Publicité
«Il faut introduire l?échange de seringues»
Par
Partager cet article
«Il faut introduire l?échange de seringues»
Même si le National Aids Committee (NAC) s?est réuni seulement deux fois depuis le changement de régime, cela n?a pas empêché le nouveau gouvernement d?agir face au VIH/Sida. Un secrétariat spécial sera aménagé au Prime Minister?s Office. C?est ce qu?a déclaré hier le Premier ministre, Navin Ramgoolam, au cours de l?ouverture officielle de l?exposition sur le VIH/Sida, organisée par le ministère de la Santé au stade St.-François Xavier à Port-Louis.
«Je ne crois pas dans les comités qui se réunissent du matin au soir. Moi, je crois dans l?action. Le secrétariat qui sera au PMO donnera une lueur d?espoir pour ceux vivant avec le VIH/Sida», a dit Navin Ramgoolam. Ce dernier a énuméré une série de mesures introduites par le gouvernement pour aider les victimes du sida. Il a ajouté qu?après le traitement de substitution avec la méthadone, ce sera au tour du programme d?échange de seringues d?être appliqué. «Il y a des personnes qui sont contre ces deux mesures et qui m?écrivent même des lettres de protestation. Je crois cependant qu?elles n?ont pas étudié le problème comme il le faut. Il faut introduire l?échange de seringues. Nous mettrons en pratique ce programme avec le HIV and Aid Preventive Measures Bill.» Navin Ramgoolam a précisé que le plan stratégique sur le VIH/Sida sera bientôt finalisé et a invité les ONG à y contribuer.
<B>Des stands attrayants</B>
«Quand je suis arrivé au ministère, aucune action n?avait été prise. Le NAC, présidé à l?époque par Bérenger, a multiplié les comités mais il n?y a pas eu d?actions prises», a fait ressortir le ministre de la Santé, Satish Faugoo. Selon ce dernier, le NAC n?a pas besoin de se réunir souvent. L?important, ce sont les réformes entreprises.
Les stands les plus fréquentés hier étaient ceux de l?AIDS Unit où Carmen Anazar, Aids Education Officer, expliquait, entre autres, l?utilisation du préservatif. Au stand de l?Action familiale, Dany Sauvage, la responsable, proposait un jeu éducatif avec des prix à gagner. Le stand le plus coloré est sans conteste celui du département Nutrition du ministère où Shashi Joganah, Principal Nutritionist, et son équipe ont préparé plusieurs menus, destinés à montrer aux visiteurs ce qu?est une alimentation saine et équilibrée.
Le stand le plus informatif est celui du laboratoire de virologie de l?hôpital Victoria, Candos, animé par le Dr Nand Pyndiah, virologue et consultant. Deux faits attirent l?attention. Le premier est qu?avec les antirétroviraux délivrés gratuitement, les séropositifs ne meurent plus du sida qui est la phase finale et fatale du virus. Ce qui fait le Dr Pyndiah dire «qu?avec les antirétroviraux, le sida va disparaître à Maurice. Il n?y aura plus que des séropositifs». Deuxième fait marquant est une légère augmentation du nombre de personnes infectées chez les donneurs de sang et les femmes enceintes. La vigilance doit être de mise?
<B>Pils : le boycotteur boycotté</B>
Prévention, Information et Lutte contre le sida (Pils) qui a boycotté symboliquement l?activité gouvernementale hier en ne se présentant pas au stand qui lui était dédié, a subi le boycott hier soir. Nicolas Ritter, fondateur et porte-parole de Pils, qui était invité à passer à la télévision nationale, hier soir, a reçu un appel d?un animateur de la télévision vers 17 h 45.
Ce dernier qui, selon Nicolas Ritter, «semblait mal à l?aise et m?a informé qu?on lui a dit que vu que Pils a boycotté l?activité gouvernementale, ce n?est plus possible que je passe à la télévision. Je ne suis pas surpris, mais je trouve cela regrettable. Ce boycott d?un jour, avait valeur de symbole pour dire au gouvernement que globalement, il y a des questions qui ne sont pas considérées malgré nos demandes répétées. Comme par exemple, les réunions du NAC. Celles-ci démontrent l?implication de tout gouvernement dans la lutte contre le sida et démontrent aux bailleurs de fonds qu?il y a une volonté nationale de faire reculer la pandémie». De plus, dit-il, à ce jour, Pils n?a pas été invité au séminaire résidentiel de la semaine prochaine qui vise à préparer le plan stratégique 2006-2010 sur le VIH/Sida. Autre grief : le «HIV and AIDS Preventive Measures Bill» a été présenté au Parlement sans que le ministère de la Santé ne soit revenu vers les ONG, chose qu?il avait promise en novembre. «Sommes-nous véritablement des partenaires aux yeux du gouvernement? Nous sommes pour la bonne gouvernance et le partenariat état-société civil mais il faut savoir prendre position de temps à autre. Pils entend poursuivre son travail avec le gouvernement. Sauf si ce dernier ne veut pas de nous? »
Publicité
Publicité
Les plus récents