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« La femme est et restera omniprésente »

9 octobre 2004, 20:00

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<B>Femme et politique, femme et médias, femme et pauvreté? toutes ces réflexions et ces activités organisées autour de l?empowerment year servent à quoi concrètement ? </B>

Quand on parle d?empowerment, on parle de donner et se donner les possibilités et les moyens pour se mettre debout. Le rôle de mon ministère, c?est justement de donner aux femmes les moyens de se mettre debout. Si aujourd?hui la direction des différents partis politiques est d?accord sur la nécessité d?avoir plus de femmes dans les instances de prises de décision que ce soit au parlement ou ailleurs, c?est parce qu?il y a eu des activités et des réflexions organisées autour de ce thème que ce soit au niveau national, régional ou international. Si aujourd?hui les rédactions des journaux, ou même des agences publicitaires commencent à jeter un autre regard et une approche positive envers les femmes que ce soit dans les reportages, photos dans la presse, ou la publicité, c?est justement le résultat de ces activités et réflexions. Si dans chaque budget, vous voyez les efforts que fait ce gouvernement pour venir en aide aux pauvres y compris les femmes dans le domaine de l?éducation, du logement, de la pension, c?est encore une fois les résultats des réflexions et les activités. L?Empowerment Year a été décrété pour nous donner une occasion de nous renforcer, voir où sont nos faiblesses et préparer l?avenir.

<B>Quels sont les résultas qui permettent de mesurer le chemin parcouru depuis toute la conscientisation enclenchée sur la question d?égalité, homme-femme ? </B>

Cela ne fait que 4 ans que je suis à la tête de ce ministère, la conscientisation enclenchée sur la question d?égalité homme ? femme date du xixe siècle et s?est accentué durant le xxe siècle et va continuer encore longtemps. Par ailleurs, le ministère des Droits de la femme n?est pas comme le ministère des Utilités publiques, par exemple, où on peut mesurer en des termes concrets, le nombre d?infrastructures mises sur pied. C?est un ministère « of issues » et les issues sont perpétuelles. Les résultats ne sont pas toujours palpables. Mais ils sont là. Je peux quand même dire qu?à la fin des années 70, et au début des années 80, la liste des revendications était longue. Aujourd?hui, pratiquement toutes les lois discriminatoires à l?égard de la femme ont été revues, amendées pour plus de justice. Les femmes sont présentes dans des secteurs où on n?oserait même pas les imaginer, il y a quelques années. Nous voyons aujourd?hui des femmes maçons, receveurs d?autobus, agents de sécurité. Qui aurait pensé qu?en l?an 2004, plus de la moitié de nos ministères seraient dirigés par des chefs de cabinet femmes ? C?est un état d?esprit positif qui nous conforte dans notre combat.

<B>Le mois d?octobre est placé sous le signe femme et pauvreté. Quelle est la relation entre sexe et pauvreté ? </B>

C?est un fait. Toutes les études ont démontré que les femmes sont les plus pauvres d?entre les pauvres et c?est un phénomène mondial, que ce soit dans les pays développés, ou dans les pays en développement. De nombreuses femmes séparées de leur mari sont dans la misère parce qu?elles prennent à leur charge les enfants alors que le mari refuse de payer une pension alimentaire en cessant de travailler. Autre fait, les femmes sont plus touchées par le licenciement et la fermeture des usines. À Maurice, elles sont les plus touchées parce qu?elles constituent la majorité de travailleurs de ce secteur. Nous les avons toutefois aidées à travers des projets micro-crédits pour monter un petit commerce. À ce jour le ministère a déboursé Rs 17,5 millions pour financer 603 bénéficiaires. Nous avons également financé d?autres projets pour le développement communautaire tels que la formation en puériculture ou le don d?équipements?

<B>Comment vous situez-vous par rapport aux autres débats tels l?égalité des sexes dans le langage, la prostitution, l?avortement?</B>

Comme le dit si bien l?expression anglaise, Gender cuts across all issues. Nous avons nos responsabilités. Nous l?assumons. D?autres issues relèvent d?autres ministères et nous travaillons en collaboration avec nos partenaires que ce soit le ministère ou les ONGs. Par exemple, nous avons soumis des propositions au ministère de la Santé pour légaliser l?avortement dans certains cas et de leur côté, je sais qu?ils travaillent dessus.

<B>Parfois les femmes sont les pires ennemies des femmes. Elles sont victimes du mauvais regard qu?elles posent sur elles-mêmes ? </B>

Je n?aime pas du tout cette expression. Et comme je crois que je n?ai pas d?ennemies et que je ne me fais pas d?ennemies facilement, il est difficile pour moi de saisir la portée de cette question. J?ai toujours prôné la solidarité parmi les femmes et je crois que c?est cette solidarité qui va nous faire avancer.

<B>Comment percevez-vous la place de la femme dans la société mauricienne dans les années à venir ? </B>

Le système dans lequel nous exerçons ne peut fonctionner sans la contribution de la femme que ce soit au niveau du développement économique social, éducatif, culturel ou politique.

La femme est et restera omniprésente. Elle marquera par sa présence et sa contribution dans tous ces secteurs.

<B> Propos recueillis par Corina JULIE</B>

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