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« Une société ne peut être réduite qu?aux résultats scolaires »

21 janvier 2006, 20:00

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On n?arrête pas de parler d?élite et de collège d?élite depuis quelque temps. Quelle est la définition de l?élite ? Peut-on parler d?élite déjà en fin du cycle primaire ?

Selon Pareto, économiste et sociologue, l?élite se définit à deux niveaux : le premier est statistique, l?élite est définie comme une « catégorie sociale composée d?individus ayant la note la plus élevée dans leur branche d?activité ». Le deuxième est fondé sur l?exercice du pouvoir ; l?élite est constituée par les individus exerçant des fonctions dirigeantes. Selon le Larousse, l?élite est définie comme un « petit groupe considéré comme ce qu?il y a de meilleur, de plus distingué ». Si on se base sur le premier axe de la définition de Pareto et si l?élite se résume aux résultats scolaires, on pourrait parler d?élite en fin de primaire. Or, une société ne peut être réduite qu?aux résultats scolaires, notamment en fin du cycle primaire. Chaque individu doit être considéré comme un tout, avec des valeurs et des richesses intérieures complémentaires au potentiel scolaire.

À quoi sert une élite dans une société ? Quel est son rôle, quels sont ses atouts et ses dangers ?

L?élite existe dans toutes les sociétés. L?apport de chaque individu est nécessaire et complémentaire pour faire avancer un peuple. Une société trouve son équilibre et sa force dans l?hétérogénéité et dans la complémentarité. À Maurice reconnaît-on une élite dans des secteurs autres qu?académiques ou que ceux d?appartenance ethnique ?

Si être une élite consiste en une attitude de condescendance et de rabaissement envers d?autres qui sont considérés comme « inférieurs », si être une élite consiste en des actes d?incivilités, de dégradation tels que relatés dans la presse ces derniers temps, alors tout est à revoir. Que les plus talentueux dans leur domaine de compétences contribuent à faire grandir la société plutôt que d?agrandir les fossés qui existent !

Certains disent qu?avec la régionalisation, l?élite se perd, que cette dernière a besoin des « star schools » pour s?épanouir, que la compétition est nécessaire pour mettre en évidence les meilleurs. Qu?en pensez-vous ?

Une élite ne peut pas se perdre. Et ce ne sont pas seulement les compétences scolaires qui constituent une élite. La compétition va-t-elle amener l?enfant à donner le meilleur de lui ou va-t-il se centrer sur un A + ? Et que se passera-t-il sans cet A + ? Est-ce un épanouissement de ne pas atteindre le niveau requis malgré d?excellents résultats et se retrouver dans une école autre que « nationale », considérée et perçue comme moins bonne par la majorité de la population ? Et qu?en est-il de la pression subie par les enfants, les parents, les enseignants ? Se centre-t-on vraiment sur le bien-être de l?enfant mauricien ?

Vous faites partie d?une association qui regroupe les parents des surdoués. Surdoué et élitiste? quelle différence ? Ont-ils besoin de fonctionner dans un système spécial ?

Les enfants surdoués ont un très grand potentiel intellectuel et leur parcours à l?école primaire se fait avec beaucoup de facilité. Ils font peu d?efforts pour les apprentissages et 30 % d?entre eux sont en échec scolaire au secondaire car ils n?ont pas acquis de méthode. Ils ont besoin d?un encadrement particulier, adapté à leur fonctionnement. Dire que la réforme convient aux « gifted and talented children » est trop facile? Il faut connaître la problématique avant d?en parler ! Et puis, il y a des priorités à Maurice, il faut d?abord s?assurer que TOUS les enfants mauriciens ont accès à l?éducation, sachent lire, écrire et compter, avant de se concentrer sur une minorité.

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