Publicité
«Il faut adhérer à l?accord sur le droit de manifester»
Par
Partager cet article
«Il faut adhérer à l?accord sur le droit de manifester»
«Maurice est l?un des rares pays en Afrique où l?Etat de droit prévaut.» Constat de Jean-Claude Javillier, directeur de l?International Labour Standards du Bureau International du Travail (BIT). En présence d?étudiants, de syndicalistes et du public en général, il a donné une conférence à l?université de Maurice sur la loi comparative et les relations industrielles, hier. Son maître-mot : le tripartisme.
Mais Maurice n?a pas encore ratifié la convention 87 du BIT qui concerne la liberté d?expression et le droit de s?organiser. Jean Claude Javillier fait ressortir que les conventions du BIT découlent du tripartisme. L?accent est mis sur le respect de la dignité humaine, la santé, la sécurité et l?égalité des chances au travail.
« Je serais ravi si Maurice ratifiait la convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical», souligne le conférencier. Ce dernier insiste sur le fait de ne pas uniquement adhérer à cette convention mais de faire en sorte qu?il y ait un suivi. Et pour Maurice, cette ratification symbolisera l?appartenance à une communauté internationale. Entre-temps, Maurice est conforme aux règles du BIT, note Jean Claude Javillier. L?Etat de droit permet qu?il y ait tripartisme et l?harmonie sociale d?un pays en dépend. Car il est question de dialogue franc.
A la population de faire entendre sa voix et de décider du modèle de relations industrielles qu?elle préconise. Cela, en prenant en considération les spécificités d?un pays.
Selon Jean-Claude Javillier, il ne suffit pas d?interpréter les textes de loi. Il faut les appliquer dans le contexte de chaque pays. « On ne peut, par exemple, emprunter un modèle de médiation et de conciliation ou un mécanisme de fixation de salaire pour dire qu?on a trouvé la solution. Le BIT ne vient pas avec des solutions toutes faites. La meilleure institution, c?est celle qui correspond à vos racines .»
Petite intervention du public : Comment arriver à garder « l?espoir »? Jean Claude Javillier est d?avis qu?il faut sans cesse espérer et non désespérer lorsqu?un dialogue franc n?existe pas lors d?une réunion tripartite. La meilleure chose, selon le directeur, est de remettre en question la légitimité de ce comité car il s?agit avant tout de considérer l?intérêt mutuel. Ainsi, « le tripartisme doit être permanent pour arriver à un salaire décent qui corresponde à la dignité humaine ».
Il faut donc soigner les relations employeur-employé. « Le travail ne doit jamais être considéré comme une marchandise. Il faut que l?employé se sente bien sinon l?entreprise est malade. »
Il s?agit également d?oser réclamer un changement. « S?il y a des institutions qui ne marchent plus, de grâce, ne soyez pas des accompagnateurs de mourants. Car la résurrection est également possible.» A bon entendeur?
<B>Qui est Jean-Claude Javillier ?</B>
Directeur de département des normes internationales du travail au BIT depuis 2001, Jean-Claude Javillier enseigne le droit de travail et des relations industrielles comparées à l?Université de Bordeaux et à Paris II. Agé de 59 ans, il a été président de l?Association Française d?Etudes des Relations Professionnelles. En sa qualité d?expert du BIT, il a effectué des missions en Afrique, en Amérique Latine, en Asie et en Europe. Il est titulaire de la Chaire du prix Nobel de la Paix attribué au BIT. Il est aussi Chevalier de l?Ordre des Palmes Académiques de France.
Publicité
Publicité
Les plus récents