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« Les scandales ont commencé bien avant notre retour au pouvoir? »

27 juillet 2008, 00:00

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<B>Depuis quelques mois, des scandales secouent les municipalités et les conseils de districts. Quelles sont les mesures prises par votre administration pour renforcer les contrôles? </B>

Nous sommes vigilants en permanence pour éviter les scandales et agir promptement quand nous en sommes informés. Au conseil de districts du Nord, par exemple, des scandales allégués ont commencé bien avant notre retour au pouvoir en 2005. Quand les dossiers nous sont parvenus au ministère, nous n?avons pas hésité à les référer à la police, à l?ICAC et au Mauritius Audit Bureau. À la suite de cela, le Chief Executive a été suspendu de ses fonctions et des conseillers ont fait l?objet d?enquêtes.

De la même façon, quand des allégations concernant les étals au marché de Quatre-Bornes ont été formulées, nous n?avons pas hésité à demander au maire de se démettre de ses fonctions en attendant la fin de l?enquête. De plus, une conseillère a été sévèrement sanctionnée. Et l?enquête continue. Nous n?hésiterons à aucun moment à prendre les mesures qui s?imposent en cas d?irrégularités. Et tous les conseillers le savent. L?Audit Squad de mon ministère veille.

Mais il serait bon de parler des scandales sous l?ancienne administration : « manzé-boire » à grand frais avec l?argent des contribuables, scandales à la municipalité de Curepipe concernant les procédures de « tender » pour la place Ian Palach, les allégations concernant les étaux au marché de Port-Louis ? l?affaire est maintenant devant la justice ? le gaspillage éhonté des fonds publics? et j?en passe.

<B>Cette situation découle-t-elle d?un manque de formation et d?encadrement des gestionnaires des différents conseils ? </B>

La formation doit être continuelle. Nous apprenons à la fois sur le tas et de façon formelle. Il est essentiel que le cadre administratif des collectivités locales soit formé afin de mieux relever les défis du nouvel environnement social, culturel et économique. Au ministère, nous en avons discuté et de nombreuses séances de travail ont été organisées à l?intention des cadres dans le contexte du Business Facilitation Act, de l?on-line service, de l?Empowerment of women, de la lutte contre le sida? Nous comptons assurer une formation encore plus poussée.

Quant aux gestionnaires politiques, c?est-à-dire les conseillers, plusieurs ont l?expérience de l?administration locale. De plus, ils bénéficient de l?encadrement du personnel administratif.

<B>D?aucuns estiment que l?Etat paye aujourd?hui son manque d?égard vis-à-vis des conseils de villages. Qu?en pensez-vous ? </B>

J?ai été révolté par l?intervention du député Lesjongard mardi dernier à l?Assemblée. Voilà un ex-ministre des Administrations régionales qui a fait voter une loi en 2003 pour dissoudre les conseils de village et qui aujourd?hui ose se faire passer pour un grand défenseur de cette instance régionale. Après avoir signé le décret d?exécution des conseils de village, le voilà qui se met à pleurer à chaudes larmes devant l?échafaud. C?est absurde. C?est de la démagogie.

Les présentes allocations versées aux conseillers municipaux et de districts ont été recommandées par le Pay Research Bureau. J?ai dit à l?Assemblée nationale que les conseillers de village pourront se prévaloir du mécanisme d?Errors and Omissions. Ce n?est donc que partie remise. Notre manifeste électoral mentionne clairement que les élus locaux seront rémunérés. Nous tiendrons notre promesse.

<B>Pensez-vous vraiment que l?octroi d?une allocation aux conseillers de village diminuerait les risques de corruption ? </B>

Ne mélangeons pas ces deux aspects. L?un, c?est-à-dire la rémunération, relève d?une volonté politique. L?autre, les risques de corruption, relève de la moralité politique. Un employé, même s?il est très bien rémunéré, peut se livrer à des actes de corruption. Pour lutter contre la corruption, il faut bien plus qu?une rémunération. Il faut de la force morale. Mais nos lois et la vigilance que nous exerçons reflètent notre détermination à agir.

Propos recueillis par </I> <B>G. G</B>.

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