus complexe et rude, la petite île Maurice devra mieux s?armer contre les jours difficiles. Le spectre de la crise alimentaire, financière et énergétique ainsi que la hausse des denrées alimentaires plane sur le pays. «Nou inn fer progre, nou bizin konsolid sa. Ena bann nuaz nwar ki enn tigit endehor nou kontrol.»

De plus, le ministre des Finances affirme qu?il est encore en train d?examiner les différentes options pour financer la mise en pratique du rapport du Pay Research Bureau (PRB) qui coûtera Rs 5,2 milliards au pays.

«Nou pe guetté si nou pou kapav diminié so lefe ek la croissance. Mo bann opsyons ress ouver.» La croissance reste le maître-mot pour soigner les maux dont peut souffrir un pays, estime-t-il.

«Assurer la croissance forte»</B>

«Nou bizin kontinye laguerre pou ki croissance pou fer la machine kontinye tourne pou evite les pièges.» Et comme la croissance «ne dépend pas uniquement de nous, tout le monde doit mettre la main à la pâte» Une des priorités est d?assurer une croissance forte de plus de 5,5 % voir 6% d?ici la fin de l?année.

Présentera-t-il un no tax budget ? « Contrairement aux deux derniers cycles de cinq ans, le présent n?a pas connu de hausse de la TVA.» A plusieurs reprises, il reprendra cette observation et ne se gênera pas pour critiquer l?opposition dont « mo komarad Paul Bérenger» qu?il accuse de pratiquer «un double langage».

«Dans l?opposition, ils disent être prêts à descendre dans la rue avec les syndicalistes et parlent de 0 % d?income tax et une fois au gouvernement, le taux d?imposition passe à 30 %. Après le précédent rapport du PRB en 2003, l?ancien gouvernement n?avait pas augmenté le seuil d?imposition des personal allowances pour l?income tax. Nous avons baissé la pression fiscale en portant le plafond de Rs 8 000 à Rs 16 000 en exemptant 36 000 contribuables et 20 000 autres ont payé moins.»

Dans la forme, le budget entame une mutation. Contrairement à la pratique, Sithanen introduira vendredi le « performance-based budget » où chaque ministère aura des critères de performance. «Dans certains cas ce sera qualitatif, dans d?autres quantitatif.» Les fonds seront déboursés en fonction.

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