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« On m?a accusé injustement »
<B>Quelle est la raison de votre mise à pied ? </B>
À ce jour, je ne sais toujours pas pourquoi on m?a mis à la porte. Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, m?a convoqué, mardi dernier à son bureau vers 11 heures.
Il m?a dit que je devais partir parce qu?apparemment, j?avais divulgué des documents confidentiels à la presse. Mais je maintiens que je n?ai jamais dévoilé d?informations confidentielles ou donné de documents secrets à la presse.
<B>De quels documents s?agissait-il ? </B>
Il y a un mois, un expert singapourien, Karl Baptiste, était à Maurice pour étudier le virus du chikungunya. Après son constat, le ministère de la Santé avait organisé un point de presse où tous les documents relatifs avaient été remis aux journalistes. On m?a accusé d?avoir donné des documents secrets alors qu?il n?y en avait aucun. Pour moi, le chef du gouvernement a été mal informé.
<B>Mais avez-vous essayé de vous expliquer ? </B>
On ne m?en a pas donné l?occasion. Le jour de ma mise à pied, j?ai tenté d?obtenir un rendez-vous avec le chef du service civil. Je l?ai appelé à son bureau à plusieurs reprises, mais il a refusé de me parler. Alors je suis parti?
<I>« On ne m?a pas donné l?occasion de m?expliquer. Le jour de ma mise à pied, j?ai tenté d?obtenir un rendez-vous avec le chef du service civil, mais il a refusé de me parler. »
<B>Qu?auriez-vous dit pour votre défense ? </B>
J?aurais dit que je ne suis pas né de la dernière pluie, que cela fait maintenant dix ans que je communique avec la presse. D?ailleurs, il fut un temps où j?ai exercé en tant qu?attaché de presse avant qu?on décide d?en recruter un. Tout cela pour vous dire que je sais distinguer des informations confidentielles des généralités.
Les journalistes me demandent chaque jour des précisions concernant mille et une choses. Et il est de mon devoir de communiquer avec la presse, surtout quand il est question de la santé publique. Cela fait partie de mon métier. Je n?ai jamais refusé de répondre à leurs appels téléphoniques. Récemment, on m?a demandé des informations sur une infection oculaire. En fait, on m?a accusé injustement.
<B>Si vous avez été mis à la porte à cause de fausses allégations, pourquoi ne pas vous battre pour réintégrer votre poste ? </B>
Je suis arrivé à la conclusion que cela n?en vaut pas la peine. Il me restait moins d?une année avant de prendre mes congés de préretraite. Comme je suis arrivé au bout de ma carrière, j?ai préféré plier bagage sans chercher noise à qui que ce soit. S?il me restait deux ou trois ans de service, j?aurais réagi différemment.
<B>Mais vous terminez vos 28 ans de carrière sur une note amère?</B>
Je pars l?esprit tranquille, avec le sentiment du travail bien fait. J?ai commencé à exercer comme gynécologue dans le service public, avant d?occuper le poste de directeur du Mauritius Institute of Health. Puis, j?ai été promu Principal Medical Officer au ministère de la Santé. Et quelque temps plus tard, j?ai été nommé Chief Medical Officer.
Je dois dire que pendant toutes ces années, je n?ai eu aucun reproche. Mais pour les membres de ma famille, cela a été un coup dur. Ils sont bouleversés et cela m?attriste. Pendant toute ma carrière, j?ai travaillé sans relâche, souvent sans prendre de congés, et voilà comment on me remercie.
<B>Si j?avais commis un délit, je devrais payer, or tel n?est pas le cas.</B>
<B>Comment décririez-vous vos relations avec le ministre de la Santé, Satish Faugoo ? </B>
Très cordiales. Je n?ai eu aucun problème à travailler avec lui. C?est un homme de loi que j?ai essayé d?aider au mieux de mes capacités.
<B>N?a-t-il pas essayé d?arranger les choses pour vous ? </B>
Connaissant le ministre Faugoo, je suis sûr qu?il a tenté d?intervenir en ma faveur.
<B>Vous avez maintenant beaucoup de temps libre. Qu?allez-vous faire ? </B>
Oui, cela ne m?était pas arrivé depuis longtemps? Je vais reprendre la pratique de la médecine, me consacrer à ma famille, lire et peut-être regarder quelques films.
<B>Propos recueillis par Bindu BOYJOO</B>
<B>Un riche parcours professionnel</B>
Originaire de Highlands, le Dr Shiam Sungkur est le quatrième d?une fratrie de cinq enfants. Son père, employé à la propriété sucrière de Highlands, et sa mère, femme au foyer, ont dû travailler dur pour que le jeune homme puisse poursuivre des études à l?étranger.
Né en 1947, le Dr Sungkur a effectué sa scolarité à Notre-Dame des Victoires. Il poursuit ses études secondaires au collège Royal de Curepipe. Son Higher School Certificate en poche, il s?envole pour l?Irlande où il étudiera la médecine à la Queens University, à Belfast.
Il effectuera son postgraduate au Royal College of Physicians et se spécialisera plus tard en gynécologie au Royal College of Gynecology dans la capitale irlandaise.
Médecin à 31 ans, il rentre à Maurice en 1978 et intègre l?hôpital Victoria où il exercera une dizaine d?années en tant que gynécologue. Il dirigera ensuite le Mauritius Institute of Health avant d?être nommé à la direction de l?hôpital du Nord. Puis, il sera promu Principal Medical Officer au ministère de la Santé. Avant sa retraite anticipée, il a occupé le poste de Chief Medical Officer pendant une dizaine d?années. Le fils du Dr Shiam Sungkur a suivi ses traces : après ses études au SSR Medical College, il est actuellement en stage professionnel à l'hôpital Victoria.
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