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« Maurice n?a plus d?amis »
<B>Vous vous faites plus entendre en ce moment. Est-ce une manière de marquer votre territoire face aux rumeurs de rapprochement entre le Ptr et le MMM ? </B>
J?ai été silencieux, parce que je n?étais pas à Maurice. Et à mon retour, c?est surtout par la vague de colère dans la population que j?ai été assailli? Mais ce dont vous parlez, ce ne sont que des rumeurs. Les options politiques possibles ont été discutées depuis très longtemps entre le PTr et le PMXD. La situation est qu?on préfère tous faire face à l?alliance MMM-MSM. L?alliance PTr-PMXD dure depuis très longtemps. Et est basée sur la confiance.
<B>Vous déplorez la cybercité vide, les call centres. Vous ne croyez pas dans les Tic ? </B>
Je crois dans les Tic, je crois que ça marchera. Je ne crois pas dans une cybercité, alors que le coût de la connexion est l?un des plus chers au monde. Je ne crois pas dans un bâtiment de 1,2 milliard. Seuls trois lots de la business zone ont été alloués. La cybertour n?est occupée qu?à 30 %. Le Conference Centre est inachevé un an après.
<B>Mais les jalons sont posés, le projet démarre. Le gouvernement travailliste, lui-même, n?a-t-il pas lancé des projets sans les achever?</B>
Je ne vais pas répondre pour le gouvernement travailliste. Je n?ai été là que pendant un an. Mais nous avons laissé une zone franche florissante qui embauchait 91 000 personnes, le tourisme affichait 14 % de taux de croissance, le sucre n?était pas menacé. Il faut faire de l?île Maurice une cyberîle, mais pas investir des sommes colossales dans des bâtiments qui ne servent pas à grand-chose. Les call centres n?ont pas besoin de cybertours. Le plus désolant, c?est que ce grand pourvoyeur d?emplois a déçu. Les Mauriciens n?ont pas besoin de l?opposition pour voir que les call centres ont à ce jour créé 400 emplois contre 20 000 perdus dans la zone franche.
<B>Les Mauriciens voient que les choses vont mal. Ce qu?ils veulent savoir, c?est s?ils ont des raisons de croire que sous un gouvernement travailliste, ce serait mieux. Comment comptez-vous convaincre ? </B>
C?est clair, il y a le bilan de notre gouvernement. Il est meilleur que celui du gouvernement actuel, mais entendons-nous, ce ne sont pas quatre bâtiments et trois routes qui font qu?il est bon. C?est la diplomatie économique que l?on a su entretenir. Nous avons eu d?excellents ambassadeurs, Navin Ramgoolam lui-même l?a été. Nous avons placé partout des gens connus et vraiment capables. Qui connaît aujourd?hui les ambassadeurs de ce gouvernement ?
En revanche, le bilan du gouvernement actuel, c?est plus d?amis du tout. La diplomatie économique a été inexistante, et nous en payons le prix. Le développement de Maurice s?est fait grâce aux amis qui nous ont accordé des préférences : l?Inde pour l?offshore, l?Europe pour le sucre, etc. Aujourd?hui, aucun de ces amis n?a levé le petit doigt pour dire « Ne touchez pas à Maurice ». Actuellement, nous ne bénéficions plus de ces préférences.
<B>Le gouvernement attribue, lui, les mauvais résultats économiques à « la conjoncture mondiale » et au bilan que vous lui avez laissé. </B>
C?est de l?hypocrisie que de se cacher derrière la situation internationale. Comment expliquer sinon que les Mal-dives aient établi un record dans leurs arrivées touristiques, que l?industrie textile soit florissante en Afrique du Sud. Ces pays ont pris d?autres voies, c?est tout. Il a manqué à ce gouvernement des options plus justes basées sur ce que d?autres pays font. Ce gouvernement se cache derrière la situation internationale pour masquer ses propres manquements. Je ne dis pas que la conjoncture internationale n?y est pour rien, mais le gouvernement a pris des actions qui ont aggravé la situation.
Quant à notre « responsabilité », nous n?avons pourtant pas cessé de décrier, au lendemain des élections, les mauvaises options économiques prises. Et tout ce que nous voyons aujourd?hui, c?est le résultat de ces choix : une mauvaise politique monétaire, une promotion économique ratée, un gaspillage des fonds, une dette publique en hausse. Il y a des choses qu?ils continuent à faire mal. Comment investir quand les taux d?intérêts sont si élevés ?
<B>Les problèmes qui intéressent l?électeur, c?est le chômage et les prix qui grimpent. Quelles solutions proposez-vous ? </B>
Pour le chômage, il faut revenir aux basics. Il faut relancer les secteurs qui ont toujours amené de l?emploi. La zone franche est incontournable. On lui a pourtant tourné le dos. Il faut redire aux entreprises de ce secteur qu?elles sont nécessaires, que nous avons besoin d?elles. Si on redonne confiance aux patrons, les employés viendront. Il y a des choses à réaliser dans la zone franche qui n?ont pas été faites jusqu?ici ? créer un redundancy fund par exemple.
Ce gouvernement s?est concentré sur les accords multilatéraux sans regarder la réalité, c?est-à-dire que Maurice, bon gré mal gré, doit pouvoir survivre grâce au textile parce que nous avons une grande connaissance dans ce domaine. On ne peut pas se dire que si on n?est pas protégé, si on n?a pas tel ou tel avantage en Europe, on ne peut pas survivre.
<B>Vous ne trouvez rien de bon aux mesures en faveur du textile ? </B>
Tout ce que ce gouvernement a suggéré n?a jamais décollé, que ce soit l?Equity Fund, la Test, ou la Bank of Mauritius special loan. Il ne fallait pas commencer par délaisser la zone franche, c?est tout. La grosse erreur du début de ce mandat a été de ne parler que de la cybercité. Les banques, les gens, les entreprises sont sensibles à ce que le gouvernement fait. Le signe qu?il envoyait, c?est que la zone franche, c?était du passé, la cybercité, c?était l?avenir. Quand les banques ont laissé tomber Bonair, je me suis dit : « Voilà un mauvais signe ».
L?une des choses que le gouvernement actuel n?a pas su réaliser, c?est la promotion. Les support institutions ne fonctionnent plus. Il n?y a plus personne. Avons-nous été stupides de mettre quelqu?un comme Kamal Tapoossea à la Media ? Pendant ces quatre dernières années, il n?y a pas eu une seule mission ministérielle sur la ZF. On a même démantelé l?EPZDA. Ce n?est pas normal. Nous ne manquerons pas de placer un ministre qui en vaut la peine pour s?occuper de la zone franche. Cuttaree aurait dû partir depuis longtemps.
<B>Promotion ratée également au niveau touristique. Le plan marketing urgent pour le tourisme vous donne raison, puisque vous réclamiez au début de l?année de revoir le budget de la MTPA et la politique. </B>
Après les élections, le gouvernement n?a pas pris une seule firme pour faire le marketing. Il n?a pas mis la moindre équipe sur la question. Il a coupé le budget de la MTPA alors que l?euro continuait à grimper. Et en plus, il n?a pas mis les bonnes personnes à la bonne place. Mais la folie économique est d?avoir permis la construction d?autant d?hôtels alors que les arrivées stagnaient. Le plus grave, c?est que cette offre peut amener une guerre des prix qui menacerait les hôtels en place.
<B>On peut mettre à leur crédit le fait d?avoir mis à la même table les hôteliers et Air Mauritius, ce qui aurait dû avoir été fait depuis longtemps. </B>
« Don?t tell me how hard you work, tell me what you get done », dit l?adage. Moi, j?attends de voir les résultats. Les comités à n?en plus finir, on connaît.
<B>Et les prix qui grimpent ? </B>
La politique monétaire a été mauvaise. À cela s?est ajoutée l?augmentation de la TVA. Sans parler des augmentations volontaires, comme le parking fee. Il y a des choses que je trouve inacceptables. Que les gens de la NHDC, par exemple, aient besoin de payer 20 % de surcharge pour chaque retard de loyer. Le Sewerage Fee est aussi inacceptable. C?est une insulte à la pauvreté que cela se passe alors même que le Premier ministre retape son bureau. La première action que nous prendrons, c?est de cut cost, et de donner l?exemple.
<B>Mais vous ne pourrez pas changer de telles mesures impopulaires, si vous prenez le pouvoir. La direction économique ne pourra pas être très différente. </B>
Vous avez tort. Entièrement tort.
<B>Vous célébrez la mémoire de sir Gaëtan. Qu?est-ce que Xavier conserve de Gaëtan ? </B>
Je crois que c?est une tendance mondiale. Il y a Bush, il y a eu Gandhi?
Les gens recherchent dans les enfants la même culture, la même approche politique. Une dynastie se crée. J?espère avoir pu garder la vision du monde de sir Gaëtan, son amour du pays, l?essentiel de l?approche philosophique. Nous essayons de continuer la tradition, de faire vivre l?idée de l?île Maurice que sir Gaëtan entretenait.
<B>Xavier Duval, allez-vous négocier un accord à l?israélienne avec Navin Ramgoolam ? </B>
(Rires). Pas pour l?instant.
« Le signe qu?il envoyait, c?est que la zone franche, c?était du passé, la cybercité, c?était l?avenir. »
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