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«Je suis retombé dans l?enfance»
Le jour de ses 18 ans, ? c?était en 1998 ? Rishi Chengayanee reçoit de son père ce qu?il considère comme le plus beau cadeau de sa vie : une moto. Sept ans plus tard, victime d?un accident dont les séquelles sont un raccourcissement de sa jambe droite par sept centimètres, il en est venu à affirmer que le deux-roues n?offre aucune garantie de sécurité.
«Moto li enn fasilite transpor oui me ou pena aukenn sekirite lor la, ki ou en tor ou en raison, ler ena aksidan. N?importe qui, à 25 ans, aurait dû avoir un emploi stable et être indépendant à tous points de vue. Dans mon cas, je suis retombé de force dans l?enfance car depuis quatre ans, mes parents doivent faire presque tout pour moi », déclare Rishi d?une voix blanche.
Avant son accident, Rishi est un actif. Il est serveur à l?hôtel Trou-aux-Biches, aime la mer, les balades à moto, s?intéresse aux filles. Le 8 septembre 2001, il quitte l?hôtel vers minuit pour regagner Roches-Noires. La route est libre mais il préfère rouler lentement. A Mapou, il voit «enn far paret divan moi an foul vitesse. Se enn 4x4 ki inn kit so kote larout e pe fons lor moi ». Le véhicule le heurte de plein fouet. Il reprend connaissance dans un champ de cannes.
Il présente une vilaine fracture au fémur, de même qu?au tibia de la jambe droite. L?os de son bras droit est brisé. Il a aussi des côtes fracturées. Après quatre jours aux soins intensifs de l?hôpital SSRN à Pamplemousses, il est opéré du bras et de la jambe. Des plaques sont posées. Il reste trois mois immobilisé. Il n?est pas au bout de ses peines. Sept mois plus tard, une infection est décelée dans sa jambe et une nouvelle opération est essentielle.
A partir de ce moment-là, Rishi sera opéré une quinzaine de fois. Il séjournera à l?hôpital trois à quatre mois par an, sans qu?aucun des traitements appliqués ? plaques internes, externes, fixateur externe, greffe d?os - ne fonctionne. Il se retrouve avec une jambe plus courte que l?autre, de sept centimètres.
Il a l?impression d?être un de ces robots du film «Intelligence Artificielle» de Spielberg qui est envoyé à la casse. «Je suis comme un robot avec des bouts de métal et des boulons à resserrer au quotidien. Quand le consultant m?a dit qu?il pensait opérer à nouveau, je lui ai dit de laisser tomber car je n?en peux plus. Je n?aurais pas cru que ce serait si long.»
Grâce à l?entrepreneur Michel Coquet, patron de son père, il a pu contacter un hôpital à Hyderabad en Inde, spécialisé dans l?orthopédie. L?établissement est disposé à effectuer une nouvelle greffe. Le ministère de la Santé lui a accordé l?aide médicale pour inopérables, soit Rs 200 000, mais Rishi doit compléter la somme par plus de Rs 100 000. Depuis un mois, il attend l?autorisation de la police pour commencer une quête publique.
Aujourd?hui, sa vie se résume à faire quelques pas sur ses béquilles jusqu?à la mer, écouter un peu de musique? «Mo nepli ena rol!»
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