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«La radio, c?est la solidarité»

16 juillet 2006, 00:00

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● <B>Le succès de votre programme est grandissant. Comment l?expliquez-vous? </B>

La base d?audience s?est élargie. Il y a autant d?appels en région rurale qu?en région urbaine. Le phénomène de ville n?est plus d?actualité. L?émission a un rayonnement beaucoup plus nationale. Radio One peut susciter de la solidarité. On fait le lien entre ceux qui n?ont pas et qui demande et ceux qui ont et qui veulent bien donner. Radio One est un vacuum entre deux segments. La radio, c?est la solidarité.

● <B>Mais les demandes ne sont-elles pas un peu abusives parfois ? </B>

  • Oui, comme par exemple, un auditeur a demandé un fauteuil roulant électronique. ça coûte Rs 60 000 ! Je lui ai répondu de manière abrupte. Il y a une limite à ne pas franchir.

● <B>Justement, après quatre ans passés à Enquêtes en direct, n?est-ce pas difficile d?entendre ce genre de choses ? </B>

  • Il y a parfois trop de conneries. J?explose et ça me permet de me libérer. Au cas contraire, je vais développer un ulcère ! Mais c?est une émission qui me procure beaucoup de satisfaction. Je suis content de pouvoir faire sur Radio One, ce que je n?ai pu faire en politique pendant des années, et cela, sans avoir à faire de politique.

● <B>Votre émission est devenue une étape pour de nombreuses personnes en difficulté?</B>

  • On est aussi devenu une radio-renseignement. On passe de la Central Water Authority à la National Transport Authority. Par exemple, il y a le cas d?une dame, d?origine modeste, qui a construit sa maison à Bambous. Depuis elle n?a pas d?électricité. La Central Electricity Board lui a demandé une forte somme dont elle ne dispose pas pour faire installer une colonne.

Patrick Assirvaden, le président de la CEB, qui a entendu cela à la radio nous a appelé et nous a parlé d?un budget qui permettrait à cette dame d?obtenir enfin l?électricité. Radio One est une radio pour les plus démunis. Il y a ainsi plusieurs cas de ce genre (ndlr : voir hors-texte).

● <B>Les demandes sont ainsi entendues et favorablement traitées par les auditeurs?</B>

  • C?est très souvent le cas. Le hall de Radio One se transforme parfois en godown. J?ai parfois peur de demander tellement c?est compliqué après. J?ai parfois l?impression de pouvoir tout demander et de tout obtenir. Ca me fait penser à une auditrice qui avait besoin de feuilles de tôle et de bois pour se faire une petite maison. Je me suis un peu emporté en lui demandant où j?allais trouver ça et que l?on prend parfois Radio One pour une quincaillerie ! J?avais à peine fini qu?une dame a appelé pour dire qu?elle pouvait donner quinze feuilles de tôle.

● <B> On constate aussi que les politiciens se font de plus en plus entendre dans cette émission. </B>

  • Dans un cas pour un fauteuil roulant, Sheila Bappoo a appelé après pour dire qu?elle allait débloquer un fauteuil. Pour une histoire de terrain vague à Barkley, Maurice Allet a appelé pour dire qu?il allait faire le nécessaire. Les politiciens se rendent compte «ki pé fini zot lor l?antenne». Reza Isaack ou encore le maire de Quatre-Bornes interviennent aussi quand il y a un problème. Il y a aussi eu Sunil Dwarkassing et Françoise Labelle qui sont intervenus. L?opposition et le gouvernement sont obligés d?unir leurs efforts.

● <B> Mais pourquoi les politiciens interviennent-ils maintenant ? </B>

Le silence assourdissant du précédent régime a payé. L?électeur peut se manifester en temps réel à la radio. ça pèse lourd et c?est mortel. Il y a six mois, c?est l?opposition qui intervenait. Maintenant, le gouvernement le fait aussi. La radio exprime la détresse et l?impuissance des gens. Ils ont besoin de communiquer. La radio, c?est un moyen direct de le faire.

<B>Propos recueillis par Audrey Kelly</B>

<B>TEMOIGNAGES</B>

<B> Subash de Quartier Militaire</B>

Une chute d?un arbre lui a coûté sa mobilité. Subash est depuis alité. Il passe son temps à écouter la radio et à regarder la télévision. Il décide un jour de tenter sa chance et d?appeler Radio One. Subash voudrait un lit d?hôpital qui lui permettrait de redresser le dossier pour qu?il ne reste plus qu?en position allongée. Miracle : une auditrice lui en offre un. « Mo fine essaye demandé ène coup. Non seulement mo fine gagne ène lilit mais aussi ène matelas ek ène transport pou amène sa mo la caze. Gouvernement pa fine prend compte couma Radio One apé faire pou dimoune. Mo tire chapo are zot pou séki zot pé faire pou ti dimoune », raconte Subash. Il lui reste un autre problème à résoudre. Celui de ses rendez-vous à l?hôpital. L?hôpital n?envoie qu?une personne et il en faut deux pour le mettre dans l?ambulance. Ses frères ne peuvent pas toujours s?absenter. Il se retrouve obligé de repousser ces rendez-vous.

<B>Muscular Dystrophy Association</B>

Le 17 mai dernier, une émission sur la maladie de dystrophie musculaire aura un résultat surprenant. Un auditeur a remis Rs 50 000 à la Muscular Dystrophy Association dans les locaux de Radio One. Plusieurs auditeurs ont aussi fait des dons de fauteuils roulants à l'association dont Prakash en Italie. « Je suis resté baba devant cette solidarité. On est parfois pris dans l?engrenage émotionnel car ces enfants ont une espérance de vie allant jusqu?à vingt ans. Un garçon qui vit dans le Sud, et qui a presque cet âge, a été invité à assister à la Coupe du Monde en Allemagne », raconte Finlay Salesse.

<B>Un travail d?équipe pour résoudre les problèmes</B>

Derrière l?émission Enquêtes en direct, deux personnes, Finlay Salesse et Enrico Chadien, travaillent de concert pour trouver une solution aux problèmes des auditeurs.

Finlay Salesse trouve les thèmes des émissions. Il fait la liste des invités et Enrico Chadien, assistant de production, se charge de les contacter. Les reportages sont effectués par Finlay Salesse alors que les micro-trottoirs sont effectués par Enrico Chadien. « Je m?occupe du montage et de la préparation du lancement de ces reportages. Avec Finlay, on écoute ensemble le mixage et on voit le montage », explique Enrico Chadien.

Pour l?émission Doléances, des appels sont reçus avant et pendant sa durée. Selon la nature du problème, les appels sont effectués en vu de les résoudre. Les problèmes les plus compliqués, sont ceux concernant l?éducation.

Les problèmes de consommation sont souvent renvoyés directement aux associations. « Nous sommes une émission d?utilité publique. Il y a un cas où un enfant avait été renvoyé d?un collège pré-vocationnel. Fort heureusement, j?ai pu convaincre le responsable de parler à l?antenne. L?enfant a pu regagner son collège après avoir envoyé une lettre d?excuse », raconte Enrico Chadien. Ce dernier se charge également de récupérer les informations et de les communiquer à Finlay Salesse pendant l?émission. Un travail d?équipe ardu qui aura permis à de nombreux auditeurs de retrouver le sourire.

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