Publicité

«Kamarad» Zul

28 janvier 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Fay pat san kler. Il est parti. Comme il était venu. En laissant une impression de malaise.

Et maintenant ? Faudra attendre longtemps ? Cela semble inévitable vu le style de gouvernement exercé depuis 2005. Il est des schémas qui ne trompent pas. Les décideurs d?hier qui lev pake ale plus vite que leur ombre. On laisse rouler. Un peu pourrir sur les bords. Et quand on s?y attend le moins, paf, une nomination. Quand elle arrive. Et qui, certains cas, vous fait sursauter. Par son degré d?absurdité.

Des exemples ? Trop plein. «Aapravasi Ghat Trust Fund Board». Ne parlons même pas de la solution travailliste à la problématique des centres culturels. Dans le coma depuis 2005. L?Histoire est-elle condamnée à se répéter ?

Les artistes ne méritent pas cela. Eux, ces partenaires incontournables de toute alliance électorale. Pas après tant de bon et loyaux services sur les plate-formes politiques. Pas après tant d?efforts pour galvaniser les partisans, leur donner ce supplément d?âme «pou lev pavion».

Mais qui a dit que c?était une question de mérite ? Les auteurs ont-ils eu le président qu?ils méritent ? Nommé après le limogeage précipité de Marcel Poinen au fauteuil de président du conseil d?administration de la «Mauritius Society of Authors» (MASA), Zul Ramiah s?attirait, avant même la confirmation officielle du choix gouvernemental, l?antipathie des auteurs qui voyaient en lui l?usurpateur. Celui qui délogeait un président dont ils étaient tout compte fait satisfaits. Sachant que c?est rare que les artistes soient unanimes.

D?autant plus que l?étiquette de «transfuge», de «mercenaire», de celui qui «retourne sa veste toujours du bon côté», n?était pas pour faire accepter Zul Ramiah. Que n?aura?t-on pas dit en entendant ce militant viscéral, engagé depuis plus de trois décennies, scander «bizin sanzman» lors des rassemblements travaillistes, aux dernières élections ? Du jour au lendemain, c?est comme si on avait oublié que Zul Ramiah avait chanté avec brio l?amour, le patriotisme, l?anti-capitalisme. Ses talents artistiques, cette voix qui n?appartient qu?à lui ont été réduits à de l?opportunisme, au même titre que les kamarad de Lataniers, qui ont opéré le même sanzman, la même année.

Soit. Il assumera. Rappelant à chacune de ses interventions qu?il est un nominé politique. Et disant clairement qu'il comptait mettre à profit sa proximité avec le gouvernement pour tenter de faire entendre les revendications des artistes locaux. Et plaçant l?autonomie de la MASA au coeur de son mandat.

Moins de deux ans plus tard, quel est son bilan ? Que le PM se déplace pour inaugurer la MASA House. Qu?il y réitère sa promesse d?amendements au Copyright Act. Pour redire que l?autonomie des artistes est à venir.

Et comme nous sommes en début d?année, que c?est le temps des résolutions, Zul Ramiah est parti au moment même où une fronde artistique est lancée pour réclamer l?autonomie de la société des droits d?auteurs.

Durant son mandat, Zul Ramiah aura poursuivi le lobby entamé depuis 2003, fait le tour des ministères : Arts et Culture évidemment, mais aussi les Administrations régionales et les Finances. «À chaque fois que nous avons abordé le sujet de l?autonomie, ils ont posé la même question : que se passe-t-il en cas de litige, de deadlock ? Ils ont demandé dans quelle mesure le gouvernement peut intervenir si la MASA devient autonome», déclarait-il en février 2007. Pratiquement un an plus tard, son départ a le mérite de remettre ces questions au coeur des débats. De pousser «les artistes mauriciens» à tenir une conférence de presse demain.

Pour faire entendre leur voix. Pourvu que cela dure.

Publicité