Publicité
«Le boom dans la construction va durer pendant les prochains cinq ans»
Par
Partager cet article
«Le boom dans la construction va durer pendant les prochains cinq ans»
● <B> Le secteur du bâtiment vit un ?boom? cette année-ci. Quels sont les principaux facteurs derrière cette forte activité ?</B>
Les mesures de réforme économique ces deux dernières années ont eu des répercussions bénéfiques sur les activités de la construction. Les investisseurs étrangers ont maintenant plus confiance dans l?économie mauricienne et sont en train de faire du business dans le pays. Le secteur public se met, lui aussi, de la partie en investissant dans l?infrastructure. Cela dans l?optique de créer un environnement favorable aux affaires.
Il y a de nouvelles opportunités dans les nouveaux secteurs tel le business process outsourcing (BPO). Les integrated resorts schemes (IRS) et les hôtels tirent une grosse partie de l?activité. Maurice accueille également de plus en plus d?expatriés. Il y a donc de nouvelles demandes pour le bâtiment. La qualité de vie ainsi que la stabilité politique et sociale dont jouit le pays ont certainement un rapport avec cette forte croissance dans ce secteur.
● Pensez-vous que cette forte croissance va durer ?</B>
Le boom dans la construction va durer pendant les prochains cinq ans. Je n?ai aucun souci sur ce plan. Les projets hôteliers, les IRS et les complexes commerciaux et de bureaux vont continuer à générer un flot régulier de business. Les clients viennent nous voir pour plusieurs types de travaux. Je suis confiant qu?il y aura un rythme soutenu de l?activité dans les années à venir.
● <B>La construction pour les particuliers se heurte pourtant à la cherté des matériaux et de la main-d??uvre?</B>
En effet, les ménages souffrent des hausses des prix généralisées des matériaux de construction. Les causes de cette inflation sont externes, dans la plupart des cas.
Il y a un boom dans la construction dans plusieurs grandes économies mondiales. La demande pour les matériaux a beaucoup augmenté, mettant ainsi des pressions considérables sur les prix. Les pays comme la Chine, l?Inde, la Russie et l?Afrique du Sud accaparent le gros des matières. Maurice, n?étant qu?un petit marché, fait les frais de ces mutations.
Nous sommes, d?autre part, éloignés de nos principales sources d?approvisionnement. Cela nous expose davantage aux hausses du coût du fret maritime. Les particuliers n?ont d?autres choix que d?absorber tous ces coûts supplémentaires.
● <B>Le boom dans la construction individuelle à Maurice a aussi provoqué certains bouleversements peu positifs tels le coût et la disponibilité de la main-d??uvre?</B>
Le secteur de la construction est un secteur difficile. Les Mauriciens délaissent de plus en plus cette activité. Le renouvellement du personnel se fait laborieusement. J?en fais moi-même l?expérience. Les Mauriciens ne souhaitent pas travailler ou même avoir une formation dans ce secteur. De ce fait, les entreprises de construction font face non seulement à des pénuries de bras, mais elles ont aussi un problème de qualité de la main-d??uvre. Le travail manuel dur n?intéresse pas les jeunes. Ils sont plutôt attirés par les emplois dans le BPO ou dans le secteur commercial. Nous allons nous retrouver avec un manque de personnel aigu dans le secteur du bâtiment.
● <B>N?est-ce pas là, les conséquences des mauvaises conditions de travail et de salaires dans ce secteur ?</B>
Tel n?est pas le cas. Un maçon touche au moins Rs 600 par jour, un assistant maçon s?en sort avec Rs 350 à Rs 400 pour une journée de travail. Au fait, ils touchent des salaires supérieurs à plusieurs catégories de fonctionnaires, voire des gens qui ont fait des études universitaires. Les maçons sont bien rémunérés. Mais c?est un secteur difficile. Les constructeurs ont des critères à respecter en termes d?échéance et de la qualité du travail.
Nous comptons beaucoup sur les heures supplémentaires pour compléter les chantiers à temps. Le travailleur mauricien n?aime pas trop qu?on touche à ses dimanches et à ses congés publics. Cela ne correspond plus aux exigences des entreprises de construction. L?ouvrier mauricien n?est, malheureusement, plus disposé à faire l?effort supplémentaire.
La main-d??uvre étrangère est donc une option naturelle. Elle n?a pas les mêmes contraintes familiales ou autres que ses confrères mauriciens, et est beaucoup plus disponible pour le travail. Ils bossent les dimanches et les jours fériés. Leur souci est d?optimiser leur temps et de se faire le maximum d?argent durant leur séjour à Maurice.
Propos recueillis par Akilesh ROOPUN</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents