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« Nous sommes préoccupés par l?indiscipline dans nos collèges »
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« Nous sommes préoccupés par l?indiscipline dans nos collèges »
<B>Quel bilan dressez-vous de vos six premiers mois à la tête de l?Éducation nationale ? </B>
Les six derniers mois ont été positifs et encourageants. D?abord, notre accent sur la qualité a été bien accueilli par la population. Ce que nous faisons à Maurice rejoint ce qui se fait à l?étranger. Puis, je note que mon prédécesseur et moi sommes sur la même longueur d?ondes quant à l?exigence d?une éducation de qualité. Ensuite, au niveau de mon ministère, j?ai créé une nouvelle culture du travail basée sur le travail d?équipe, la « pro-activité » et la prise d?initiatives grâce à un véritable empowerment des fonctionnaires. J?ai entière confiance en eux et j?ai choisi une dizaine de conseillers ayant un track record bien établi pour nous épauler dans des secteurs spécifiques où ils sont compétents.
Enfin, je souligne aussi la community involvement, car je crois que les entreprises, par exemple, ont un rôle important à jouer au niveau des écoles classées dans la zone d?éducation prioritaire (ZEP). Je salue l?initiative d?universitaires du Réduit qui ont choisi de ne pas demeurer dans une tour d?ivoire en « adoptant » une école ZEP.
J?ai aussi établi d?excellentes relations de travail avec les syndicats d?enseignants et de parents ainsi qu?avec la Fédération des managers des écoles privées. Je note que les parents sont conscients que l?avenir de leurs enfants passe par l?accès à une éducation de qualité.
<B>Et qu?est-ce qui aurait pu avoir été fait ou mieux mené durant ces six mois ? </B>
Dans la majorité des cas, l?on ne peut pas aller plus vite sans amender la loi. Ainsi, toute réforme importante du programme d?études ou de l?admission requiert un délai et une adoption parlementaire. Ce qui prend du temps. Et puis, la complexité du secteur éducatif fait que la concertation est toujours de mise ? ce qui prend aussi du temps ! D?où mon souci de rencontrer régulièrement tous les stakeholders du secteur éducatif.
<B>Quelles sont les réussites de Steve Obeegadoo, votre prédécesseur ? </B>
Il a fait de l?accès à tous à une éducation de qualité l?épine dorsale de son action.
Ce qui rejoint notre objectif. Rendre l?école obligatoire jusqu?à 16 ans est aussi une excellente initiative. J?estime que, cependant, la construction des collèges a bouffé trop de son temps et de son énergie.
Il aurait fallu une meilleure planification des infrastructures dans les nouveaux collèges. Par exemple, de nombreux établissements se retrouvent sans laboratoires de sciences en Form IV. M. Obeegadoo a aussi passé trop de temps à gérer des problèmes mineurs avec les syndicats. Le taux d?échec (35 %) alarmant au CPE est aussi à mettre au passif de M. Obeegadoo : il fallait attaquer le problème à plusieurs niveaux. Nous avons proposé l?évaluation et l?observation de ce qui se fait en classe de Std I à III et des mesures correctives immédiates en Std IV à VI. Steven Obeegadoo n?a pas su appréhender ce problème.
« Il nous faut rapidement dégager une stratégie de formation continue et de développement professionnel. »
<B>On vous accuse de ne bénéficier que du soutien de vos proches collaborateurs et non de la communauté éducative ? </B>
Je constate que je bénéficie du soutien non seulement de mes proches collaborateurs, mais aussi de tous les partenaires de l?éducation mauricienne. Prenons l?initiative de sept recteurs qui ont créé une Pro-active Team afin de réfléchir sur les enjeux de l?éducation à Maurice. J?ai programmé pour début 2006 des rencontres avec les maîtres d?école et les instituteurs de Std I.
<B>Les enseignants ne sont-ils pas les plus réfractaires à toute réforme ? </B>
On ne peut nullement blâmer les enseignants si l?on n?a pas mis en chantier des programmes de formation continue à leur intention. Quality education depends on quality teaching and quality teaching depends on quality training. Il nous faut dégager rapidement une stratégie de formation continue et de développement professionnel.
<B>Quel devrait alors être le rôle de l?Institut de pédagogie (MIE) ? </B>
Le MIE aura un rôle important à jouer dans le cadre de notre projet de world class education. J?ai dit au personnel du MIE, la semaine dernière, que le rôle de formateur de leur institution est plus que jamais d?actualité. Je veux faire du MIE,
« LE » centre de formation des enseignants par excellence de l?océan Indien. Le potentiel est là : il ne manque qu?une vision globale au MIE.
<B>Vous parlez souvent d?éducation de qualité. Qu?entendez-vous au juste par cela ? </B>
La Quality Education est un concept dynamique et un aspect fondamental de notre action. D?abord, notre système éducatif doit répondre aux besoins du pays. Nous avons l?ambition de faire de notre pays une cyber island. Il nous faut veiller à ce que notre école le permette.
Il nous faut également axer notre action afin que tous soient « inclus » et non exclus de notre système éducatif. Ensuite, il faut que tous puissent avoir accès à cette éducation, d?où le transport gratuit.
<B>On parle beaucoup d?indiscipline au collège. Courons-nous le risque de nous retrouver, comme dans certains établissements français ou britanniques, face à une anarchie totale ? </B>
Nous sommes préoccupés par l?indiscipline dans nos collèges. Nous avons eu des sessions de travail avec des représentants des différents stakeholders et nous finalisons deux documents : un School Management Manual, à l?intention des recteurs et maîtres d?école ; et un Manual for School Discipline.
<B>Chaque rentrée voit les récriminations liées aux transferts. Janvier 2006 sera-t-il différent ? </B>
Des critères précis, élaborés en consultation avec les syndicats, existent pour le primaire. Vous avez droit à deux cycles de Std I à III dans une même école. Idem pour les Std IV à VI. Après six ans, vous êtes muté dans une autre école. Pour le secondaire, la situation est plus complexe et les Zone Directors doivent tenir compte de leurs besoins par matière.
<B>Et quid des critiques à l?effet que certains font toute leur carrière uniquement dans les Star Colleges ? </B>
J?ai entendu de telles critiques et j?ai déjà demandé que tous bénéficient d?un fair treatment. Notre objectif d?offrir la même qualité d?éducation dans tous les établissements de l?île implique nécessairement la mobilité totale de nos enseignants.
<B>Quelles sont, pour le secrétaire général du Parti travailliste, les trois réalisations clefs de l?Alliance sociale en six mois ? </B>
D?abord, le rétablissement de la pension universelle à tous nos aînés. Ensuite, le transport gratuit aux vieilles personnes et aux élèves et étudiants. Enfin, la décision d?épargner la vallée de Ferney pour préserver le peu de forêt indigène qu?il nous reste.
<B>Et les grands chantiers à venir ? </B>
Le chômage d?abord. Nous avons hérité d?une situation difficile et la conjoncture internationale ne nous facilite pas la tâche. La création d?emplois stables demeure notre priorité. Ensuite, au niveau social : il y a une attente grandissante et un peu d?impatience de la part des Mauriciens. Nous devons pouvoir gérer cette situation pour responsabiliser les Mauriciens, pour que tous ensemble, nous nous serrons les coudes. Nous sommes tous sur le même bateau et nous ne réussirons qu?au bout de sacrifices communs.
<B>Que pense le secrétaire général travailliste du conflit Yatin Varma-Vasant Bunwaree ? </B>
Il est triste que le jeune député Varma ait choisi de faire des déclarations publiques sur son différend avec son colistier Bunwaree. Au sein du Parti travailliste, nous avons des instances où Varma aurait pu faire état de ses doléances. Il aurait pu avoir approché le leader, son adjoint ou moi-même pour en parler. Mais il ne faut pas dramatiser et, comme dans tout parti politique, ce sont des choses qui arrivent. Varma a eu une longue conversation avec le Deputy Leader et il est conscient de ce qui s?est passé. Le PM fera le point sur la situation avec le jeune député à son retour.
<B>Dharam Gokhool est donc un homme heureux ? </B>
Je suis avant tout un homme heureux pour mon pays. J?ai la chance de participer de manière concrète à apporter le progrès et le bonheur aux Mauriciens. Je constate que l?opposition parlementaire, ces six derniers mois, n?a pas été très agressive.
C?est un signe de maturité de notre démocratie car, sur de nombreux enjeux, nous partageons la même analyse. Elle a été aux commandes ces cinq dernières années et elle est consciente que la situation est difficile pour le pays. D?où son attitude responsable de ne pas do opposition for the sake of opposition. L?important est de permettre la bonne gestion du pays.
<B>Doit-on parler de maladresse concernant votre violente sortie contre la presse ? </B>
J?estime avoir été victime de la maladresse de la presse et que j?ai reçu quelques flèches injustifiées. Mon devoir est de communiquer sur notre vision et nos réalisations. J?accepte la critique, mais il est parfois trop facile de publier des choses sans vérification. Les débats sur le Curriculum Development ont été intéressants et vont donner lieu à un suivi et à des décisions concrètes. On ne peut venir parler de non event. Il faut être juste et fair.
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